Grâce qui persévère – (série Marc)


Notes d’enseignements pour le dimanche 12 juin 2011.

Comme le dernier billet l’indique, Marc 8 forme la conclusion du thème de l’identité de Jésus en rapport avec l’annonce de la venue de son royaume. Ce n’est qu’à la fin du chapitre que Jésus commence pour la première fois à annoncer à ses disciples qu’il n’est pas un roi conquérant comme ils se l’imaginent peut-être, mais qu’il est bel et bien un serviteur souffrant. Son royaume n’est pas de ce monde. Mais sa souffrance, elle, en fera bien partie.

C’est dans cette section de l’évangile en particulier que Marc semble mettre l’emphase sur la persévérance de Jésus et sur l’identité d’une foi qui sauve. La nature des évènements semble aussi lancer un écho sur l’évolution de la conscience commune des disciples au niveau de l’identité de leur maître. Marc semble, du moins on le soupçonne à cause de son regroupement intentionnel des évènements particuliers en si peu d’espace, rassembler tous les fils de son récit pour les nouer ensemble. Et nous lâchons un soupir de soulagement devant l’épiphanie théologique de Pierre qui proclame, “Tu es le Christ!” (Marc 8.29)

Notes de lecture

Lire Marc 8.1-10 (un repas pour 4,000)

  • Marc utilise le terme “en ces jours”. Il ne semble pas savoir où exactement ce qui nous laisse deviner que l’endroit précis ne pouvait pas être identifié, donc probablement très retiré et désert. Ils étaient bel et bien au milieu de nulle part.
  • Il est surprenant de constater la requête que Jésus adresse aux disciples. Il les met devant une situation pratiquement impossible. Ce qui est plus étonnant est la réponse des disciples. Eux qui avaient été témoins d’un miracle semblable auparavant, ne sont pas pour autant encouragés de se confier à Jésus pour une reprise.
  • Dans ce récit en particulier, les disciples recueillent 7 paniers. Le chiffre 7 désigne souvent dans la Bible une action ou un évènement qui est marqué de l’approbation divine et qui est complet de par sa nature. Marc veut nous faire comprendre que tout le monde mangea à sa faim et que Jésus a pourvu au-delà de ce qui était nécessaire.

 

Lire Marc 8.11-13 (argumentation avec les pharisiens)

  • Les pharisiens sont de nouveau au rendez-vous. Ils sont curieux bien sûr. Mais Marc nous laisse entrevoir que leur motivation était beaucoup plus que de la curiosité. Quand la LSG nous traduit le texte en disant que les pharisiens sont venus discuter avec Jésus, nous devons comprendre qu’ils sont venus discuter avec Jésus dans le but de lui “chauffer les oreilles.” D’autres versions nous laissent entendre l’idée d’argumenter, d’une dispute, ou d’un affront.
  • Les pharisiens lui demandent un signe. Ils avaient pourtant été témoins de plusieurs des miracles de Jésus. C’est la motivation du coeur qui fait toute la différence dans ce cas. C’est un peu comme quelqu’un qui est sceptique et qui dit, “prouve-moi-le.” Même un signe plausible dans la plupart des cas ne parviendra pas à changer l’opinion de l’individu. Au contraire, le signe sera utilisé comme témoin contre Jésus. L’intention des pharisiens n’est pas transparente. Et ce serait une mauvaise interprétation du texte de conclure que Jésus refusa de leur témoigner de sa grâce quand leur désir de croire aurait été évident. Il n’y a rien de bienveillant et de sincère dans la manière que les pharisiens lui demandent un signe. Ils n’étaient pas descendus de Jérusalem pour obtenir des réponses, ils étaient venus pour faire taire Jésus.
  • Jésus soupir et refuse de leur donner un signe. Le soupir n’est pas juste pour la situation présente. Jésus savait déjà qu’il paraîtrait prochainement devant les mêmes hommes comme un accusé subissant la peine de mort.

 

Lire Marc 8.14-21 (le levain des pharisiens et d’Hérode)

  • Que les intentions des pharisiens fussent mauvaises envers Jésus devient encore plus clair lorsque nous entendons Jésus mettre ses disciples en garde contre eux. Il n’y a pas de question. Jésus et les pharisiens sont bien installés dans leurs tranchées respectives. Selon Jésus, les pharisiens et Hérode ajoutent à la Parole de Dieu. Jésus les avait déjà accusés de rendre sans puissance la loi de Dieu par leurs notes éditoriales humaines. Il les accuse même de faire de telles choses dans le but de satisfaire leurs propres intérêts et non ceux de Dieu envers son peuple.
  • La mention d’Hérode est intéressante lorsque nous considérons le fait que Matthieu fait référence aux sadducéens à la place. (Matt 16.6-12) Ce que les sadducéens avaient en commun avec Hérode était la confiance que tous les problèmes en Israël pouvaient être réglés par le pouvoir du gouvernement (c.-à-d. la politique). Les sadducéens étaient la manifestation politique d’une ferveur religieuse pour le respect de la loi de Dieu en Israël. L’histoire nous rapporte qu’Hérode était un génie de la manipulation politique trouvant le moyen de faire plaisir autant à Rome qu’aux juifs. (Voir Luc 23.12 et son contexte)
  • Jésus attire l’attention des disciples sur les deux miracles du pain et des poissons. Les chiffres ont une signification particulière qui vise à faire comprendre aux disciples que Jésus n’a pas fait ses miracles simplement pour répondre à un besoin pratique, mais pour enseigner une vérité fondamentale. En bref, Jésus est Dieu. Mais cette connaissance, les disciples doivent l’acquérir par la foi. C’est ici où Jésus démontre un sang froid stupéfiant! Il vient d’être remis en question par les pharisiens, les chefs religieux honorés par tous. Et ses propres disciples ne reconnaissent pas qu’il est l’envoyé de Dieu. Il vient de faire un miracle qui est parfumé de signification théologique et ses disciples ne comprennent toujours pas. MAIS, Jésus ne leur donne pas la réponse! Il leur pose une question. Jésus veut susciter leur foi en reconnaissant que la foi est un don de Dieu. Jésus n’est pas là pour faire sa volonté, mais pour faire la volonté de Dieu le Père. Et la volonté de Dieu chez les hommes se manifeste par la foi dans les hommes.
  • Que représente le levain des pharisiens? Dit simplement, le levain représente ce que nous sommes tentés d’ajouter à la loi de Dieu pour que cela fasse notre affaire. Les pharisiens, en voulant “améliorer” la loi de Dieu à leur goût, y ont ajouté des éléments qui faisaient l’affaire de leur théologie pour justifier leurs convoitises. L’ajout du levain est le résultat de notre refus de dépendre de Dieu par la foi. C’est une façon de voir la vie sans dépendre de Dieu.

 

Lire Marc 8.22-26 (la guérison d’un aveugle et pas à peu près)

  • Ils arrivent à Bethsaïda qui n’est pas loin de Capernaüm.
  • Un aveugle est amené devant eux. Le texte ne nous dit pas si l’aveugle l’avait demandé ou si ce sont ses amis qui l’amenèrent.
  • Jésus touche l’aveugle d’une manière qu’il peut comprendre. Certains voient dans les gestes de Jésus, une manière de communiquer avec l’aveugle. Jésus veut que l’aveugle comprenne qui il est et ce qu’il peut faire. Dans ce sens, l’aveugle serait invité à répondre à Jésus par la foi. Puisqu’ils se tiennent seuls à l’écart, Marc ne nous rapporte pas ce que Jésus a dit.
  • Une guérison partielle la première fois, puis vient la question de Jésus, et finalement une guérison complète. Pourquoi? Le contexte de ce passage nous laisse poursuivre deux lignes d’idées. La première est celle de l’implication de la foi de l’aveugle et de ces amis. La foi est une réponse à l’offre de guérison de Jésus. Il y a dans cette illustration un bagage théologique important. Oui, même si ça prend la foi pour se confier en Dieu pour notre salut, il reste que la foi est une réponse à la grâce de Dieu.
  • La deuxième ligne d’idées concerne les disciples qui croient eux, mais pas parfaitement. L’aveugle illustre merveilleusement leur état. Ils voient que Jésus n’est pas juste un simple homme, mais ils ne comprennent pas clairement de qui il s’agit. Et ce n’est qu’après sa mort et sa résurrection, qu’après avoir fixé en quelque sorte leurs regards sur sa vie et sa personne qu’ils déclareront avec Pierre, “tu es le Méssie, le Christ!”
  • Pourquoi est-ce que Jésus défend à l’aveugle de parler du miracle dans son village? Une réponse qui semble avoir beaucoup de sens est encore une fois liée avec l’idée d’avoir la foi qui vient de Dieu. Jésus désirait que les gens le suivent pour les bonnes raisons. (Voir Jean 6.2 et 6.26) Sa mission était de révéler Dieu et de présenter le royaume de Dieu. De plus, son royaume n’était pas un royaume terrestre, mais un royaume spirituel, une chose que les juifs et bon nombre de chrétiens même ne semblent pas toujours comprendre aujourd’hui.

 

Lire Marc 8.27-29 (Qui dites-vous que je suis?)

  • Ils partent de Bethsaïda pour Césarée Phillipe dans le nord prêt de la frontière avec la Syrie et le Liban. Ils sont sur les bords du territoire d’Israël.
  • Jésus pose la question aux disciples. Qu’est-ce que les gens disent sur moi? Qui suis-je? Les disciples sortent les réponses. Et on voit qu’ils ne sont pas sûrs eux-mêmes.
  • Jésus pousse la question. “Qui dites-vous que je suis?” Toute confiance sur le statut de disciple est remise en question. Jésus vient d’effacer la ligne de distinction entre le “nous” et “eux”. C’est ironique n’est-ce pas? Ceux qui passent le plus de temps avec Jésus ne semblent pas vraiment le connaître quand plusieurs de ceux qui ont été guéris par Jésus l’ont reconnu.
  • Pierre tue le silence et expose Jésus. “Tu es le Christ!” Oui, tu es celui qui est envoyé par Dieu pour nous délivrer de nos péchés, pour restaurer notre relation brisée, pour nous refaire à son image. Tu es celui qui assure notre destinée éternelle et celui qui est à la tête d’un royaume qui n’aura jamais de fin. Tu es le Roi par excellence de tous les rois de la terre.

 

Conclusion

“Qui dites-vous que je suis?” C’est une question que chaque personne doit se poser sur l’identité de Jésus. Puisque la Bible le proclame et que le peuple de Dieu l’affirme, il est évident que toute personne qui entend ces choses doit se faire une idée sur la personne de Jésus. Qui est ce Jésus pour toi?

Et si tu affirmes croire en lui, qu’est-ce que ça change dans ta vie? Quel effet cette conviction a-t-elle au niveau de ta persévérance à vivre par la foi dans ce monde?

Comment cette conviction nous aide-t-elle comme église à persévérer en vue de la mission qui nous a été confiée par Dieu?

Dernièrement, mon attention à été portée sur une prière de l’apôtre Paul dans Colossiens 4.2-4.

Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. Priez en même temps pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte que je puisse annoncer le mystère de Christ, pour lequel je suis dans les chaînes, et le faire connaître comme je dois en parler. (Colossiens 4.2-4)

Là où Dieu me parle en ce moment, est au niveau de mon témoignage de Jésus. Si je crois vraiment que Jésus est le Méssie, le Christ, alors qu’en est-il de mon témoignage? Est-ce que je peux prendre le temps, aujourd’hui et régulièrement, de prier comme Paul (qui se trouve en prison pour avoir témoigné en passant)?

Seigneur, ouvre-moi une porte pour l’Évangile! Et si la porte est ouverte, permets que je puisse annoncer le mystère de Christ comme tu le veux! Amen.

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