Se nourrir de la Parole de Dieu?


C’est une question qui me vint à l’esprit dernièrement lors de la préparation pour un enseignement. Le texte à l’étude présentait plusieurs défis de taille. Je ressentais le besoin de faire autre chose. Dieu soit loué, j’ai néanmoins eu le réflexe de prier et de demander que le Saint-Esprit vienne à mon secours. C’est ce qui s’est produit. Du moins, le désire et la motivation revinrent. Je ne peux pas commenter sur la qualité de la prédication le dimanche matin, ni sur la justesse de mon interprétation du passage. Mais, reste-t-il que j’ai ressenti la présence de Dieu pendant que je lisais et relisais sa Parole.

Cette expérience me rappela la disposition si nécessaire que nous devons avoir lorsque nous approchons la Bible. Dimanche matin, j’ai utilisé comme illustration quatre images différentes pour représenter des façons que nous puissions aborder l’étude ou même la lecture de la Parole de Dieu.

La première est celle du scientifique. C’est l’équivalent de l’inspecteur alimentaire. Son but n’est pas nécessairement de savourer le goût, mais de s’assurer de la qualité et de prendre des mesures. C’est scientifique, et des fois un peu à l’extrême. Il est évident qu’une étude approfondie de la Parole de Dieu est nécessaire, si ce n’est que pour comprendre le contexte de chaque passage.

Nous vivons, après tout, dans une culture et un temps différents de celui dans lequel la Bible fut rédigée. Mais je me demande si parfois nous n’allons pas un peu trop loin dans nos recherches. Je me demande même si les différents « rédacteurs » inspirés par l’Esprit de Dieu seraient un peu confus de voir avec quelle précision nous pesons chaque mot, chaque lettre pour analyser le sens de chaque récit. L’adage de perdre de vue la forêt pour contempler les arbres semble approprier dans ce cas. Et même si nous ne pouvons pas nous passer d’études exégétiques, herméneutiques, théologiques (etc.) nous devons quand même prêter attention au fait qu’en bout de ligne, le Saint-Esprit prend au sérieux sa charge de guider le peuple de Dieu dans la compréhension de la Parole de Dieu.

Une deuxième façon pourrait se résumer par un sentiment d’obligation qui nous motive à persister à lire la Bible, mais seulement parce que nous avons pris un engagement au préalable. C’est un peu comme les moments où nous sommes plantés devant une assiette fade que nous devons manger parce que c’est la bonne chose à faire. Il est évident que le cuisinier y en est pour beaucoup dans la présentation. Et pour ce qui est de la Bible elle-même, plus qu’une maison d’édition essaie tant bien que mal de nous présenter le récit biblique accompagné d’aides visuels. Mais, comme je l’ai entendu récemment, passer au travers du livre de Nombres et de Lévitiques devient une corvée tellement corsée que même la présence d’aides visuelles ne suffit pas pour alléger la souffrance du lecteur. Combien d’entre nous ont fait naufrage avant de compléter les cinq livres de Moïse? Et pourtant, ce n’étaient pas les bonnes intentions qui manquaient n’est-ce pas? Mais nous persistons parce que nous croyons que c’est une activité souhaitable qui nous fait du bien, même si nous questionnons la présence de résultats visibles dans nos vies. Disons que c’est un peu comme l’exercice physique sporadique. On le fait pour alléger notre conscience et non parce que nous aimons le faire de façon régulière.

Une troisième façon d’aborder la lecture de la Bible est plutôt une conséquence de ce qui arrive lorsque nous ne sommes pas très bien disposés à entendre ce que Dieu a à nous dire au travers de sa Parole. Nous sommes là pour être de la partie, mais nous ne sommes pas engagés au jeu. Nous lisons par devoir, par habitude. Nous avons un échéancier à suivre, un but à accomplir. Nous le faisons, parce que c’est ça que nous devons faire. Et pendant que nous le faisons, nous nous laissons facilement distraire par la moindre chose qui pique notre curiosité. Des choses que nous n’aurions jamais le temps de voir ou de consulter à d’autres moments a subitement de la place dans notre horaire si chargé. Nous ouvrons la Bible pour prendre une sieste, pour nous asseoir, pour réfléchir, pour faire n’importe quoi sauf prendre au sérieux ce qui est devant nous. La preuve? Est-ce que tu te souviens de ce que tu as lu la dernière fois que tu as ouvert ta Bible? Que de distractions!

Que faire alors? Est-ce que ça en vaut réellement la peine? Peut-être que c’est juste un livre après tout, un bouquin spécial, mais qui est réservé pour ceux qui savent bien lire et bien penser. Peut-être que c’est une activité réservée pour ceux qui ont une discipline facile. Ou peut-être que c’est simplement quelque chose qui faut endurer jusqu’au jour où Dieu lui-même accomplit une transformation magique de notre coeur?

Je n’ai pas de solution magique à offrir. Mais j’aimerai vous partager une perspective qui me semble juste et bien réelle. Beaucoup de ce que nous aimons faire dans la vie est conditionné par ce à quoi nous sommes naturellement habileté à faire. Mais notre habilité joue beaucoup en fonction de notre intérêt pour une activité. Un joueur de basketball va pratiquer des heures et des heures parce qu’il est convaincu qu’il est habile à lancer un ballon dans un panier. Il a un intérêt personnel en jeu. Et il me semble que le même principe s’applique à pas mal à toutes nos activités. Je prends certaines habitudes parce qu’au fond, je suis intrigué, curieux. Je veux aller plus loin. Je veux voir ce qui existe de l’autre côté.

Certainement, il y a de la discipline. Mais j’aimerai ajouter qu’il existe aussi la présence de ce que nous anticipons trouver. Qu’est-ce qui pousse un individu à escalader le mont Everest? Ou à sauter en parachute d’un avion? J’ose croire que ce n’est pas juste des sensations fortes. J’ose croire qu’en bout de ligne nous sommes anticipons trouver quelque chose que nous recherchons. Nous sommes par nature, je crois, des êtres curieux qui sont constamment à la recherche de sens, de découvertes.

Alors pourquoi pas la Parole de Dieu? Je me pose la question. Si j’anticipais rencontrer Dieu au travers de la lecture de sa Parole? Peut-être même lui donner un accès privilégié pour restaurer ce qui cloche dans mon être intérieur?

Intriguant non? Ce que je propose est que notre appréciation de la Parole de Dieu augmente ou diminue en fonction de notre anticipation à rencontrer son auteur. Le passage de Jérémie 29.13 me revient à l’esprit, Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur.

L’anticipation joue un rôle important. Rares sont les occasions où l’on trouve quelque chose tout bêtement sans être disposé à chercher. Et je propose qu’il en soit de même pour la Parole de Dieu. Celui qui cherche Dieu, Dieu se laissera trouvé par lui.

7Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. 8Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. (Matt 7.7-8)

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