Il renvoie insatisfaite une âme pourtant avide


Écrit par Christian Charbonneau

Il y a longtemps, lors d’un déplacement par avion au début de mon ministère, le passager assis a côté de moi remarqua que je lisais la Bible. II se présenta et me surprit en me demandant: « Sauriez-vous par hasard comment je pourrais établir une relation personnels avec Jésus-Christ ? » Ce n’est bien sûr pas tous les jours que des personnes motivées à ce point m’abordent, et je ne désirais évidemment pas manquer l’occasion! Je répondis : « Eh bien, oui, je le sais; il vous suffit de simplement croire au Seigneur Jésus-Christ et de l’accepter en tant que Sauveur. » Je lui expliquai comment Jésus était mort et ressuscité pour nous donner la vie éternelle. Je lui dis qu’il lui suffisait de recevoir Christ comme Sauveur personnel.

II répondit en indiquant que c’était ce qu’il désirait faire. Je lui demandai donc de répéter ma prière, et il demanda au Seigneur de devenir son Sauveur. Au bout d’à peu prés un mois, je le baptisai. J’étais très heureux de ces événements et je m’empressai de poursuivre sa formation de disciple. Cependant, après quelque temps, il coupa tout contact avec moi. J’ai récemment découvert que les choses de Christ ne I’ intéressent plus.

Que s’était-il passé? Pourquoi une telle expérience est-elle si répandue ? La plupart de ceux qui témoignent pour Christ admettent qu’il est relativement facile d’amener les gens à faire une profession de foi. II est cependant bien plus difficile de les conduire à suivre le Seigneur. Chacun d’entre nous a eu I’occasion de rencontrer des « convertis » qui dans un premier élan étaient enthousiasmes par I’idée du salut, mais ne suivirent cependant jamais véritablement le Seigneur. Pourquoi?

Ce n’est qu’après m’être penché plus en détail sur I’histoire du jeune homme riche, dans le chapitre 19 de Matthieu, que j’en compris les raisons. Dans ce récit, un jeune homme demande clairement et simplement comment obtenir la vie éternelle. C’est donc ici que l’on pourrait s’attendre recevoir la présentation de I’Évangile selon Jésus la plus directe qui soit. Mais nous y trouvons plutôt un discours surprenant:

Et voici, un homme s’approcha, et dit a Jésus: Maitre, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle? II lui répondit: Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. Lesquels? lui dit-il. Et Jésus répondit: Tu ne tueras point; tu ne commettras point d’adultère; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère; et: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Le jeune homme lui dit: J’ai observé toutes ces choses; que me manque-t-il encore? Jésus lui dit: Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens (Mt 19.16- 22).

Malgré tout ce qu’il avait de bien, une importante qualité manquait à ce jeune homme. Jésus savait que le jeune chef riche ne réalisait absolument pas qu’il était pécheur. Son désir d’obtenir le salut avait pour origine le vide qu’il ressentait dans son âme, peut-être mêlé au désir d’éliminer I’anxiété et les déceptions pour obtenir la joie, I’amour, la paix et I’espoir. Ce désir est légitime, mais ne constitue pas en lui-même une raison valable pour s’engager envers Christ.

De nos jours, une grande partie des efforts d’évangélisation sont absolument insuffisants pour ce qui est de faire voir aux gens la réalité de leur péché. Les prédicateurs offrent le bonheur, la joie, la plénitude et tout ce qui se conçoit de positif. On enseigne aux Chrétiens qu’il suffit de trouver les besoins psychologiques de quelqu’un, et de lui offrir Jésus comme panacée pour ces besoins. C’est facile d’obtenir une réponse positive: les gens recherchent toujours une réponse rapide aux besoins qu’ils ressentent. Mais, si nous nous arrêtons là, notre évangélisation n’est pas valable.

Notre Seigneur n’offrit pas de remède aux besoins que le jeune homme riche ressentait. Sa réponse le mit plutôt en présence du fait qu’il vivait une vie de péché contre Dieu. II était impératif que le jeune homme prenne conscience de sa nature pécheresse. La reconnaissance de notre péché est un élément crucial de notre compréhension de la vérité du salut. II n’est pas possible de venir à Jésus pour obtenir le salut en se fondant uniquement sur des besoins psychologiques, I’anxiété, un manque de paix, un sens du désespoir, une absence de joie, ou un vif désir de connaitre le bonheur. Ce salut est réserve a ceux et celles qui réalisent qu’ils vivent en rébellion contre un Dieu saint. II est pour ceux qui désirent changer, vivre pour la gloire de Dieu. Le salut n’est pas un simple phénomène psychologique.

La réponse de Jésus ramena la discussion du besoin ressenti par le jeune homme à Dieu : « Un seul estbon.» Jésus le forgea ensuite a faire face a la norme divine, non pas parce qu’il pourrait mériter de lui-même la vie éternelle en gardant la loi, mais de façon a ce qu’il puisse constater à quel point il avait échoué : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.» Cependant, ce jeune chef religieux ne tint pas compte de cette remarque et la rejeta. II refusait absolument de reconnaitre sa nature pécheresse.

Lorsque je repense à ma conversation avec mon voisin, dans I’avion, je réalise que c’est précisément sur ce point que j’ai échoué. Je lui ai offert trop précipitamment Christ, en réponse à ses besoins psychologiques, sans I’amener à reconnaitre son état de pécheur. Le salut que je lui ai décrit était axé sur I’homme et non sur Dieu.

L’évangélisation se doit de mettre les pécheurs face à face avec la loi parfaite de Dieu, de façon à ce qu’ils constatent leur propre insuffisance. Tout évangile qui ne s’adresse qu’aux besoins humains, aux sentiments humains ou aux problèmes humains n’est pas véritablement équilibré. C’est la raison pour laquelle tellement de gens, dans nos églises, mènent une vie inchangée après une prétendue conversion. Je suis convaincu que la plupart de ces personnes ne sont pas régénérées et ont été gravement induites en erreur.

La révélation divine confirme constamment I’importance de comprendre que nous sommes pécheurs. Dans son épitre aux Romains, Paul consacre trois chapitres entiers à la description de I’état de péché dans lequel se trouve I’humanité avant de présenter la voie du salut. Selon Jean 1.17 : « la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. » La loi précède toujours la grâce : c’est elle qui, par son enseignement, nous conduit à Christ (Ga 3.24). Sans la loi et son effet sur nous, voulu par Dieu la grâce est dénuée de sens. De plus, sans une compréhension adéquate de la réalité et de la gravité du péché, il ne peut y avoir de rédemption.

Nous devons réajuster notre présentation de I’Évangile. Nous ne pouvons pas faire abstraction du fait que Dieu abhorre le péché et punit les pécheurs d’un tourment éternel. Comment pouvons-nous commencer une présentation de I’Évangile en disant à des personnes qui sont sur la voie de I’enfer que Dieu a un plan merveilleux pour leur vie? Selon les Écritures « Dieu est un juste juge, Dieu s’irrite en tout temps » (Ps 7.11). Un Dieu juste, saint et pur ne peut pas tolérer le mal. II ne peut pas sauver ceux qui tentent de venir à lui en cachant leur péché.

Le jeune et riche chef religieux demanda à Jésus quels commandements il devait observer. Le Seigneur répondit en lui citant la seconde moitié des dix commandements : « Tu ne tueras point; tu ne commettras point d’adultère; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère »; puis il ajouta «tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Mt 19.18,19). Nous n’avons aucun moyen de savoir pourquoi le Seigneur choisit de souligner ces commandements plutôt que d’autres; peut-être savait-il que le jeune homme n’honorait pas ses parent – un péché courant parmi les chefs religieux de I’époque (voir Mt 15.3-6] Ce qui est significatif, par contre, est que Jésus lui prêcha la loi.

Nous n’avons pas le droit de prêcher la grâce à ceux qui ne comprennent pas encore ce qu’implique la loi de Dieu. À quoi bon expliquer la grâce à ceux qui n’ont pas d’abord conscience de I’appel divin à la justice? Ceux qui ne réalisent pas leur propre culpabilité ne peuvent absolument pas comprendre la grâce de Dieu. Comment prêcher I’Évangile de la grâce à ceux à qui l’on n’a pas encore enseigné que Dieu exige notre obéissance et punit toute désobéissance ?

Les paroles de Jésus auraient dû révéler au jeune homme riche qui ne remplissait pas les exigences de Dieu. C’était là I’essentiel; mais il ne le comprit absolument pas.

Du livre « L’Évangile selon Jésus » de John MacArthur

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