Quand mon chemin n’est pas le mien


Notes d’enseignement pour le dimanche 28 août 2011.

Lire Marc 10.32-52

Trois sections

  • Jésus prédit sa mort pour une troisième fois – prédiction (Marc 10.32-34)
  • La requête de Jacques et Jean – proposition (Marc 10.35-45)
  • La guérison de Bartimée – pétition (Marc 10.46-52)

La prédiction de Jésus (Marc 10.32-34)

Jésus monte à Jérusalem avec l’intention d’y accomplir son destin. Marc nous donne des détails qui précisent la démarche de Jésus et la réaction de ses disciples qui observent sa démarche.

32Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte.

Le terme “Jésus allait devant eux” est particulier, car il implique que Jésus serait allé devant eux comme par habitude. Il sait où il va. Il sait ce qui l’attend.

Nous nous souvenons des paroles du prophète Ésaïe 700 ans auparavant:

4Le Seigneur, l’Éternel, m’a donné une langue exercée, Pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu; Il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, Pour que j’écoute comme écoutent des disciples. 5Le Seigneur, l’Éternel, m’a ouvert l’oreille, Et je n’ai point résisté, Je ne me suis point retiré en arrière. 6J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, Et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe; Je n’ai pas dérobé mon visage Aux ignominies et aux crachats. 7Mais le Seigneur, l’Éternel, m’a secouru; C’est pourquoi je n’ai point été déshonoré, C’est pourquoi j’ai rendu mon visage semblable à un caillou, Sachant que je ne serais point confondu. 8Celui qui me justifie est proche: Qui disputera contre moi? Comparaissons ensemble! Qui est mon adversaire? Qu’il s’avance vers moi! 9Voici, le Seigneur, l’Éternel, me secourra: Qui me condamnera? Voici, ils tomberont tous en lambeaux comme un vêtement, La teigne les dévorera.
(És 50.4-9)

La démarche de Jésus démontre aussi une concentration intense. Ses  disciples constatent que quelque chose de grand et de terrible se prépare. Jésus les prend à l’écart et leur dit:

33Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, 34qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir; et, trois jours après, il ressuscitera.

Non seulement Jésus envisage sa mort, mais aussi sa résurrection. Nous entendons les échos du Psaume 22 :

7Et moi, je suis un ver et non un homme, L’opprobre des hommes et le méprisé du peuple. 8Tous ceux qui me voient se moquent de moi, Ils ouvrent la bouche, secouent la tête: 9Recommande-toi à l’Éternel! L’Éternel le sauvera, Il le délivrera, puisqu’il l’aime! (Ps 22.7-9)

Jésus est maître de son destin. Mais son destin n’est pas ce que les disciples avaient en tête pour l’établissement du Royaume de Dieu. Comment un homme si compétent et si bon pourrait-il échouer en étant méprisé, battu, et tué? Nous pouvons saisir l’effroi chez les disciples qui sentent leur idéal du Royaume de Dieu menacé.

Application

Suivre Jésus implique de lui faire confiance même quand le chemin continue vers une tempête terrible. Savons-nous lui faire confiance quand la direction à suivre risque de nous coûter? Quand suivre Jésus ne nous apporte rien, mais nous coûte encore plus?

Suivre Jésus n’est pas toujours la route idéale, mais c’est quand même la bonne route à suivre.

La proposition de Jacques et Jean (Marc 10.35-45)

Ce qui suit peut paraître étrange considérant ce qu’il se passe. Deux des disciples, Jacques et Jean, s’approchent de Jésus pour lui demander de leur accorder une requête. En fait, c’est une proposition. Il est donc utile de faire appel au récit de Matthieu qui nous mentionne ce que Jésus aurait enseigné auparavant en réponse à la remarque que les disciples auraient tout quitté pour suivre le Maître.

28Jésus leur répondit: Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l’homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d’Israël. (Matt 19.28)

Il est difficile de complètement saisir la pensée des disciples dans une telle situation. Mais nous pouvons comprendre leur inquiétude au niveau de la succession du Royaume de Dieu dans l’absence du Seigneur Jésus. Il semble que les disciples avaient en vu un royaume terrestre au lieu d’un royaume spirituel tel qu’enseigné par Jésus.

En fait, les disciples semblent avoir prêté peu d’attention aux derniers mots de Jésus, “et, trois jours après, il ressuscitera.” (Marc 10.34)

Jésus leur demande quand même ce qu’ils veulent. Il est une démonstration de ce qu’il enseigne. Jésus n’est pas venu pour dominer, mais pour servir. C’est au travers de son service qu’il parvient à glorifier Dieu. Jésus est le type du serviteur souffrant.

36Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous? 37Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. 38Jésus leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? Nous le pouvons, dirent-ils.  39Et Jésus leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; 40mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé. 41Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean. (Marc 10.36-41)

Le Seigneur pose deux questions. Et puisque nous soupçonnons qu’il connaît déjà la réponse, nous devons aussi conclure que les réponses des disciples servent comme une profession de foi qui amène Jésus à formuler son affirmation au verset 39.

Jacques et Jean croient que Jésus sera glorifié et qu’il règnera. Ils croient aussi qu’ils règneront avec lui. Jésus ne renie rien de ce que les disciples affirment. Il ne les reprend pas non plus, sauf pour affirmer que la position de gloire n’est pas une chose que lui-même peut accorder. Jésus est lui-même soumis à la volonté du Père céleste.

En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. (Jean 5.19)

L’échange qu’il vient d’avoir en privé avec Jacques et Jean devient la motivation pour une leçon que Jésus partage avec tous ceux qui peuvent l’entendre.

42Jésus les appela, et leur dit: Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. 43Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; 44et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. 45Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.
(Marc 10.42-45)

Application

Notre participation au Royaume de Dieu ne peut pas être mesurée selon les mêmes principes que nous utilisons pour juger du succès terrestre. L’accomplissement de mes buts personnels et la possibilité d’avoir un statut meilleur que mon prochain sont contraires à la dynamique du Royaume de Dieu. Suivre Jésus pour participer dans son royaume est une invitation à considérer les besoins des autres comme étant plus importants que ma propre ambition. Pour être grand dans le Royaume de Dieu, je dois prendre le temps de considérer sérieusement comment Dieu m’appelle à servir les autres dans le but qu’ils glorifient Dieu.

16Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes oeuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. (Matthieu 5.16)

La pétition d’un aveugle (Marc 10.46-52)

Jésus, les disciples, et la foule de ceux qui montent à Jérusalem pour la Pâques passent par Jéricho. Ils sont à environ 20 km à l’est de la ville de Jérusalem. Le voyage tire vers sa fin. Il ne reste que quelques jours avant la Pâques qui deviendra le dénouement du ministère et de l’appel du Seigneur sur terre.

46Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. 47Il entendit que c’était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, Jésus aie pitié de moi! 48Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi! 49Jésus s’arrêta, et dit: Appelez-le. Ils appelèrent l’aveugle, en lui disant: Prends courage, lève-toi, il t’appelle. 50L’aveugle jeta son manteau, et, se levant d’un bond, vint vers Jésus. 51Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l’aveugle, que je recouvre la vue. 52Et Jésus lui dit: Va, ta foi t’a sauvé. 53Aussitôt il recouvra la vue, et suivit Jésus dans le chemin. (Marc 10.46-52)

Notre Seigneur nous montre une fois de plus l’appel qui caractérise son ministère. Jésus est venu pour servir selon la volonté de son Père céleste.

Bartimée, un aveugle parmi tant d’autres condamnés à mendier sur le bord du chemin, entend la présence du Maître. Remarquez le titre qu’il attribue à Jésus. “Fils de David” a une connotation royale, et dans ce contexte, nous pourrions affirmer qu’il s’agit d’une reconnaissance messianique. L’ironie est qu’un aveugle reconnaît en Jésus ce que beaucoup d’autres ne voient pas.

Remarquez maintenant l’approche de Jésus. Que fait-il? Il pose une question à Bartimée. “Que veux-tu que je te fasse?” Sur quoi, Bartimée utilise une expression que l’on retrouve seulement une autre fois dans les Évangiles, car plus tard, les mêmes paroles seront prononcées par Marie de Magdala dans le jardin du tombeau lorsqu’elle reconnaît son maître: Rabbouni! (Jean 20.16)

Pour Bartimée, Jésus était plus qu’un personnage populaire. Non seulement était-il de la lignée de David, et non seulement était-il un enseignant, mais il était capable de le guérir. Bartimée ne demande ni argent, ni faveurs. Il demande simplement que Jésus restaure ce qu’il avait perdu. Nous ne connaissons pas les circonstances du pauvre mendiant, mais nous savons qu’il n’avait pas toujours été aveugle.

Aussitôt, Jésus affirme que la foi de Bartimée l’a sauvé. Encore une fois, la traduction ne nous laisse pas complètement apprécier la richesse de ce que Jésus affirme. Le verbe sauvé est une traduction du mot grec “sozo” qui veut dire “rendre complet, bien.” Le terme implique l’idée d’une restauration où toutes les parties qui devraient être en place sont à leurs places. De plus, le mode parfait indique une action complète aussi. Nous devrions donc comprendre le verset de la manière suivante : ta foi t’a complètement rétablie.

Bartimée recouvre la vue et suit Jésus. Quelle autre réaction plus appropriée que celle-ci Bartimée aurait-il pu avoir? Pourtant, le maître ne l’avait pas demandé de le suivre. Il lui suggère même de poursuivre son chemin. (v.52) Ce qui est si beau chez Bartimée est sa réalisation que son chemin était le même que celui de Jésus. Bartimée bénéficie de l’oeuvre miraculeuse du Seigneur, mais ce qu’il semble apprécier encore plus, c’est la présence du Seigneur. Il part à la suite de son Maître.

Application

La prière est le moyen par excellence au travers duquel nous pétitionnons Dieu. Nous lui adressons nos requêtes pour toutes sortes de choses. Et il nous arrive parfois d’être comme Bartimée : nous avons besoin d’un miracle dans nos vies. Mais comment abordons-nous le Seigneur? Que lui adressons-nous comme requêtes? Et que faisons-nous après avoir été exaucés? Bartimée est un exemple autant de foi que de sincérité. Et nous ferions bien d’imiter son exemple.

 Conclusion

Suivre Jésus n’implique pas toujours une voie qui est facile à suivre. Suivre Jésus dérange nos plans, notre horaire, voire même notre routine si confortable. Suivre Jésus implique parfois que la route à suivre n’est pas celle que nous aurions choisie. Mais il reste que la route que prend le maître est la bonne route, non pas parce qu’elle est belle ou laide, dure ou facile, confortable ou pas, ni même populaire ou déserte. C’est la bonne route à suivre parce que c’est celle que Jésus prend devant nous.

Nous ne sommes pas si différents des disciples si nous suivons Jésus-Christ pour ce qu’il apporte ou pour ce qu’il peut ajouter à nos vies. L’Évangile est un appel à suivre Jésus pour Jésus lui-même. Comme Bartimée, nous reconnaissons en Jésus notre plus grand bien même si nous sommes venus à lui avec d’autres motivations.

Lorsque nous prions, nous voulons que Jésus soit élevé. Lorsque nous servons les autres, nous voulons qu’ils rendent grâce à Dieu. Et lorsque nous apprenons à aimer les autres, c’est au travers de Jésus que nous leur faisons du bien. Nous faisons donc bien de prendre à coeur les paroles de l’apôtre Pierre, “afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus-Christ, à qui appartiennent la gloire et la puissance, aux siècles des siècles. Amen!” (1Pierre 4.11b)

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