Le coût de sa gloire (Jean 11.1-16)


Le récit de la résurrection de Lazare occupe une place particulière dans les témoignages concernant le ministère de Jésus-Christ. Il nous fait voir entre autre comment Jésus agit envers ceux que sont proches de lui. Est-il le type SuperStar? Ses amis sont-ils des adeptes aveugles? Ont-ils des privilèges particuliers? Un accès privilégié auprès de Dieu? Un peu comme un laissé passé pour les amis du maître?

Lazare et ses sœurs étaient des amis proches de Jésus. Mais lorsque Lazare tombe gravement malade, Jésus est confronté avec l’imposante importance de sa mission. Ce n’est même pas juste le ministère de Jésus qui est en jeu, mais la révélation de son identité qui manifeste la gloire de Dieu.

Pour celui qui s’identifie avec le Christ, ce récit révèle ce qui produit une foi triomphante.

Quelques notes contextuelles

  • Il est généralement accepté que Jésus se trouvait à environ 150 km de Béthanie lorsque la nouvelle au sujet de Lazare arrive à ses oreilles. Cette distance représente environ 3 jours de marche.
  • Les chefs religieux ainsi que beaucoup des juifs veulent faire mourir Jésus. Ils n’apprécient pas que Jésus soit identifié au Messie d’Israël car il enseigne une justice qui ne s’obtient pas en respectant exclusivement la loi de Moïse. Le but de la loi est de montrer que l’homme est foncièrement incapable de faire ce que Dieu demande et qu’il a besoin de se confier dans la provision de l’Eternel pour leur salut.
  • Les disciples ne croient pas que Jésus devrait mettre sa vie en péril en retournant dans des endroits sous le contrôle des juifs. Bethanie n’est donc pas un endroit sécurisant.
  • Jésus a déjà accomplit des guérisons de toutes sortes dans la région de Béthanie.
  • Lorsque un juif mourrait, on s’attendait que sa famille fasse leur deuil par l’entremise d’au moins un « pleureur » professionnel (lamentations). La famille devait aussi faire une offrande au temple pour officialiser la chose.
  • Le deuil d’un juif était un événement communautaire qui pouvait durer une semaine. La parenté, les amis, ainsi que les habitants de la région étaient attendus pour démontrer leur solidarité avec la famille du défunt, souvent au milieu de lamentations si typiques du Moyen Orient à cette époque.

Un besoin imminent

Les sœurs de Lazare envoient un messager trouver Jésus pour lui dire que leur frère Lazare est gravement malade. La requête des soeurs Marthe et Marie laisse sous-entendre que la situation de Lazare est précaire. Et elles ont bien fait d’agir de la sorte, du moins il est difficile de penser autrement. À qui de mieux pourraient-elles adresser leur requête? Jésus est non seulement le guérisseur, mais il est leur proche ami.

Mais Jésus ne semble pas inquiet. Il entend le besoin. Il entend le ton désespéré des soeurs de Lazare. Mais il ne semble pas pressé de partir. Comment voit-il la situation?

(Jean 11.4) Cette maladie n’est point à la mort; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.

Les disciples voient déjà venir la suite. Jésus va répondre favorablement à la requête des deux soeurs. C’est reparti! Voilà une autre situation impossible…un autre miracle, Dieu va être glorifié. Certains accueilleront favorablement la chose, d’autres n’en feront qu’un prétexte pour lui vouloir du mal. Et les disciples, qui malgré leur bonne volonté, n’auront pas le choix que de suivre leur maître. Mais quand?

Deux jours s’écoulent. Nous ne savons rien de plus. Est-ce que Jésus priait? Est-ce que les disciples priaient? Étaient-ils occupé à enseigner, donner un coup de main à quelqu’un? Peut-être.

Mais selon le récit de Jean, Jésus attend simplement que la situation devienne propice pour que Dieu se révèle aux gens qu’il appelle à Lui.

(Jean 11.6-7) Lors donc qu’il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était, 7et il dit ensuite aux disciples: Retournons en Judée.

Lazare est mort.

Jésus sait que Lazare est mort. (v14-15) Il se lève pour partir. Ses disciples, consternés, le suivent. D’ailleurs, Thomas résume bien le sentiment des disciples…

(Jean 11.16) Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples: Allons aussi, afin de mourir avec lui.

On ne peut pas s’empêcher d’apprécier le côté humain du récit. La famille de Lazare souffre. Ils sont désespérés. Les disciples ont peur. Ils se résignent. Mais Jésus sait exactement où il se trouve. Il reconnait la volonté de son Père céleste. Il reconnait que son appel est lié de façon intime à la manifestation de la gloire de Dieu. C’est justement pour cela qu’il est venu, que Dieu l’a envoyé.

La perspective surprenante de Dieu

(Jean 11.14-15) Alors Jésus leur dit ouvertement: Lazare est mort. Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n’étais pas là. Mais allons vers lui.

Il faut se poser la question. Qu’est-ce qui est plus important : que Lazare soit guéri de sa maladie ou que les gens que Dieu appelle à Lui croient afin de vivre éternellement? C’est une question de perspective.

Nous ne sommes pas dans une situation ou c’est soit l’option A ou l’option B. Mais nous ne pouvons pas nous empêcher de penser de cette façon avec nos perspectives limitées. Le fait même d’être humain est synonyme avec limitations. Nous faisons des erreurs à cause des limites dans nos capacités, dans notre volonté, à cause du temps, à cause des circonstances. Nous sommes des êtres limités qui sommes souvent confrontés à des choix difficiles. Mais la Bible nous montre que Dieu n’est pas limité comme nous.

Jésus ne se réjouis pas du fait que Lazare est mort dans le même sens que nous pourrions le penser. Comme nous allons le voir dans les versets suivants (Jean 11.17-44), Jésus ne tire aucune joie du fait que les soeurs de Lazare souffrent ou que Lazare ait souffert. Mais le fait d’être conscient d’une réalité plus imposante rend les souffrances de Lazare et de ses soeurs quelques chose de beaucoup moins signifiant. Car Jésus n’est pas juste un guérisseur qui est limité par le temps et la distance. Il est la puissance même de la résurrection. La mort n’est pas une limite pour Jésus. Alors si c’est la mort qui te fait souffrir, tu ne trouveras pas d’empathie chez Jésus, car il est celui-qui a vaincu la mort.

Jésus se rend donc à Béthanie sachant que Lazare est mort. Il a bien l’intention de guérir Lazare, mais son but premier est de révéler qui il est. Le jour de sa mort approche où la puissance de la résurrection sera manifestée. La vie gagnera enfin sur la mort. Et les paroles du prophètes Ésäie se réaliseront…

Il fera disparaître la mort à tout jamais.
Et de tous les visages le Seigneur, l’Eternel,
effacera les larmes,
et sur toute la terre, il fera disparaître
l’opprobre pesant sur son peuple.
L’Eternel a parlé. (Ésaïe 25.8)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s