Obstacle à la grâce


Notes d’enseignement pour dimanche 8 mai 2011 (série Marc)

Après avoir passé du temps à nous décrire comment la foi était nécessaire pour que Jésus puisse accomplir les miracles, Marc semble tourner son attention maintenant à ce qui « empêche » Jésus d’accomplir ses miracles. Dans Marc 6, nous rencontrons l’un à la suite de l’autre une série d’évènements qui nous font découvrir ce qui semble limiter la grâce de Dieu. La raison principale? Un coeur endurci par l’incrédulité.

Notre parcours

UN ROYAUME DE PUISSANCE

Marc 4.35-5.33 : une grâce souveraine

Marc 6.1-56 : obstacle à la grâce de Dieu

Marc 7.1-23 : une grâce rédemptrice

Marc 7.24 – 8.26 : une grâce qui persévère

Témoignages de Marc 6

  • Marc approfondit la question : qui est Jésus pour toi?
  • La tension entre connaître Jésus pour ses miracles et connaître Jésus pour qui il est.
  • La question : est-ce que tu peux affirmer simplement connaître Jésus ou peux-tu aussi affirmer le reconnaître?
  • En lisant Marc 6, gardons dans nos pensées la parabole de la semence qui figure dans Marc 4.

Marc 6.1-6

  • Jésus retourne dans sa patrie (Nazareth?)
  • Les gens connaissent Jésus. Ils l’ont vu grandir depuis son tout jeune âge. Il était le charpentier du village avec son père Joseph. Et puisqu’il était l’ainé de la famille, c’est à lui que revenait la tâche de voir à ce que l’entreprise familiale continue. D’ailleurs, ceci expliquerait en partie l’inquiétude chez la famille de Jésus lors de leur visite dans Marc 3.31, « Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l’envoyèrent appeler. »
  • Jésus fait peu de miracles à cause de l’incrédulité apparente des gens de son village. Ceux qui semblaient le connaître le mieux n’ont pas su le reconnaître pour qui il était réellement. Mais là où plusieurs comme nous auraient échoué à cause du manque de soutien moral que nous aurions recherché chez les nôtres, Jésus, lui, persévère. Son soutien moral lui vient d’en haut. Il ne semble pas se décourager pour autant, même s’il est surpris de la réaction des gens de sa patrie. Il continue d’enseigner.
  • Nous pouvons voir dans ce court témoignage autant l’incrédulité qui devient l’obstacle à la grâce de Dieu que la persévérance de la grâce en dépit de l’incrédulité qui se démontre par l’enseignement de Jésus dans les régions avoisinantes.

Marc 6.7-13

  • Jésus envoie ses disciples proclamer le royaume de Dieu dans les régions avoisinantes deux par deux. Cet envoi des disciples constitue une représentation visuelle d’une réalité spirituelle du royaume de Dieu en train de se réaliser. Le fait que les disciples ont la capacité d’enseigner la repentance accompagnée du pouvoir de faire des miracles de guérison et de chasser des esprits impurs prouve en quelque sorte la venue du royaume de Dieu annoncé par Jésus.
  • Les disciples doivent aller par la foi en dépendant entièrement de Dieu. Même dans l’exercice de l’appel que Jésus confie à ses disciples nous retrouvons la nécessité d’une foi qui est omniprésente. La puissance que détiennent les disciples de Jésus est dépendante de leur foi en Dieu.
  • Là où ils sont reçus, ils témoignent de la grâce de Dieu au travers de miracles. Les signes accompagnent la prédication de l’évangile pour authentifier le message.
  • Là où ils ne sont pas reçus, ils témoignent en secouant la terre de leurs sandales. Des fois, la grâce de Dieu se manifeste par un jugement de la part de Dieu. C’est une chose qui est difficile à accepter. Car il est plus facile de faire usage de la grâce de Dieu pour accomplir quelque chose de soi-disant positif dans la vie de quelqu’un, que de faire usage de la grâce de Dieu pour se restreindre d’accomplir quelque chose de positif. Nous pourrions nous référer à la nécessité d’un parent d’user de grâce envers son enfant en lui permettant de se faire mal pour que l’enfant apprenne une leçon par expérience. Il reste qu’il est toujours mieux de recevoir la grâce de Dieu en vue de croire et de ne pas être trouvé incrédule. En tout cas, ça fait fait moins mal après tout!

Marc 6.14-29

  • Hérode voit en Jésus le même message que prêchait Jean-Baptiste. Hérode est encore troublé par l’expérience malencontreuse de la mise à mort du Baptiste. Marc nous relate les faits saillants de la chose dans les quelques versets précédents. Hérode voit en Jésus une réincarnation de Jean-Baptiste. Il est d’ailleurs le témoin peu probable de l’authenticité de Jésus. Comme Jean-Baptiste, Jésus lui fait peur et le dérange.
  • Hérode est touché mais non convaincu. Nous le voyons dans son expérience avec Jean-Baptiste. Il cherchait à le protéger (voir même le contrôler) en le gardant en prison. Mais en acquiesçant à la mort du Baptiste, le coeur d’Hérode s’endurcit.
  • Où se cache la grâce de Dieu dans ce récit? Des fois, Dieu nous démontre sa grâce en nous laissant voir ce qui réside réellement au fond de nos coeurs. Hérode ne pouvait plus faire semblant d’aimer Dieu au travers de son écoute de Jean-Baptiste. Il fut confronté à un choix. Soit mettre à mort Jean-Baptiste pour garder sa réputation, ou délaisser son péché afin d’honorer la Parole de Dieu, même au prix de sa propre réputation. Hérode agit selon ce qui se trouvait dans son coeur. Il refusa de recevoir la grâce de Dieu qui lui fut offerte dans ce moment de décision cruciale.

Marc 6.30-44

  • Qu’est-ce que Jésus voit dans la foule? Il la regarde avec compassion comme un troupeau n’ayant pas de berger. Même après un effort épuisant pour ainsi dire, Jésus poursuit son appel motivé par l’amour du Père.
  • Qu’est-ce que les disciples voient dans la foule? Les disciples voient des gens qui ont des besoins qui dépassent leur capacité de réponse. Ils vont voir Jésus pour essayer d’alléger la tâche en transférant la responsabilité sur le dos de chaque individu.
  • Jésus éprouve la foi de ses disciples en leur demandant de fournir de quoi à répondre au besoin de la foule. Nous ne savons pas si les disciples possédaient les 200 deniers.
  • Jésus démontre une certaine forme de grâce qui persévère envers ses disciples. Il leur demande ce qu’ils ont sous la main. Les disciples produisent 5 pains et 2 poissons. Pas grand-chose en effet. Mais Jésus prend le « pas grand-chose » et le multiplie, on va dire, par grâce. Le miracle en fait, est qu’en dépit de l’incrédulité des disciples qui ne reconnaissait pas en Jésus celui qui pouvait pourvoir à leurs besoins, Jésus persévère et fait l’impossible en nourrissant la foule.

Marc 6.45-56

  • Jésus oblige ses disciples à aller de l’autre bord. Le commandement paraît étrange. Marc ne nous donne pas d’explication d’ailleurs. Mais Jésus agit de façon délibérée.
  • Jésus renvoie la foule et va prier dans un lieu désert. Étonnant n’est-ce pas? Après tant de succès au travers des miracles et de l’enseignement, Jésus se retire pour se ressourcer et communier avec Dieu.
  • Les disciples luttent seuls sur la mer et sont terrifiés de voir Jésus. Jésus essaie de leur montrer quelque chose qu’ils n’ont pas compris. Marc ne nous relate pas les détails de l’échange entre Pierre et Jésus. Marc semble mettre l’emphase sur l’incrédulité des disciples qui ne voient toujours pas qui est Jésus. Ou du moins, les disciples n’ont pas complètement saisi de qui il s’agit réellement. Nous savons que les juifs attendaient le règne du Méssie, celui qui restaurerait la puissance et la royauté à Israël. (voir Jérémie 33.14–18; Ezékiel 46.1–8; Zacharie 4.1–14; 6.13)

Conclusion

Marc relate la vie de Jésus du point de vue des disciples en faisant remarquer que même les disciples étaient incrédules. Ceci veut dire, qu’il est même possible de rencontrer Jésus sans toute fois le reconnaître pour Dieu et digne de notre confiance. L’obstacle fondamental à la grâce de Dieu dans ma vie est un coeur endurci.

Comment savoir si mon coeur est endurci? Voilà une question d’application de Marc 6 qui est appropriée et pertinente pour nous aujourd’hui. Il faut quand même faire attention de ne pas soustraire à Marc 6 des points d’application pour en faire des doctrines majeures sur la grâce, la prédestination, ou la persévérance des saints, même si celles-ci sont bonnes et utiles dans notre maturité chrétienne. Ce à quoi Marc semble faire référence est comment l’incrédulité devient un obstacle à la manifestation de la grâce de Dieu dans la vie de ceux qui ont été en contact avec Jésus. L’illustration la plus marquante reste celle des disciples. Eux qui ont vécus et travaillés aux côtés de Jésus, ont fait preuve d’incrédulité vis-à-vis de Jésus au même moment que ceux qui bénéficièrent des miracles crurent en Jésus.

Mais il faut aussi admettre, pour être juste dans nos propos, que Jésus s’attendait peut-être plus des disciples que quiconque. Est-ce que tous ceux qui profitèrent des miracles de Jésus le reconnurent pour leur Sauveur et Seigneur, le Messie d’Israël? Probablement pas! Mais ceux qui furent guéris se confièrent dans le peu qu’ils savaient de Jésus. Les disciples par contre, avaient été enseignés de façon plus précise sur Jésus. Leur expérience résonne avec le principe moral présent dans Luc 12.48.

Application pratique de Marc 6

La question pratique pour nous en lisant Marc 6 pourrait être : comment savoir si j’ai un coeur endurci? Certes beaucoup de choses pourraient être écrites sur ce sujet. D’ailleurs, c’est en quelque sorte un mystère car nous voyons dans l’endurcissement du coeur parfois la main de Dieu comme dans l’expérience de Pharaon (ex. Exode 7.3 et 13). Mais nous voyons aussi une part de responsabilité humaine comme dans les témoignages de Marc 6. La question pour nous est : quand Dieu nous fait grâce, comment faire pour s’assurer que notre coeur n’est pas endurci? La question est importante quand je réalise à quel point la grâce de Dieu est précieuse.

Marc 6 nous réserve autant des illustrations que des leçons pratiques.

  • Les disciples traversèrent le Lac de Galilée avec le seul but de se rendre à l’autre rive. Ils dépendirent de leurs propres forces sans faire appel à Dieu. Et lorsqu’ils reconnurent Jésus, ils furent effrayés et étonnés. Comme les disciples, est-ce que mon attention est fixée sur les soucis de la vie au lieu de garder un coeur qui est sensible à l’appel de Dieu?
  • Comme les disciples qui regardèrent la foule avec un soupçon de fatigue et de résignation, est-ce que j’éprouve de la difficulté à avoir de la compassion pour les autres?
  • Comme le roi Hérode, lorsque Dieu me fait grâce de reconnaître la présence du péché dans ma vie, est-ce que je repousse sa conviction, preuve de grâce à mon égard?
  • Comme les disciples qui ne pouvaient prendre qu’un bâton pour accomplir l’appel de leur maître à enseigner la repentance dans les villes et villages, est-ce que je suis plus concerné par mon incapacité d’accomplir l’appel de Dieu dans ma vie que la disponibilité de sa puissance pour l’accomplir?
  • Comme les gens du village familial de Jésus qui le connurent dès sa tendre enfance, est-ce que Jésus est simplement un autre personnage pour moi?

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