Y’a-t-il un docteur dans la salle?


Introduction

Osee14aÇa fait maintenant plusieurs semaines qu’on regarde ensemble le livre d’Osée.  On a parlé du mariage et de la famille d’Osée comme illustration de l’amour de Dieu pour son peuple et en même temps de la colère qu’il ressent de les voir infidèles; un peu comme la colère qu’Osée doit ressentir à voir son épouse lui être infidèle. Et même là, le mariage d’Osée ne suffit pas pour décrire l’infidélité d’Israël. Israël s’est détourné de Dieu tellement souvent qu’on ne peut plus les compter. Mais pourquoi Dieu, malgré son jugement, n’abandonne-t-il pas? Pourquoi est-il aussi tenace?

 

Comment ce peuple infidèle pourra-t-il finalement obtenir la délivrance et le pardon? Comment sa relation d’alliance avec Dieu sera-t-elle rétablie? Comment bénéficier à nouveau de la glorieuse présence de Dieu et de sa bénédiction après toutes ses infidélités? Y-aura-t-il un reste qui reviendra à Dieu après que le jugement soit passé ?

 

Ce chapitre 14 d’Osée s’applique aussi à nous parce que nous ne sommes pas très différents des Israélites. Regardez-bien comment l’exhortation que Dieu apporte s’applique aussi à nous en 2009. Je vise donc couvrir avec vous les points suivants :

 

  1. Israël invité à revenir à Dieu repentant
  2. Israël doit être guéri pour revenir à Dieu de manière durable
  3. Nous avons aussi des maux qui doivent être guéris
  4. La solution qui s’offre à nous est la même que pour Israël

 

1. Israël invité à revenir à Dieu repentant

Regardons premièrement ensemble la repentance dont il est question ici :

 

L’invitation lancée par Dieu au-travers son prophète implique en premier lieu de reconnaître et admettre sa propre responsabilité et le mal qu’on a fait (verset 1). « Car tu es tombé par ton iniquité ». On se rend compte assez facilement que depuis Adam et Ève à la chute jusqu’à la psychologie modernes, l’humain est devenu expert à mettre le blâme sur les autres. Ça fait partie de notre nature. Mais une vraie repentance ne peut se faire à moins de se mettre d’accord avec Dieu. Pas seulement sur le mal qu’on a commis, mais sur la justice de son jugement. C’est de  d’abord prendre conscience du problème, et du fait que quelque chose doit être fait pour le régler. David exprime cette attitude lorsqu’il dit au Psaume 51 : « J’ai péché contre toi seul, Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. » En reconnaissant qu’on tombés à cause de nos propres fautes, qu’on est responsables de notre malheur, que notre jugement est pleinement mérité, on se met d’accord avec Dieu et c’est le début d’un rétablissement.

 

Mais ceci n’est pas tout. On ne vient pas à Dieu n’importe comment. Au verset 2, Dieu les invite à venir à lui en ses propres termes, comme on se présente devant un roi. Au lieu d’apporter un présent, ils doivent se présenter à lui avec des paroles de repentance. La seule manière de pouvoir de nouveau venir à lui, c’est avec ces paroles humbles. Regardons-les une après l’autre :

 

a) Ils doivent implorer son pardon sur leur désobéissance. Pas un péché isolé, mais sur toute iniquité, c’est-à-dire tout ce qui cause leur culpabilité. Quand on vient devant Dieu, il n’est pas question de repentance sélective, mais d’un dévoilement complet. Il n’est pas question de cacher quoi que ce soit, mais de se mettre à cœur ouvert devant Dieu et de l’implorer de tout pardonner.

 

b) La deuxième parole implique de réaliser qu’on ne peut rien apporter sinon que notre gratitude et notre hommage. Rien de ce qu’on peut faire ne peut effacer nos torts ou nous rendre plus favorable à ses yeux. Ils ne peuvent qu’implorer Dieu de les recevoir favorablement, de jeter un regard de grâce sur eux. En même temps, il y a un engagement ici à venir à Dieu avec « les taureaux de nos lèvres ». C’est ici le sens littéral de cette expression. Au lieu d’un sacrifice, ou peut-être, en parallèle avec le sacrifice de culpabilité offert à cette époque, celui qui le rendra présentera à Dieu la louange de sa bouche. En effet, il y a on réaffirme ici que tout ce qu’on peut offrir et rendre à Dieu, c’est des paroles de reconnaissance et d’hommage. Dieu prend plaisir à faire miséricorde, et on ne peut rien offrir en retour sinon notre gratitude.

 

Ceci est très important parce qu’on est toujours enclin à vouloir marchander avec Dieu. Pourtant, la personne qui vient devant Dieu repentante n’a rien à offrir sinon sa culpabilité. Rien de ce qu’elle peut faire avant, pendant, ou après ne peut la rendre plus agréable aux yeux de Dieu. Elle ne peut que faire de sa vie quelque chose de vécu en gratitude envers la grâce de Dieu. On retrouve cet élément de dépendance totale sur la grâce de Dieu dans la repentance ici.

 

c) Ensuite on voit au verset 3 que la vraie repentance implique aussi de renoncer et abandonner tout rival, tout ce qui prend la place de Dieu. Dans le cas d’Israël, il s’agissait :

  1. « L’Assyrien ne nous sauvera pas » : De leurs alliés puissants
  2. « nous ne monterons pas sur des chevaux ». De leur propre force militaire, de leurs propres moyens.
  3. « Nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : Notre Dieu! » : Des idoles qu’ils se fabriquaient. De toute chose qui prend la place de Dieu.

Ceci est important parce qu’au-delà des actions spécifiques, des péchés au pluriel, il y a l’attitude du cœur, le péché au singulier. L’infidélité à Dieu à pour racine l’idolâtrie. Pour se tourner authentiquement vers Dieu, il faut se détourner de tout ce qui prend Sa place dans nos vies. On a parlé beaucoup de ce thème de l’idolâtrie dernièrement, donc on ne va pas s’attarder là-dessus maintenant.

 

d) La dernière petite phrase résOsee14bume vraiment bien la disposition d’un cœur repentant. Il s’agit de venir à lui comme un orphelin. Les orphelins sont les personnes les plus démunies, faibles, et impuissantes de la société. C’était encore plus vrai à cette époque qu’aujourd’hui. Ils n’ont personne pour les défendre sinon Dieu. Ils n’ont aucun moyen ou aucun avenir. C’est justement cette disposition humble et sans prétentions de celui qui se reconnaît impuissant, faible, et démuni que Dieu demande.  Il n’a plus de recours, plus d’espoir, sinon que ce qui peut venir de Dieu.

 

Voilà la repentance authentique qui est appropriée devant un souverain comme Dieu. Celle qui se met d’accord avec lui, qui ne cache rien, mais qui met tout à découvert, qui implore sa grâce en réalisant qu’on ne peut rien pour mériter son pardon, et qui se tourne entièrement vers lui dans un état de dépendance totale.

 

Mais comment une telle repentance est-elle possible après autant d’échecs? Est-ce qu’il faut juste essayer plus fort? L’histoire du peuple de Dieu et le message du livre d’Osée nous rappelle que Dieu doit intervenir.

 

2. Israël doit être guéri pour revenir à Dieu de manière durable

Et heureusement, la suite du chapitre nous  parle d’une promesse merveilleuse

Dieu promet :

–          Une guérison, un rétablissement. Litt : je les guérirai (v.4)

–          Un amour libre, qui ne trouve plus d’obstacles chez eux

–          Un pardon complet, lorsque sa colère sera détournée d’eux

–          Une nouvelle vie et des fruits qui viennent de Dieu. (v.8)

 

Toutes ces choses sont reliées entre elles, mais j’aimerais m’attarder ce matin au premier élément de cette promesse, celui de la guérison. Osée nous parle d’une guérison de ce qui est traduit comme l’infidélité, l’inconstance, l’abandon, et l’apostasie.

 

C’est une maladie chronique et grave qui date de longtemps. Dans les chapitres précédents, Dieu disait : « Mon peuple est enclin à s’éloigner de moi; On les rappelle vers le Très-Haut, Mais aucun d’eux ne l’exalte. » (Osée 11.7)

 

Le peuple avait même essayé une repentance superficielle comme on a vu au chapitre 6 :

« Venez, retournons à l’Éternel! Car il a déchiré, mais il nous guérira; Il a frappé, mais il bandera nos plaies.  Il nous rendra la vie dans deux jours; Le troisième jour il nous relèvera, Et nous vivrons devant lui. » (Osée 6.1-2) Dieu avait rejeté cette approche puisque leur cœur n’y était pas vraiment. C’est donc dire que leur bilan, leur historique en la matière n’est pas très reluisant.

 

Osee14cC’est pour cela que cet espoir suscité par le prophète Osée nous porte à tourner les yeux vers celui qui peut guérir. Il anticipe l’intervention de quelqu’un qui pourra venir régler cette maladie une fois pour toutes. Ces promesses que l’on lit ici anticipent la venue du Messie. C’est Jésus Christ et lui seul qui peut apportera la guérison d’un cœur tortueux, infidèle, et inconstant. C’est lui qui est la manifestation de l’amour libre de Dieu, qui détourne complètement la colère et le jugement et qui fait porter du fruit.

 

Car le problème ultime, c’est le cœur qui doit être guéri, comme Jésus le dira au gens de son temps. Je pense que vous savez que quand la Bible parle de cœur, il ne s’agit pas de notre organe qui pompe le sang, ni de l’amour romantique comme on voit partout à la St-Valentin.  Dans la Bible le cœur est le centre de la personne, ce qu’elle est réellement dans son intimité la plus profonde.  Qui on est réellement et de manière authentique est souvent caché des autres. Le cœur, c’est cela. C’est le point central de nos désirs et notre volonté et nos émotions, ce qui définit ultimement une personne au-delà des apparences.

 

C’est ce cœur qui est malade et qui se détourne constamment de Dieu. Ses désirs, ses motivations, ce qu’il aime, et ce qu’il veut faire est contrôlé par le péché. C’est une force extraordinaire et c’est pour cela que Dieu, pour régler ce problème, promet de changer un cœur de pierre (un cœur endurci) pour un cœur de chair (un cœur sensible et vivant pour lui).

 

Et c’est lui, Jésus, qui  vient apporter la guérison. Au tout début de son ministère, il s’est levé dans la synagogue de son village natal pour lire cet extrait du prophète Ésaïe en l’applicant à lui-même :

« L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance; » (Ésaïe 61.1)

 

Il est venu non seulement pour guérir ceux qui avaient une maladie physique (tel les aveugles, sourds, paralytiques, etc.), mais surtout pour guérir les malades : ceux qui étaient conscients de leur condition maladie spirituelle. Les maladies physiques étaient souvent une image superficielle d’un problème plus profond beaucoup plus grave (Par exemple, la guérison du paralytique). Jésus guérissait souvent les deux ensemble. Il dira aussi plus tard : « … Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs» (Mt 9.12) La maladie, c’est le péché; pas seulement les péchés, mais la force du péché qui agit dans nos cœurs. Les péchés n’arrivent pas par accident. Ce sont la plupart du temps des actes délibérés, souvent prémédités, et motivés par une force intérieure. C’est cela le péché qui infecte le cœur de tout homme et femme, dès le plus jeune âge.

(à suivre)

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