Deux types de sagesse – 1 Corinthiens 2:5-10

Dès sa venu à Corinthe, l’apôtre Paul fait une distinction intentionnelle entre la sagesse populaire et celle provenant de Dieu. Nous savons que Corinthe avait toutes les caractéristiques d’une ville Greco-Romaine avec sa politique, sa culture, sa spiritualité, et sa recherche d’une richesse commerçante. On peut imaginer l’arrivée de l’apôtre Paul en provenance d’Athènes, une autre ville comme Corinthe, profondemment marqué par son expérience d’évangéliste dans une cité baignée dans la spiritualité et la superstition. On peut sentir sa résolution de faire une distinction entre la sagesse qui vient de l’homme avec toute l’organisation religieuse qui la supporte et la sagesse qui provient de la simple prédication de l’évangile.

Le Paul avant Athènes, et le Paul après Athènes à son arrivée à Corinthe paraissent un peu différents. Le premier semble plus conciliant, le deuxième plus fervent à garder un simple message : seulement Jésus Christ. C’est sur ce point que Paul écrit aux Chrétiens de Corinthe. Croire la bonne nouvelle de l’évangile nous oblige à changer notre façon de voir le monde. L’évangile n’est pas une simple philosophie, elle est une perspective du monde qui influence nos décisions, nos actions, et nos habitudes. Elle est le moyen par lequel nous comprenons et nous vivons notre relation avec Dieu.

5 afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. 6 Cependant, c’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis; 7 nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, 8 sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. 9 Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’oeil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. 10 Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. (1 Corinthiens 2:5-10)

Quelques notes

v.6 …une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits… dans ce cas, « parfait » traduit le mot grec « teleoeis » qui veut dire « mature. » Ceci réfère à quelqu’un qui est arrivé à pleine maturité. Ceci ne veut pas dire qu’elle a fini de grandir ou d’apprendre tout ce qu’elle devrait apprendre. Mais, la personne a achevé sa croissance dans les choses essentielles de la vie. Le terme s’applique à ceux qui sont spirituellement matures. On parle donc de ceux qui ont saisi les fondements de l’évangile et qui les ont appliqué à leurs vies.

Cette sagesse, qui dans quelques versets sera attribuée à la venue et à l’oeuvre de Jésus Christ, n’est pas comme celle de ce monde (« de ce siècle » : lit. de cet âge). Elle n’est pas perçue de la même manière. De plus, elle est éternelle. Elle n’a pas de début, ni de fin. Ceci a bien du sens si elle vient de Dieu, car Dieu Lui est éternel.

Leçon #1 : Si notre sagesse est basée sur la philosophie des hommes, nous risquons le culte de la personnalité. Nous mettons l’homme sur un piédestal.

Quelle est la preuve ou l’évidence que ma foi est mature ? (lire Jérémie 31:31-34; Ephésiens 4:13; et surtout Hébreux 5:13-14) Ma foi est mature quand elle dépend entièrement de l’oeuvre de Jésus Christ pour moi et lorsqu’elle est nourrie par ma relation avec le Christ ressuscité. Oui, ça paraît fou d’écrire une telle chose, même enfantin. Mais, la sagesse de Dieu fait violence à notre propre sagesse naturelle. J’ai besoin de me poser la question, « combien suis-je dépendant de Dieu dans tous les aspects de ma vie ? »

v.7-8 La sagesse de Dieu est…

1) prédestinée : elle était conçue dans la pensée de Dieu avant même le début des âges; 2) cachée : elle est le produit d’une révélation partielle avant la venue de Jésus Christ et donc, progressive – voir Colossiens 1:26-27; 3) connue seulement par révélation – voir Ésaïe 64:3.

…chefs de ce siècle… on parle des chefs politiques et religieux du temps de Jésus.

Leçon #2 : Le témoignage d’une sagesse qui n’est pas populaire (ou de ce monde) peut provoquer chez le Chrétien des sentiments de surprises ou de choque.

C’est une situation classique parce qu’on la retrouve dans plein de domaines de la vie. « Je viens de vivre une expérience superbe et je veux la partager avec quelqu’un d’autre, mais l’autre n’a pas vécu cette expérience. » La plupart du temps on fait face à de l’indifférence. L’autre ne peut pas s’identifier à notre expérience vécue. Mais lorsqu’on parle de quelque chose d’aussi monumental que « le sens de la vie, » la réaction est souvent un peu plus dramatique. « L’autre » n’aime pas se faire dire ce qu’il devrait croire sans en avoir fait l’expérience.

Le dilemme du témoignage chrétien est qu’on témoigne de quelque chose que seuls ceux qui ont rencontrés le Christ peuvent comprendre. C’est pour cela qu’on lit dans 2 Corinthiens 2:15-16a, « Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent: 16 aux uns, une odeur de mort, donnant la mort; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie… »

L’apôtre Pierre nous donne un témoignage exemplaire devant la réalité que la sagesse de Dieu ne dépend pas de l’homme avec ses capacités naturelles. Actes 3:17 nous fait découvrir chez Pierre une attitude envers ses confrères juifs qui tient compte du fait qu’ils ont crucifié Jésus par ignorance. Si la connaissance de la sagesse que représente l’évangile aurait été à la portée du discernement naturel des juifs, ils n’auraient pas crucifié Jésus Christ. C’est ce que Paul explique au verset 8. L’application pour nous reste : quelle est ma réaction envers les gens auxquels je témoigne de Jésus Christ ? Ne devrait-elle pas être semblable à celle de Pierre : avec humilité et douceur ?

Leçon #3 :  Notre certitude devant notre témoignage de vie chrétienne se base sur Jésus Christ qui affermit notre témoignage dans nos vies.

Le message de l’évangile et l’oeuvre de Jésus Christ à la croix ne sont pas des événements isolées à la croix du Calvaire. Ils ont un effet qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Nous ne croyons pas simplement dans le fait historique que Jésus soit mort, qu’il fut un bon enseignant, un bon exemple. Nous croyons qu’il vit encore aujourd’hui à cause de sa résurrection et qu’il est intimement impliqué dans nos vies.

La sagesse de l’évangile semble se concentrer sur Dieu qui vient chercher des individus sans tenir compte de leurs mérites. Et c’est précisément cette affirmation qui va à contre-courant de toutes nos inclinations religieuses. Car notre sagesse humaine nous apprend que pour connaître Dieu et pour lui plaire, nous devons mériter sa faveur.

La certitude de notre témoignage chrétien se trouve donc en Jésus qui nous affirme, et non dans nos propres mérites ou accomplissements. (voir Romains 16:25)

Question pour discussion : Quand on réalise que la sagesse humaine ne peut pas discerner l’évangile par ses propres moyens, une question évidente se pose. « Dieu n’est-il pas injuste de juger ceux qui le rejettent par ignorance puisque le Saint-Esprit est celui qui révèle le mystère de la sagesse de Dieu ? »

Un amour plein de sens au milieu du chaos (Partie 1)

Ça a toujours l’air plus facile de l’extérieur que de l’intérieur. Par exemple, c’est plus facile de critiquer une partie sportive et de s’énerver contre l’entraîneur de l’équipe que d’être en compagnie des joueurs avec tout le poids des décisions à chaque seconde de l’action. C’est plus facile de jeter un regard à l’intérieur d’une classe et critiquer le prof que d’avoir la responsabilité d’éduquer 30 élèves cinq jours semaines.

Le prophète Osée nous amène dans les coulisses. Il nous rappelle que tout n’est pas parfait. Nous ne vivons pas dans un monde où les choses tombent à leurs places. Le monde dans lequel on vit, le monde réel, est plein de choses brisées, des relations en périls. Et dans ce monde là, il n’y a pas de solutions magiques. Mais, lorsqu’on lit Osée on est tenté de dire, « T’aurais pas dû! » ou « j’aurais fait telle et telle chose à ta place. » On se pose facilement la question, « Est-ce que la relation entre Dieu et son peuple va tenir le coup? »

Pour commencer, nous nous contenterons seulement de considérer deux aspects de la nature de Dieu qui expliquent pourquoi Dieu appelle Israël son peuple: sa sagesse souveraine et son amour inconditionnel. 

 

 1) Sagesse souveraine de Dieu : notre tendance à croire qu’on sait mieux que Dieu…

Osée a prophétisé pendant le règne de Jéroboam II au 8e siècle (750 av J.C.). C’était un temps de grande incertitude, mais aussi un temps de grande prospérité. Osée est le premier dans une lignée de prophètes qui prédit la chute d’Israël. Il apparaît même avant Ésaïe. Il prédit bien à l’avance la captivité des 10 tribus du Nord , et son ministère s’étirera entre 40-50 ans. Il verra l’accomplissement même de ce qu’il aura prédit. La structure de sa lettre s’organise en deux grandes parties (ch. 1-3 et 4-14). Le fait que son propre mariage est un reflet de la relation de Dieu avec son peuple mérite une attention toute particulière.

L’histoire d’Osée est un peu difficile à lire. Dès le début du livre (1:2) on apprend que Dieu lui demande d’épouser une femme qui a le caractère d’une prostitué. Au fur est à mesure qu’on avance dans le livre, on réalise que la leçon de Dieu pour son peuple sera vécue au travers de la vie d’Osée. Chose étrange pour un prophète ?

Osée et Gomer fondent une famille. Ils ont trois enfants, les deux derniers son apparemment illégitimes. Puis, elle le quitte. Elle se fou de lui. Lui a l’air d’un imbécile en train d’essayer de regagner son affection. Elle, démontre sa folie en s’attachant à un autre homme pensant qu’il peut répondre à tous ses besoins. Les choses ne tournent pas bien pour Gomer. Elle devient son esclave, et arrive à désespérer de la vie-même .

Les choix de Gomer sont révélateurs. Elle se moque de la fidélité envers son mari et elle tourne le dos sur les valeurs bibliques qui sont la fondation même d’Israël. Mais Gomer n’est pas toute seule. Même si Israël avait l’apparence de rendre un culte au Dieu d’Abraham, d’Isaac, et Jacob, elle le faisait par politesse tout en orientant son adoration aux dieux étrangers. La prospérité d’Israël donna la fausse impression que les libertés et les plaisirs desquelles elle jouissait étaient le résultat de ses propres forces. (voir Osée 2:8; 12:8-10)

1 Corinthiens 1:25 nous rappelle que, « …la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. »

Nous ne sommes pas trop différents de Gomer à cet égard. Combien de fois assumons-nous que nous sommes mieux placé que Dieu de déterminer les choses meilleures dans nos vies?Et  combien de fois accusons-nous Dieu d’être responsable des conséquences de nos mauvais choix tout en se félicitant à chaque fois que nous expérimentons les bénédictions non-méritées.

On comprend mal la sagesse souveraine de Dieu lorsqu’on le voit agir seulement dans un aspect de nos vies. En réalité, Dieu est en train d’affecter des millions de choses différentes, pas seulement dans ma vie, mais dans la vie des autres autour de moi, et dans toute l’histoire. Notre histoire personnelle est connectée à l’histoire rédemptrice du monde. Nous sommes un point de couleur sur le canevas gigantesque de l’éternité.

 C’est dans cette optique que l’apôtre Paul affirme, « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Rom 8:29)

Voilà le réconfort d’Osée. Voilà la leçon que Gomer doit apprendre et par conséquent, la leçon pour Israël qui oublie que seul le Dieu de l’histoire donne un sens à sa vie, à sa raison d’être. La souveraineté de Dieu est une souveraineté sage. Il tisse sa volonté au travers de nos histoires individuelles pour notre bien et pour sa gloire, car il est un bon Dieu.

 

(partie 2 – l’amour inconditionnel de Dieu)