Le prix de sa souffrance pour ma vie


Notes de prédications pour dimanche 19 juin 2011 (série Marc)

Marc 8 à 10 compose une section distincte dans le récit de Marc. Pour les premiers huit chapitres Marc semblent vouloir répondre à la question : qui est Jésus? et sur quoi règne-t-il? Nous constatons avec lui que la misère et le péché abondent dans le monde. Et même si l’on distingue une certaine ferveur vers une réforme spirituelle, les dirigeants religieux semblent être plus préoccupés par le prestige et leur statut social que de fournir une direction spirituelle au peuple. C’est dans ce contexte que Marc nous fait découvrir Jésus, le Seigneur.

Il vient annoncer la venue d’un royaume, mais un qui n’est pas de ce monde. Jésus est un roi, mais encore une fois, pas de ce monde. Il enseigne avec autorité, mais pas pour devenir un chef, mais pour nous dévoiler Dieu et pour nous apprendre à servir les autres. Beaucoup écoutent Jésus, plusieurs le suivent, mais peu le reconnaissent. Et ce qui nous surprend le plus est le fait que les collaborateurs les plus proches de Jésus, ses disciples, ne perçoivent pas qui il est réellement. Ils voient les miracles et considèrent les signes, mais Jésus reste un enseignant, un prophète, un sage, un homme envoyé par Dieu. Là où Marc nous fait réfléchir est précisément où les disciples semblent vaciller. Jésus n’est pas juste un homme extraordinaire, il est celui qui fut annoncé par les prophètes, l’envoyé de Dieu, le Méssie, Dieu fait chair. Et ce n’est qu’après avoir lu jusqu’à Marc 8 que nous entendons ces fameuses paroles sortir de la bouche de Pierre, « Tu es le Christ. »

Cette déclaration marque un point tournant du récit de Marc. Jésus est le Christ, le Messie. Et tout d’un coup, une avalanche d’images, de descriptions, de titres déferlent dans la pensée du lecteur. Qui est ce Méssie? Comment doit-il agir? S’il est celui annoncé par les prophètes et préfiguré dans la loi de Moïse, qu’est-ce qu’il doit faire et comment doit-il être pour accomplir les Écritures? Et c’est précisément sur cette question que Marc tourne notre attention lorsque nous lisons Marc 8 à 10. Nous avons intitulé cette partie de l’enseignement de Marc, « Pas de couronne sans croix. » Si Marc 1 à 8 nous faisait comprendre que le remède à la misère et le péché étaient la grâce de Dieu, Marc 8 à 10 nous fait comprendre que le moyen de participer à la grâce de Dieu implique autant une souffrance qu’une gloire à venir.

Notes de lecture

Marc 8.27-30

Jésus et ses disciples sont dans le nord du pays aux alentours de la ville de Césarée de Philippe. Jésus est à l’écart. Il pose la question à ses disciples, qui dit-on que je suis. Sur quoi les disciples racontent ce que les gens disent à son sujet. Mais la question devient personnelle. Qui dites-vous que je suis? Sur quoi Pierre brise le silence et affirme que Jésus est bel et bien le Méssie, celui qui délivrera Israël.

Mais une chose nous surprend tout de suite. La réponse que nous attendions depuis plusieurs chapitres maintenant fait l’objet d’une sévère recommandation de la part de Jésus. Personne ne doit savoir ce qui fut révélé ouvertement aux disciples de Jésus. Pourquoi? Est-ce parce que Jésus ne veut pas la publicité? Est-ce parce que Jésus veut que ses disciples le suivent par la foi et non à cause des signes et des miracles?

Une chose qui semble évidente est le fait que Jésus s’en remet au Père céleste pour amener à lui ceux qui doivent être sauvés. La foi fait l’objet de tous les miracles de Jésus. Et si le salut est une question de foi et que cette foi est un don de Dieu, pourquoi forcer la chose? Jésus semble, en tout cas, ne pas vouloir pousser la chose plus loin qu’elle doit l’être dans la pensée de son Père céleste.

Marc 8.31 à 9.1

Jésus commence à enseigner qu’il doit beaucoup souffrir, qu’il sera rejeté par les chefs religieux, qu’il devra mourir, et qu’il reviendra à la vie après trois jours.  En entendant cela, l’apôtre Pierre le reprend en le prenant à l’écart des autres disciples. En fait, Pierre pense avoir un meilleur plan que son maître. Sauf que celui qui avait bien répondu juste quelques moments auparavant fait une volte-face dramatique. Jésus fait remarquer que nos pensées ne sont pas toujours celles de Dieu.

Il est fort possible que Marc veuille nous encourager, ou plutôt l’apôtre Pierre qui par l’intermédiaire de Marc nous rappelle combien il est facile de s’écarter de la pensée de Dieu si nous nous appuyons par défaut sur notre raisonnement naturel. Dieu n’agit pas selon ce qu’il nous semble bon. Il tire conseil de lui-même. Ses plans sont au dessus des nôtres parce que sa perspective est infiniment plus grande que la nôtre. La mise en garde de Jésus est une leçon pratique pour nous aujourd’hui. Le plan de Dieu n’est pas toujours ce que nous choisirions. Et si l’on se fie à ce que Jésus enseigne dans les prochains versets, si nous voulons participer à sa gloire, il faut que nous embrassions la souffrance.

Ce que Jésus enseigne (Marc 8.34-38)

Dans le contexte du royaume de Dieu, Marc 8 à 10 est un changement de direction dans le développement du thème principal. Il est facile de marcher à la suite d’un faiseur de miracles qui possède une autorité suprême sur les éléments de la nature et le monde spirituel. Mais, il est moins évident de suivre cette même personne si le chemin devant nous est rempli de souffrances. C’est la présence du péché, du mal dans le monde qui refait surface. Jésus peut guérir, remplir ce qui était vide, ramener des morts, mais il manque la solution finale. À quoi sert tout cela si en bout de ligne, chacun meurt dans ses péchés? Si Jésus pouvait pardonner les péchés de ceux qu’il guérissait, c’était bien en prévision d’une solution finale pour payer la dette du péché. Jésus savait le prix qu’il devra payer, sinon, il n’aurait pas pu affirmer avec confiance que les péchés pouvaient être pardonner.

Nous allons donc considérer les versets 34 à 38 en rapport avec la justice de Dieu qui rend possible la venue de son royaume. La justice de Dieu coûte quelque chose.

Notes pour Marc 8.34

34Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit : si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.

  • Détermine à l’avance que tes penchants naturels ne sont pas nécessairement les bons
  • Porter sa croix = reconnaître que la source de notre salut éternel implique de mourir
  • Après ça tu peux me suivre…

Jésus enseigne que le chemin qu’il est en train de suivre mène à la souffrance. La gloire de Dieu passe par la souffrance à cause de la présence du péché et de la justice de Dieu. Dit autrement, tu dois accepter de mourir pour réellement vivre.

Notes pour Marc 8.35

35Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera.

  • Si le but de ta vie est d’éviter la souffrance à cause de moi et de ce qui est vrai, tu ne goûteras pas à la vraie vie.
  • Si tu me fais confiance et que tu me laisses conduire ta vie à ta place, je vais t’apprendre à embrasser la souffrance pour vivre une vie qui vaille la peine d’être vécue.

Jésus enseigne à ses disciples que s’ils veulent participer à sa gloire, ils doivent embrasser la souffrance. Suivre Jésus c’est embrasser la souffrance en vue de sa gloire.

Notes pour Marc 8.36-37

36Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? 37Que donnerait un homme en échange de son âme?

  • À quoi sert ta vie si tu mets en gage ton âme?
  • Existe-t-il une chose de plus précieuse que ton âme?

Jésus enseigne que c’est la santé de ton âme qui détermine la qualité de ta vie.

Notes pour Marc 8.38

38Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. 

  • Si tu as honte de t’identifier avec Jésus et d’être associé à l’Évangile quand le monde le rejette, attends-toi d’être rejeté par le Seigneur quand le monde le recevra dans sa gloire.
  • Le Seigneur Jésus sera glorifié en son temps.
  • La question pour toi est si tu vas agir en fonction du monde actuel ou en fonction de celui à venir.

Jésus enseigne qu’il y a plus que la vie ici bas. La venue de son royaume suit des règles qui sont différentes des royaumes auxquels nous pouvons participer ici-bas. Le royaume dont Jésus parle est un royaume de puissance et de grâce qui n’est pas de ce monde. Croire en Jésus, c’est vivre dans ce monde comme si tu vivais déjà dans celui à venir.

Conclusion

L’enseignement de Jésus dans ces quelques versets précise la remarque qu’il fit à l’apôtre Pierre. Même les disciples de Jésus ne comprennent pas bien à quoi Jésus fait référence. C’est tout une nouvelle façon de penser et de voir la vie. Car, si la vie est plus que ce que l’on peut voir et toucher sur cette terre, il est évident que nous ne pouvons pas nous fier exclusivement sur nos sens. Le royaume de Dieu va nous montrer que Dieu ne pense pas toujours comme nous, et nous devons apprendre à nous confier en lui même quand sa logique semble aller à l’encontre de ce que nous aurions tendance à faire naturellement au travers d’une perspective bien limitée.

À cause du péché et à cause de la justice de Dieu, la gloire de Dieu ne vient pas sans souffrance. Si tu veux vivre avec Jésus, tu dois apprendre à embrasser la souffrance à cause du monde dans lequel tu vis.

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