Déjà, mais pas encore! (Marc 13)


Depuis la naissance de notre deuxième enfant (Luke), j’ai éprouvé de la difficulté à trouver le temps et la motivation nécessaires pour remettre au propre mes notes d’enseignements. Maintenant que nous retrouvons une nouvelle routine à la maison, je planifie reprendre régulièrement en main ce blogue. Merci de votre compréhension. Voici donc les notes d’enseignements pour dimanche 16 octobre 2011 (série Marc).

Je suppose que le titre lui-même indique la perspective globale qui me sert de guide au niveau de l’interprétation du prochain passage. Et je réalise en partant que tous ne partageront pas mon élan au niveau de l’interprétation eschatologique des prophéties annoncées par Jésus-Christ de son vivant. Marc 13 a souvent été utilisé pour décrire des évènements futurs qui s’agencent bien avec la parousie* du Seigneur. Mais je crois qu’il est sage de faire une légère discrimination entre le langage eschatologique et le langage prophétique. Même si les deux ont bien des points en commun, ils gardent toutefois des motivations un peu différentes l’une de l’autre. Le langage eschatologique suit un thème centré sur le dénouement final dans un contexte cataclysmique. C’est la victoire finale du bien sur le mal. Dans l’autre perspective, celle de la prophétie, il s’agit plutôt de prévisions plus ou moins précises pour permettre à l’auditeur d’interpréter avec discernement un évènement futur qui doit arriver. Je propose que nous devons donc considérer Marc 13 dans une perspective prophétique plus qu’eschatologique, même si, une petite section de Marc 13 fait référence à la fin des temps.

* PAROUSIE : tiré du Grec voulant dire « arrivée ou présence ». Ce terme est utilisé pour indiquer le 2e retour du Seigneur Jésus-Christ sur terre pour juger les morts et les vivants.

Lire Marc 13

Thème principal du récit

Le discours prophétique de Jésus dans Marc 13 fait référence à la destruction du temple et à l’inauguration du Royaume de Dieu sur terre. Chose que Jésus avait déjà annoncée au travers de la prédication du Royaume de Dieu et par ses miracles. Maintenant, il dévoile un peu le futur pour indiquer à ses disciples ce qui doit arriver. Ce récit est une réponse à une question, et d’après la structure du discours de Jésus, nous devons aussi conclure que les disciples lui avaient posé plusieurs questions reliées à la destruction du temple de Jérusalem.

Quelques observations s’imposent :

Jésus est assis sur le mont des Oliviers vis-à-vis du temple. (V.3) Le temple semble être le point principal du récit.

Le discours de Jésus progresse en intensité vers un dénouement : il y a d’abord des tribulations, puis des persécutions, une destruction complète, puis l’établissement d’un nouvel ordre.

“Ces choses” auxquelles Jésus fait référence s’accompliront bien dans la génération à laquelle Jésus s’adresse.

Les prophéties ont parfois plusieurs applications: au moins une qui est immédiate et une autre qui suit une histoire à plus grande échelle. (ex. les Psaumes)

Applications personnelles

À quoi cela nous sert-il de considérer ensemble un passage comme Marc 13 si la majorité de ce qui est écrit s’est déjà produite? Nous pouvons poser la même question en ce qui concerne les prophéties de l’AT. Il faut d’abord mettre de côté notre penchant pragmatique pour un instant pour considérer dans un contexte plus large la signification de telles choses. Voici donc quelques applications utiles:

Jésus est présentement couronné et nous attendons son retour. C’est Jésus qui règne en Seigneur dans les affaires du monde.

À cause de la fidélité de Dieu vis-à-vis des prophéties, nous n’avons pas à craindre les hommes (c.-à-d. la peur de l’homme) car Dieu règne au dessus de toute principauté humaine.

Je peux persévérer jusqu’au bout de l’appel de Dieu dans ma vie sachant que la gloire de Dieu est à ma portée. En d’autres mots, je vis selon une perspective de la vie qui va au-delà de ce que je peux voir et toucher.

Illustration tiré des épîtres de Paul

L’apôtre Paul semblait avoir compris quelque chose que nous avons tendance à manquer de nos jours. Lisons ce qu’il a à dire au sujet de la vie.

Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout, j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout pas celui qui me fortifie. (Phil 4.12-13)

Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. (Phil 4.19)

Commentaires sur Marc 13.1-13

Jésus fait une affirmation assez surprenante. Les disciples contemplent l’architecture et le génie humain qui a rendu possible un tel chez d’oeuvre que le temple de Jérusalem. Pensez à un plateau en pierre taillée dont la superficie mesure 4 terrains de football. Pensez à des pierres qui pèsent plusieurs milliers de tonnes. Pensez à des décorations en or, des colonnades marbrées, et des instruments d’airain et en bronze. Le temple lui-même était quelque chose de spectaculaire. D’ailleurs, on disait que lorsque le soleil se levait à l’est, les portes dorées du temple réfléchissaient les rayons du soleil de telle manière à donner l’impression que la lumière du soleil venait du temple lui-même.

Mais Jésus ne fait aucun cas de cet édifice majestueux. Le symbole de la présence de Dieu parmi son peuple n’est qu’une façade terne comparée à celle qui se reflète dans la vie du Seigneur Jésus. En effet, qu’est-ce que le temple comparé au Fils de Dieu?

  • Jésus annonce donc que des tribulations surviendront en réponse au témoignage qui sera porté sur lui.
  • Jésus affirme aussi que “ces choses” doivent arriver. C’est dans le plan de Dieu. Il est, après tout, le Souverain Roi des rois de la terre. Rien ne lui échappe.
  • La proclamation de la Bonne Nouvelle se fera au travers de beaucoup de souffrances.
  • Ceux qui persévèrent jusqu’à la fin (un thème qui, en passant, revient souvent dans les derniers épitres du NT et surtout dans le livre d’apocalypse) seront sauvés. D’ailleurs, ce qui est sous-entendu ici est le fait que ceux qui persévèrent à suivre le chemin tracé par Jésus-Christ seront sauvés.

Considérez par exemple les citations suivantes tirées de l’AT.

Pourquoi ce tumulte parmi les nations, Ces vaines pensées parmi les peuples? 2Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils Et les princes se liguent-ils avec eux Contre l’Éternel et contre son oint? —  3Brisons leurs liens, Délivrons-nous de leurs chaînes! —  4Celui qui siège dans les cieux rit, Le Seigneur se moque d’eux. 5Puis il leur parle dans sa colère, Il les épouvante dans sa fureur: 6C’est moi qui ai oint mon roi Sur Sion, ma montagne sainte! (Psaume 2.1-6)

 35Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. 36Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? 37Que donnerait un homme en échange de son âme? 38Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. (Marc 8.35-38)

Ce que Jésus nous exprime au travers de Marc est la présence d’une tension causée par une le commencement d’une transition. La loi et le temple font partie d’un ancien ordre des choses. Le temple doit céder sa place au sacrifice parfait exprimé dans la personne de Jésus-Christ.

À un autre niveau, il existe aussi une tension entre le Royaume de Dieu et le Royaume des ténèbres. (voir Gen 3.15 et Apoc 12.1-11) Le Royaume de Dieu détient la victoire ultime. Satan a perdu son pouvoir et son autorité. (voir Colossiens 2.13-15)

C’est un peu comme si je devais réarranger l’ordre des boites que je viens de placer dans un camion de déménagement. Le camion est bien remplie et tout d’un coup, mon garçon vient me voir et m’apprend la nouvelle que nous avons oublié de placer dans le camion ses meubles. Oulala! Que faire? Il faut bien sûr, enlever plusieurs bôites, peut-être tous, juste pour faire de la place pour mettre les meubles dans le camion. Voici où je veux en venir. La nouvelle alliance au travers du Fils de Dieu est un morceau tellement central au place de Dieu qu’il faut vraiment enlever les vestiges de l’ancienne alliance pour les placer autour des objects de la nouvelle alliance.

Notes pour Marc 13.14-23

Pour bien comprendre ce passage, il est recommandé de jeter un coup d’oeil à l’histoire de l’antiquité pour voir si ce qui s’est produit du temps de Jésus, en particulier, les années qui suivirent sa vie. L’historien Flavius Josephus nous en dit long sur ce qui arriva à Jérusalem dans la deuxième moitié du 1er siècle apr. J.-C.

Qui était Flavius Josephus? (traduction française d’un extrait d’Eerdman’s Bible Dictionary)

Un général et historien juif né en 37-38 apr. J.-C. d’une famille aristocratique de prêtres à Jérusalem. Il est mort en 100 apr. J.-C. à Rome. Son nom hébraïque était Joseph Ben Mattathias.

Josephus devint un pharisien après avoir examiné de près les différentes “variétés” du Judaïsme qui existaient en Judée. En 63 apr. J.-C., il alla à Rome afin de demander la libération d’un certain groupe de prêtres juifs. Tellement impressionné par la puissance de Rome, et sachant qu’une révolte se préparait en Judée, il essaya tant bien que mal de dissuader les autorités juives en Judée qu’une guerre contre Rome était futile. Quand la guerre éclata en 66 apr. J.-C., Josephus prit le commandement de forces armées juives en Galilée comme général. Il fut capturé en juillet 67 après le siège romain contre la ville de Jotapa. Mais en dépit de la défaite, il gagna une certaine faveur auprès du général Vespasian en prédisant que celui-ci deviendrait empereur de l’Empire romain. Deux ans plus tard, Vespasian devint en effet empereur et son fils Titus prit la direction des forces armées romaines en Judée. Après la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.-C., Josephus habita à Rome sous le patronage des empereurs de lignée flavienne.

Quelques évènements importants marquèrent l’histoire suivant les prédictions de Jésus. En voici quelques unes qui ont une certaine pertinence.

(167 av. J.-C.) Le général Antioche Épiphane érige un autel dans le temple de Jérusalem et fait sacrifier un cochon sur l’autel. (Guerre des Maccabés)

(40 apr. J.-C.) L’empereur Gaius (Caligula) ordonne l’érection d’une statue dans le temple. (Pilate et les standards de l’armée romaine à Jérusalem.)

(68 apr. J.-C.) Temple prit en otage par les zélotes (Jean de Gischala). Révolte qui finit par un bain de sang dans le temple.

(70 apr. J.-C.) Destruction complète de Jérusalem et du temple par les généraux romains Vespasien et Titus.

Qu’est-ce que veut bien vouloir dire “l’abomination de désolation”?

Il est intéressant de noter que Marc fait référence à quelque chose que les juifs de son temps connaissaient. D’ailleurs, il fait référence au prophète Daniel. (voir Dan 9.27, 11.31, 12.11)

Nous lisons dans certaines versions, “…établie là où il ne doit pas être.” La référence du pronom “il” à la 3e p.s. nous indique que Marc et Daniel font référence à une personne? C’est possible. Mais, le sens contextuel nous indique aussi que l’abomination de désolation occupe une place qui n’est pas la sienne nous laissant donc supposer qu’il s’agit aussi peut-être d’un objet.

Un autre indice se trouve dans la petite note interprétative que Marc utilise pour avertir les lecteurs “…là où elle ne doit pas être…que celui qui lit fasse attention…” En d’autres mots, Marc attire l’attention de ses lecteurs à considérer plusieurs morceaux d’un puzzle dont les parties leur sont déjà familières pour arriver à une conclusion qui les informe sur la direction à prendre.

La meilleure interprétation, selon moi, est de comprendre l’abomination de désolation à la lumière de ce qui arriva en 167 av. J.-C. lorsque l’empereur assyrien Antioche Épiphane désacralisa l’autel du temple en offrant un cochon en sacrifice. Marc semble faire référence à cet évènement pour avertir les lecteurs que la chose va se reproduire et que les conséquences de cet acte seront semblables.

Je conclus donc la chose suivante : le discours de Jésus dans Marc 13 est pour avertir ses disciples (tous ceux qui suivent Jésus) de son temps que lorsqu’il y aura une répétition de la désacralisation de l’autel dans le temple par quelqu’un qui occupe une place qu’il ne devrait pas occuper, qu’il est temps de fuir Jérusalem, parce que cela sera le commencement de tribulations horribles dans la région.

Si en effet, nous considérons ensemble les actions du zélote Jean de Gischala qui se prend pour un Méssie en restaurant les rituels sacrificiels au temple et le renouveau du culte de l’empereur comme divinité promut par la lignée Vespasienne qui détruit le temple, le récit de Marc prend une forme de mise en garde prophétique qui donne une application pertinente à ceux qui entendirent les paroles de Jésus (en 33) et lurent le récit de Marc (en 57-60).

Que faire avec le langage apocalyptique des versets 19 et 20?

19Car la détresse, en ces jours, sera telle qu’il n’y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde que Dieu a créé jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. 20Et, si le Seigneur n’avait abrégé ces jours, personne ne serait sauvé; mais il les a abrégés, à cause des élus qu’il a choisis.

Lorsque je rencontre une tournure de phrase qui ne semble pas être courante, ou avec laquelle je ne peux pas donner une interprétation claire, je dois commencer par me demander si une telle tournure de phrase existe à d’autres endroits dans les Saintes Écritures. Dans ce cas-ci, nous trouvons des comparaisons similaires dans Exode 9.18; 10.14; 11.6; et Joel 2.2 pour n’en citer que quelques-uns.

Si qui m’intrigue est que contrairement aux autres passages de l’AT, le jugement de Dieu si souvent prononcé contre les nations païennes, est maintenant dirigé contre son propre peuple, contre Jérusalem, contre le lieu où Dieu devait siéger au milieu de son peuple.

Cette ironie nous indique que l’ordre des choses va être complètement renversé. Le passé c.-à-d. l’ancienne façon de faire sera anéantie à jamais. Quelque chose de meilleur va maintenant arriver pour prendre la place.

“Soyez sur vos gardes…”

v.20… Et, si le Seigneur n’avait abrégé ces jours, personne ne serait sauvé; mais il les a abrégés, à cause des élus qu’il a choisis.

v.23…Soyez sur vos gardes: je vous ai tout annoncé d’avance.

Nous pouvons comprendre pas ces versets que les signes sont des panneaux indicateurs qui informent les élus et leur témoignent de la fidélité et de la souveraineté du Seigneur. Les évènements sont des indications de l’oeuvre de Dieu dans le monde. Faut-il encore savoir correctement les interpréter.

Marc 13.24-27

v.25 …langage prophétique — ébranlement des dominations spirituelles et humaines. (voir Dan 7.14, Ésaïe 14.12, Ezek 32.7; Joel 2.10; Apoc 12.4)

v.26 …«venant» vs «apparaître»… l’instauration du règne de Jésus-Christ sur son trône (même image reprise dans l’Apocalypse) L’utilisation de l’adverbe peut porter à de la confusion parce que le mot nous donne l’impression d’un rapprochement qui vient vers nous pour s’établir parmi nous. Ce que le v.26 essaie simplement de dire est que la gloire de Jésus-Christ sera visible dans les lieux célestes qui dans un langage apocalyptique représentent les dominations et les puissances de ce monde.

v.27 …la proclamation de la Bonne Nouvelle aux païens. Le «vrai Israël» (sous le nouvel ordre) est maintenant tous ceux qui croient la Bonne Nouvelle est suivant la voie de Jésus-Christ. (Voir Rom 11.25-27) Une ouverture sur le monde se produit. La Bonne Nouvelle n’est pas juste réservée pour le peuple de Dieu en Israël. L’Israël de Dieu est maintenant tous ceux et celles qui professent leur confiance dans Jésus-Christ ressuscité et glorifié.

13Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme; il s’avança vers l’ancien des jours, et on le fit approcher de lui. 14On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit. (Daniel 7.13-14)

La comparaison tirée du figuier dans Marc 13.28-31

Marc nous rapporte une deuxième comparaison avec un figuier (la première étant dans Marc 11.12-14 avec son interprétation dans 11.20-25). Sauf que, cette fois-ci lorsque nous regardons en dessous des feuilles, nous trouvons des figues. L’arbre en question porte des fruits. Ce que le premier figuier a manqué de produire sous l’ancien ordre des choses, le deuxième figuier qui représente le nouvel ordre, lui, produit des fruits. C’est une leçon imagée. La nouvelle alliance de Dieu avec son peuple au travers de son Fils rend possible au peuple de Dieu de produire des fruits qui glorifient Dieu.

Nous avons un avant-goût de cette espérance dans Luc 10.8-9 où nous pouvons lire par exemple:

8 Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on vous recevra, mangez ce qui vous sera présenté, 9 guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur: Le royaume de Dieu s’est approché de vous.

v.28 …vient clarifier les versets précédents…L’image du figuier revient (comp. Marc 11.12-14 en lien avec le temple) mais cette fois-ci, le figuier produit du fruit sous ses feuilles. (changement de l’ordre des choses)

v.29-30 …Jésus est spécifique quant au temps où ces choses doivent arriver. (comparer avec v.32)

v.31 …Jésus est confiant parce qu’il est souverain. Il est «un» avec l’Éternel.

Prenez garde, veillez, et priez dans Marc 13.32-37

v.32 É…pour ce qui est du jour ou de l’heure…” Ce bout de phrase indique un changement de sujet. C’est un peu comme la personne qui annonce les nouvelles à la télévision lorsqu’elle dit, “et maintenant concernant l’histoire de…”.

C’est à cause de ce changement au niveau de la grammaire dans l’original que je veux attribuer aux prochains versets un caractère apocalyptique qui parle de la parousie de notre Seigneur. Le langage, entre autres, est trop catégorique pour l’interpréter différemment.

v.32 …ni le fils… Jésus parle de lui-même comme le fils de Dieu. Pour la première fois dans le récit de Marc, Jésus parle de lui-même non pas en utilisant le l’expression, “le fils de l’homme”, mais en parlant du Fils dans le contexte de Dieu lui-même. C’est une petite observation qui est quand même riche de sens. Jésus parle de lui-même comme étant glorifié. C’est une certitude. Ce qui l’attend à Jérusalem n’est qu’un rite de passage pour arriver à autre chose. Mais pour ce qui est de la fin de toutes choses, même le Fils de Dieu dans son état actuel ne connaît pas les détails. Chose étrange pour le Fils de Dieu, mais une constatation qui fait du Fils de Dieu une personne distincte de la Trinité.

v.33 …prenez garde, veillez et priez… n’est pas une invitation à faire des calculs et d’essayer de trouver des dates, mais de faire attention que nous sommes bien fidèles au Seigneur Jésus, activement à son service, et espérant en son retour. C’est une invitation à s’épanouir dans le Seigneur là où nous sommes et de ne pas attendre un moment plus propice pour avancer le Royaume de Dieu. Et certainement que ce bout d’exhortation a eu tout un effet sur l’église du 1er siècle qui voyant arriver toutes ces choses aurait probablement eu le réflexe de se cloitrer dans un lieu bien sécuritaire pour attendre que la dévastation s’estompe. Au contraire, l’exhortation de Jésus est de voir chaque moment comme étant un moment propice. Notre courage et nos habilités ne dépendent pas de nos circonstances, mais du Dieu qui appelle. (voir Romains 9.11)

C’est dans ce même sens que Jésus lance une exhortation dans Marc 8.38 pour nous rappeler que la puissance de Dieu n’est pas une formule magique ou un concours de circonstances, mais une puissance qui vient de Dieu en dépit de mes circonstances.

Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges.

Conclusion

Que pouvons-nous retirer de ce passage fort intrigant et riche de sens? Dans un premier temps, nous comprenons que Jésus prédit à la fois la destruction du temple et l’instauration d’un nouvel ordre. Le temple était bon, mais avait accompli ce pour quoi Dieu l’avait établie. Le Messie étant apparu, lui qui ôte les péchés du monde, le temple n’a plus sa place d’honneur.

Les prédictions de Jésus doivent être comprises comme étant des paroles qui étaient premièrement destinées aux lecteurs et aux auditeurs du temps de Jésus. Comme il a été mentionné plus haut, les prophéties ont parfois deux interprétations, une qui est plus claire pour le moment imminent, et une autre interprétation qui suit une histoire plus globale dans le plan divin.

La mise en garde contre les faux prophètes est évidente. Elle va de pair avec l’instauration d’un nouvel ordre qui a pour épicentre le ministère du Messie. Si je voulais décevoir le plus de gens possible, je passerais mes énergies à imiter le Messie pour induire le plus de gens possible en erreur. C’est en tout cas la réalité que nous observons de nos temps. La grande majorité de ce que nous appelons “les sectes” ont en commun une ruse au niveau de la personne qui dirige le mouvement. Pour le dire simplement, il ou elle se prend pour Dieu.

Que dire de la portée apocalyptique de Marc 13. Est-ce que nous parlons de prédictions qui se sont toutes produites avant l’an 70? Il y a-t-il encore quelque chose pour le futur? Oui, bien sûr! Nous ne sommes pas en train d’affirmer que Jésus est déjà venu. Nous croyons que Marc 13 fait référence à la glorification de Jésus lorsqu’il est mention de son apparition. Ceci veut dire que Jésus doit toujours revenir déjà glorifié pour accomplir tout ce qui n’aura pas été achevé. Nous ne savons pas quand cela aura lieu et nous ne cherchons pas à savoir quand sera aura lieu. Ce que nous savons, et c’est bien ce que Marc nous exhorte à faire, est que n’importe le moment dans lequel nous nous trouvons, nous faisons tous nos efforts pour veiller et prier afin de connaître la volonté de Dieu et de faire ce qu’il a préparé pour nous selon le bon conseil de sa volonté.

Application pastorale

Parce que Jésus règne, je peux persévérer à poursuivre son appel avec confiance qu’importent mes circonstances.

Parce que je ne connais pas l’heure de sa venue, je ne me tracasse pas avec l’heure, mais plutôt avec la tâche à accomplir.

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