Quand ma suffisance ne suffit plus


Notes de prédications pour dimanche 10 juillet 2011 (série Marc)

Avez-vous déjà fait l’expérience de rencontrer un obstacle si grand que vous réalisez que vous ne pouviez pas continuer par vous même?  Avez-vous déjà rencontré une situation si complexe que vous ne saviez pas comment vous alliez vous en sortir et vous commencez à douter de votre capacité de vous en sortir?

Une bonne partie de notre jeunesse est consacrée à la découverte de notre autonomie, le temps de notre vie où nous apprenons à découvrir nos capacités pour subvenir à nos propres besoins. Le plus que l’on vieillit par contre, le plus que l’on apprend à améliorer nos capacités tout en apprenant à dépendre de ceux qui nous entourent. Nous avons été créés pour subvenir à nos besoins et aux besoins des autres. Et dans la majorité de nos circonstances de vies, nous faisons preuve d’une bonne suffisance. Et c’est souvent avec fierté que nous répondons à l’appel de quelqu’un qui est dans le besoin pour lui rendre service.

Il est intéressant alors de considérer la situation les disciples de Jésus dans Marc 9.14-29 devant un « appel à l’aide » qui de toute évidence dépasse leurs capacités. Il y a une leçon importante pour nous dans ces quelques versets. L’oeuvre de Dieu dépend de la volonté et de la puissance de Dieu. Il est donc possible que Dieu nous appel à oeuvrer e son nom dans une situation qu’il sait d’avance est au-delà de nos capacités. Et la question qui nous intéresse est de savoir si nous aurons le réflexe de mettre notre auto-suffisance de côté pour lui admettre notre dépendance et faire appel à sa puissance.

Lire Marc 9.1-29

Le récit en question concerne une situation qui survient chez plusieurs des disciples qui sont restés dans la vallée pendant que Jésus monte sur une autre montagne avec trois d’entre eux (Pierre, Jacques, et Jean). Pendant que Jésus et les trois disciples font l’expérience d’être à l’écart pour prier, les autres disciples font la connaissance d’un homme qui prétend que son garçon est possédé d’un esprit impur. Les disciples prennent l’initiative de chasser l’esprit impur avec l’autorité que Jésus leur avait accordé auparavant. Cette activité était un des signes que le Royaume de Dieu était en train de se réaliser. (voir Marc 6.7-13)

Sauf que voilà. Les disciples sont incapables de chasser l’esprit en question. Une discussion s’en suit. Les scribes s’en mêlent. On peut imaginer la scène et le soulagement chez les disciples lorsque Jésus apparaît. Jésus met l’accent sur le manque de foi de tous. L’esprit impur agite l’enfant quand il arrive dans la présence de Jésus. Jésus a une entrevue assez brève avec le père du garçon à l’écart, puis il chasse l’esprit impur de l’enfant sans contestation de la part de l’esprit.

Ce récit contient deux conversations qui nous intéressent. La première concerne l’entretien entre le père du garçon et Jésus. Tandis que la deuxième concerne l’entretien entre Jésus et ses disciples après l’évènement. Et je propose qu’au centre des deux discussions, Marc vous nous transmettre deux leçons importantes sur comment nous sommes appelés à dépendre de Dieu.

Croyance ou confiance?

 20Et aussitôt que l’enfant vit Jésus, l’esprit l’agita avec violence; il tomba par terre, et se roulait en écumant. 21Jésus demanda au père : Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive? Depuis son enfance, répondit-il. 22Et souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous. 23Jésus lui dit : Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit. 24Aussitôt le père de l’enfant s’écria : Je crois! viens au secours de mon incrédulité! 25Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit : Esprit muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et n’y rentre plus. 26Et il sortit, en poussant des cris, et en l’agitant avec une grande violence. L’enfant devint comme mort, de sorte que plusieurs disaient qu’il était mort. 27Mais Jésus, l’ayant pris par la main, le fit lever. Et il se tint debout. (Marc 9.20-27)

Avez-vous remarqué les questions que Jésus pose au père de l’enfant? Le but de ce récit n’est pas de nous montrer comment faire de l’exorcisme. Ce n’est pas le point principal du récit en tout cas. Ce qui concerne Jésus est la même chose qui le concerne dans tous ses entretiens avec ceux qui recherchent la délivrance. Et nous constatons au tout début de ce récit en particulier que Jésus nous laisse entendre une certaine exaspération venant de sa part à ce sujet. « Race incrédule! » Traduction : Gang d’infidèles et de sceptiques!

Il faut se poser la question. Est-ce que le souci principal de Jésus est la délivrance du jeune garçon ou la manifestation du Royaume de Dieu pour amener la délivrance aux captifs? Certes, la délivrance spirituelle de l’enfant en fait partie, mais quelque chose de plus grand est à l’oeuvre ici. Un démon n’est rien pour celui qui répond à l’appel de Dieu. Ce qui importe est sa confiance dans la personne et l’oeuvre de Jésus-Christ. Comme dans bien d’autres cas, Jésus est soucieux de voir s’il existe chez l’individu un brin de confiance dans le pouvoir de Dieu.

Et lorsque le père de l’enfant est confronté à cette réalité, il fait preuve d’une transparence sans réserve. Il croit, mais il reconnaît que sa foi n’est pas suffisante. La foi n’est pas un pouvoir magique ou surnaturel en soi. Elle est la manifestation d’une dépendance sur la personne de Jésus. Elle est un don qui vient de Dieu, quelque chose que Dieu accorde à ceux qu’il appelle. Et c’est sur cette base que Jésus accomplit le miracle. Il parle et l’esprit impur s’enfuit. Jésus vient compléter ce qui manquait à la foi du père de l’enfant.

Suffisance ou croyance?

Il n’est pas surprenant alors de voir les disciples questionner Jésus sur cette situation par la suite. Eux qui avaient pourtant eu du succès avec d’autres esprits impurs furent ébranlés de voir qu’ils étaient incapables de faire sortir celui-ci.

Nous ne connaissons pas si ce qui s’est produit pendant l’échange entre les disciples et l’enfant avant l’arrivée de Jésus. Marc ne nous le dit pas. Mais on peut s’imagine qu’ils essayèrent de faire tout ce qu’ils savaient faire.

Quand les disciples questionnent Jésus, il leur donne un conseil qui nous révèle comment Dieu travaille et comment il nous invite à participer dans son oeuvre.

28Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier : Pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit? 29Il leur dit : Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière.

Qu’est-ce que Jésus est en train d’enseigner aux disciples? Est-ce que la prière contient un pouvoir particulier? Pour comprendre ce que Jésus signifie par la puissance de la prière, nous devons garder le contexte en vue. Le récit commence par la remarque de Jésus au niveau du manque de foi de la part de son audience. La prière n’est qu’un moyen d’avoir accès à la puissance de Dieu. Elle n’est qu’un outil qui nous met en contact avec la source de la puissance qui en fait la force. Cette puissance est le produit du caractère de Dieu lui-même. Il est juste, bon, puissant, connaît tout, etc.. La prière prend donc les caractéristiques de celui qui répond à la requête.

C’est donc ce qui est sous-entendu dans la réponse de Jésus qui devrait attirer notre attention. Quand Jésus affirme que cette sorte d’esprit ne peut être chassé que par la prière, il est en train d’affirmer que seul Dieu peut chasser un tel esprit. L’autorité sur les esprits impurs vient directement du Trône de Dieu. Dieu fait le travail. Il n’engage pas des sous-traiteurs pour accomplir son oeuvre. Mais il nous appelle à participer dans son oeuvre en puisant notre force dans sa puissance et en cultivant une relation de travail avec le Dieu vivant. La raison pourquoi les disciples n’étaient pas capables de chasser l’esprit impur est vraisemblablement parce qu’ils se sont basés sur leur suffisance à faire l’oeuvre auquel Dieu les avait appelés.

Il est donc important pour nous de saisir l’importance de répondre à l’appel de Dieu en s’appuyant sur sa force et son autorité.

Conclusion

Participer au Royaume de Dieu me coûte mon auto-suffisance. Dieu est suffisant en toutes choses. Pourquoi ne pas lui faire confiance? L’application personnelle de ce passage des Saintes-Écritures est autant au travers de la perspective du père de l’enfant que de la perspective des disciples. Je m’identifie avec le père de l’enfant lorsque Dieu m’appelle à lui faire confiance devant une situation qui dépasse mes capacités. Ma responsabilité est de placer ma confiance en l’Éternel et de lui faire confiance pour ce que je n’ai pas la force de croire en moi-même. Dieu pourvoira lui-même à mon incrédulité si je suis prêt à lui remettre même mon incrédulité.

La perspective des disciples nous enseigne que l’appel de Dieu à faire son oeuvre dépasse parfois ce que nous sommes confiants de pouvoir accomplir. Et si nous sommes vraiment honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes, nous devons nous rendre à l’évidence que l‘oeuvre de Dieu dans nos vies dépasse toujours ce que nous sommes capables de faire par nous-mêmes. Les paroles de Jésus dans l’évangile de Jean sont toujours applicables par le fait même qu’elles sont si catégoriques.

5Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. (Jean 15.5)

Application personnelle

  • Quand je prie…est-ce que je cherche d’abord la perspective de Dieu?
  • Quand je peux témoigner de ma foi…est-ce la grâce de Dieu que je désire avant tout mettre de l’avant?
  • Quand je dois prendre une décision…suis-je motivé avant tout par le désir de mieux connaître Dieu?
  • Quand je vis une épreuve…suis-je d’abord à la recherche de la solution ou du Seigneur?

6Reconnais-le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers. (Prov 3.6)

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