L’importance du Royaume des Cieux pt2


Notes d’enseignements pour le dimanche 3 février 2013.

Je parlais avec un de mes amis dernièrement, et il me faisait la remarque que ce n’est pas toujours évident de savoir où se trouve la limite de ce qui est bien en présence de ceux qui ne partagent pas les mêmes convictions. Mais quand on considère ce que la Bible enseigne concernant le Royaume de Dieu, on réalise que la tension que ressent le Chrétien en vivant dans le monde est une chose à laquelle on doit s’attendre.

Si nous suivons attentivement le développement de l’histoire rédemptrice à partir de l’Ancien Testament, nous faisons connaissance avec le fait que la révélation de Dieu en Jésus-Christ ne doit pas être dissociée de son Royaume. Israël est une image du Royaume de Dieu, comme l’Église est appelée à représenter certains aspects du Royaume de Dieu. Mais ni Israël ni l’Église ne sont le Royaume de Dieu. Jésus ne vient donc pas à nous dans un contexte stérile. Jésus est aussi le Roi d’un Royaume qui n’est pas de ce monde. Il a quitté quelque chose pour venir à nous afin que nous puissions aussi recevoir quelque chose au travers de sa venue tant attendue.

5Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, 6lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme,  8il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. 

Une évidence que Jésus-Christ a quitté quelque chose se voit dans le fait que Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné un titre royal qui fait de lui le Seigneur qui glorifie Dieu le Père.

9C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, 10afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, 11et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Phil 2.5-11)

Saisir l’importance et la pertinence du Royaume de Dieu influence énormément notre lecture du Sermon sur la Montagne à partir de Matthieu 5. Ce fut le message principal émanant du ministère de Jésus-Christ et c’est encore un message d’une grande utilité pour nous aujourd’hui.

Matthieu 4.23 nous dit que « Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. »

Avez-vous saisi l’association que Matthieu fait entre la Bonne Nouvelle (l’Évangile) et le Royaume de Dieu? Les deux vont ensemble. Nous ne pouvons pas les séparer. Dans ce sens, on peut voir qu’une réponse à l’Évangile est aussi une invitation à participer au Royaume de Dieu. Mon but ce matin est donc de nous convaincre, de nous rappeler, d’insister sur le fait que nous ne sommes pas seulement appelés à confesser des vérités sur Dieu et la nature du péché. L’invitation de la croix est aussi un appel à faire partie d’un royaume qui n’est pas de ce monde mais qui donne au monde une saveur du règne de Dieu et de quoi pourrait avoir l’air une vie de créature qui est réconciliée avec le Créateur.

Le Sermon sur la Montagne : une perspective

Certains courants de pensée, incluant ceux de plusieurs évangéliques, voient dans la prédication du Royaume de Dieu quelque chose qui était destiné seulement aux croyants juifs. Ils considèrent que Dieu s’est révélé a divers groupes de différentes manières à travers l’histoire. Pour d’autres, le Sermon sur la Montagne est l’expression renouvelée de la loi de Dieu. D’autres encore, comme Martin Luther, voient dans le Sermon sur la Montagne un standard impossible à atteindre mais qui nous aide à nous humilier devant Dieu de sorte que nous faisons appel à sa grâce.

Même si je crois que tous ces points de vue ont une partie de vraie, je considère que le Sermon sur la Montagne est pertinent pour tous les croyants, autant qu’hier qu’aujourd’hui. Dieu dispense la même grâce pour tous. Il n’y a qu’un seul moyen par lequel nous pouvons être réconciliés à Dieu, c.-à-d. en Jésus-Christ par le moyen de la foi en réponse à sa grâce souveraine. Le Sermon sur la Montagne nous donne autant un avant-goût de ce qui est à venir que ce que nous pouvons vivre dans ce monde tout en aspirant à la réalisation complète de celui qui est céleste.

(Pour mieux comprendre la distinction biblique entre le monde à venir et le monde dans lequel nous vivons, voir les passages suivants : Marc 10.28-31; Jean 12.25; 1 Jean 4.17; 1 Corinthiens 3.18-23; Éphésiens 1.21; 1 Tim 6.17-19. Considérer aussi la manière que les disciples décrivent le monde dans lequel nous vivons en lien avec celui qui est à venir.)

Comment alors vivre dans ce monde en aspirant au Royaume de Dieu? Comment vivre avec la tension entre le monde et le Royaume de Dieu? Je peux me cloîtrer dans un monastère, mais comme nous le voyons dans Matthieu 5.13-16, Dieu nous a appelés à être le sel de la terre.

La tension des deux réalités

Ce n’est probablement pas la première chose qui saute aux yeux quand on commence à lire Matthieu 5, mais le choix des thèmes dans ce que l’on appelle les béatitudes (vv. 3-11) sont particuliers. Chaque verset présente un aspect différent de la vie ici-bas qui n’est pas désirable. Pourtant, chaque affirmation/promesse commence par le mot « makarioi » qui introduit l’idée d’un état de paix, de bonheur, et de joie qui dépasse ce monde.

Le fait que Jésus choisit de commencer sa prédication sur le Royaume de Dieu en adressant les aspects moins désirables de la vie ici-bas au travers d’une perspective céleste est remarquable.

Jésus n’essaie pas de comparer les deux réalités en disant qu’il y a une qui est plus réelle que l’autre. Jésus les met tous les deux, l’un à côté de l’autre. Il ne donne pas une prédication sur la réalité terrestre en disant que l’on peut la changer. Il admet simplement qu’elle existe et qu’elle est réelle.

Jésus ne parle pas non plus du Royaume céleste comme étant hors de notre portée ou moins réel simplement parce qu’on ne peut pas le voir. Le Royaume des  Cieux est à la portée de tous ceux que Dieu appelle à lui-même.

Nous vivons au milieu d’une culture qui affirme que les choses immatérielles ne sont pas réelles. Ce qui est spirituel est souvent considéré comme faisant partie du domaine imaginaire, magique. On le constate lorsqu’on parle de prier pour quelqu’un ou que l’on affirme croire en Dieu. On voit les regards mêlés de pitié. Et on entend parfois, « C’est tellement archaïque cette façon de penser. »

C’est probablement pour cela que la science moderne est si popularisée, car elle affirme donner une manière de mesurer ce qui est visible ou matériel. La science permet d’expliquer le monde matériel à partir de ce qui est mesurable. Mais, même la science a ses limites. Car tout ce qui existe, ce qui est vrai, ne peut pas être mesuré. Et là où la science ne peut pas mesurer, elle ne peut pas offrir non plus une explication satisfaisante.

Alors si nous sommes honnêtes, il nous faut admettre la présence de deux réalités différentes qui sont aussi vraies l’une que l’autre : celle du monde dans lequel nous vivons et celle du Royaume des cieux auquel nous aspirons.

Choisir entre deux priorités

Il n’est pas étonnant alors que nous ressentions une tension entre le Royaume des cieux et le monde dans lequel nous vivons. Nous ne pouvons pas ignorer l’un ou l’autre. Mais nous ne pouvons pas vivre dans deux mondes de façon égale. Je crois que c’est à cela que fait référence Jésus dans Matthieu 6.24 :

24 Nuls ne peuvent servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.

Jésus n’est pas en train de dire que nous devons vivre soit dans l’un ou dans l’autre, mais plutôt que nous ne pouvons pas servir les deux en même temps. Soit nous vivons pour le monde ou nous vivons pour le Royaume des Cieux. Le Sermon sur la Montagne n’est pas juste un exposé théologique, mais une exhortation à choisir de vivre selon les principes du Royaume des Cieux.

Nous pourrions donc lire les Béatitudes de la manière suivante :

3 Je sais que lorsque vous faites du Royaume des Cieux votre priorité, vous risquez de vous rendre pauvre aux yeux du monde. Mais heureux les pauvres en esprit, car du point de vue de Dieu, vous serez riches dans le Royaume des Cieux.

4 Je sais que vous serez appelés à souffrir dans ce monde à cause de vos convictions, mais dans le Royaume des Cieux, il n’y aura plus de souffrances.

5 Je sais que le monde estime les durs à cuir, mais Dieu estime ceux qui partagent et qui démontrent la bonté et la gentillesse.

6 Je sais que le monde est injuste, mais ceux qui recherchent la vraie justice la trouveront dans le Royaume de Dieu.

7 Je sais que la vie sur terre démontre rarement de la clémence, mais dans le Royaume de Dieu, on cherche toujours à restaurer celui qui commet l’offense.

8 Je sais que le monde a tendance à corrompre ce que Dieu a fait pour satisfaire ses propres passions désordonnées. Mais ceux qui ne cèdent pas à cette tentation pourront discerner clairement comment les choses de Dieu sont vraiment désirables.

9 Je sais que le monde ne peut pas vous offrir une paix durable, mais on reconnaitra ceux qui appartiennent à Dieu par la manière qu’ils rétablissent la paix autour d’eux.

10 Je sais que la vie peut devenir plus difficile lorsque vous insistez à faire ce qui est juste, mais dans le Royaume de Dieu, la justice fait partie de la vie courante.

11-12 Je sais que le monde traite injustement ceux qui s’identifient avec moi. Mais dans le Royaume des cieux, on déverse les honneurs et le prestige à ceux qui s’identifient avec moi.

Le mandat du Royaume des Cieux

Les versets 13-16 nous enseignent que l’influence du Royaume des Cieux se répand. On ne parle pas nécessairement d’une progression mesurable qui grossit de plus en plus. Mais on parle plutôt d’une présence qui transforme par sa proximité. Et de plus, même si le Royaume des Cieux est proche, il ne remplacera jamais le monde tel que nous le connaissons. La Bible enseigne que le monde se dirige vers la destruction et le jugement. Quelques passages parlent d’un monde renouvelé, mais toujours dans le contexte d’un jugement final.

L’image du sel de la terre et de la lumière du monde sont des mandats qui proviennent d’un Royaume qui tend vers un but précis : rassembler à partir de toutes les nations un peuple qui appartient à Dieu et qui lui ressemble.

L’influence du Royaume des Cieux

13Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. 14Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; 15et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. 16Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. 

J’aimerais finalement faire deux remarques avant d’amener cette partie de l’enseignement à une conclusion. La première est reliée au fait que ceux qui font partie du Royaume sont par nature le sel de la terre et la lumière du monde. Jésus ne mentionne pas de conditions pour devenir le sel de la terre ou la lumière du monde. Il dit simplement, « vous êtes… » Ceci veut dire que nous avons déjà tout ce qui est nécessaire pour être ses ambassadeurs sur terre.

La deuxième remarque est que notre saveur et notre lumière ne dépendent pas de nous. Elles nous sont données. Notre responsabilité est simplement de les faire connaître. Le mode passif qui est employé au verset 16 indique que nous n’avons rien de spécial à faire pour que notre lumière luise sinon de la laisser luire. La puissance vient donc de Dieu.

Paul a écrit à ce sujet dans 2 Corinthiens 4.1-12. C’est d’ailleurs mon texte biblique favori quand je me sens épuisé ou décourager dans mon service. En parlant de cette lumière qui habite le Chrétien Paul écrit, « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. » (2 Corinthiens 4.7)

La portée pratique de ces deux remarques est importante pour la vie du Chrétien car elles nous rappellent de la présence et de l’influence de la grâce de Dieu dans nos vies. Si le salut s’obtient par grâce, l’influence du Royaume de Dieu dans nos vies se fait aussi sentir par la grâce de Dieu. Nous sommes donc appelés à nous tourner vers Dieu, à jeter les regards sur la personne et l’œuvre de Jésus-Christ, et à faire appel à la puissance de son Esprit dans nos vies. Nous sommes comme des petits enfants qui dépendent énormément de leurs parents pour faire ce qui est nécessaire. C’est dans ce sens que Jésus a enseigné à ses disciples qu’à moins que nous devenions comme l’un de ces petits enfants, nous ne pouvons même pas entrer dans le Royaume des Cieux. (voir Marc 10.14-15) Et c’est aussi dans ce sens que nous devons prendre à cœur l’appel à vivre le Royaume de Dieu quotidiennement tel que Jésus l’a enseigné dans Matthieu 5-7 tout en dépendant de sa grâce. Nous sommes les ambassadeurs de Dieu qui annoncent la présence de son Royaume dans nos vies simplement en laissant luire sa lumière au travers de nos vies.

Conclusion

La tension que nous ressentons comme enfants de Dieu dans ce monde est naturelle. Il n’est pas facile par moments de comprendre comment agir dans un monde qui n’est pas soumis à la volonté de Dieu. Et pourtant, même le Chrétien doit être soumis aux autorités de ce monde et prend sa place au sein de la société dans laquelle il se trouve.

L’introduction du Sermon sur la Montagne nous montre que nous sommes appelés à espérer selon les réalités du Royaume des Cieux. Les priorités du Royaume des Cieux deviennent aussi les nôtres. Et comme Jésus nous le montre au travers des Béatitudes, même si ses priorités ne s’alignent pas toujours avec celles du Monde, nous sommes néanmoins réconforter d’entendre que ce sont qui prennent à cœur les réalités célestes qui goutent au vrai bonheur dans ce monde.

Jésus n’est pas en train de mettre en opposition les valeurs du Monde avec celle du Royaume des Cieux. Il ne fait qu’affirmer que celles du Royaume des Cieux sont plus durables, meilleures. La promesse du Seigneur est que si j’oriente ma vie selon les choses qui importent aux yeux de Dieu, mon espérance et ma foi seront récompensées.

De plus, Jésus n’enseigne pas que les Chrétiens doivent se séparer du Monde. Plutôt qu’être en réaction au Monde, les Chrétiens sont invités à être le sel et la lumière du Monde. Nous voyons au travers de cet appel que le Royaume de Dieu a pour but d’exercer une influence grandissante à travers l’histoire. Nous ne parlons pas de l’établissement d’un Royaume de Dieu sur terre comme l’Église l’a parfois supposé au fil de son histoire mouvementée. Nous retenons les enseignements de Jésus qui nous parlent d’un Royaume qui est ni de ce monde, ni matériel. Le Royaume des Cieux domine dans le cœur renouvelé de l’homme qui à son tour propage l’influence du règne de Dieu par ses actions et ses paroles empreintes d’un amour authentique pour son prochain. En d’autres mots, le Chrétien affirme la venue du Royaume de Dieu chaque fois qu’il manifeste l’amour de Dieu de façon tangible.

Application

Je peux étendre le règne de Dieu dans ma vie quotidienne en démontrant un souci particulier pour mon prochain. Considère la possibilité de donner un sourire au prochain étranger, de le saluer, de venir en aide à un étranger qui a besoin d’un coup de main, de payer la facture d’un inconnu qui attend en file, etc.

J’étends le règne de Dieu quand je prends à cœur les valeurs du Royaume des Cieux pour en faire un sujet de louange, de reconnaissance.

Détermine que tu vas choisir de te réjouir plutôt que de bouder la prochaine que tu es rabaissé, insulté, ou que l’on se moque de toi à cause d’une conviction de suivre Jésus Christ.

Considère le privilège devant de toi de présenter la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu à ceux que Dieu pourrait être en train d’attirer souverainement à Lui. Prie pour des occasions favorables.

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