La prédication par exposition du texte


Notes d’enseignement pour le dimanche 3 juin 2012 (Jean Maurais)

Qu’est-ce que la prédication? Est-ce un bête monologue qu’on doit subir semaine après semaine? Un supplice obligatoire qu’on s’inflige en tant que croyant et qui peut-être par miracle (on ne le sait pas trop comment) nous rend de meilleures personnes? Est-ce simplement un rite qu’on doit franchir à chaque semaine en essayant de ne pas s’endormir? Ou est-ce plutôt  une des raisons qui nous motivent à venir à l’église? Une des manières dont nous rencontrons Dieu dans notre semaine?

Vous savez pour la plupart que cette question s e pose dans un contexte précis, celui de l’étude que nous faisons ensemble de la santé de l’église. Qu’est-ce qui rend la prédication essentielle à la santé de l’église? Nous avons vu récemment que :

1)     L’Église est appelée à glorifier Dieu dans ce qu’elle est et ce qu’elle fait. Sa raison d’être est de manifester la magnificence, la toute-puissance et la sagesse de Dieu.

2)     La Bible est l’endroit où l’on découvre la volonté de Dieu pour son Église, ce qu’elle doit être et ce qu’elle doit faire pour glorifier Dieu.

3)     L’Église devient ce qu’elle doit être en étudiant et obéissant à la Parole de Dieu.

Alors la question est : Si nous sommes d’accord en ce qui concerne le rôle central de la Bible pour l’Église, quelle forme cela va-t-il prendre dans nos réunions? Si la Bible occupe une place centrale, comment allons-nous y découvrir la volonté de Dieu pour nous qui formons son église ici à Chambly? Je vous propose que la prédication de la Parole est un élément essentiel à la santé de l’église parce qu’elle est un moyen indispensable pour recevoir la direction de Dieu pour nos vie en tant qu’assemblée.

Regardons ensemble un passage bien connu, puis nous allons en tirer quelques points pour nous pour ensuite réfléchir à la manière dont la prédication devrait être faite.

2 Tim 3.12 – 4.5

12Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés. 13Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes. 14Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises; 15dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ. 16Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, 17afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre.

4 Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, 2prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. 3Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, 4détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. 5Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l’œuvre d’un évangéliste, remplis bien ton ministère.

Les versets 16 et 17 du chapitre 3 nous sont très familiers. Cependant,  il est important de les considérer dans leur contexte immédiat pour comprendre comment cette Écriture est communiquée et pourquoi.

Remarquez 3 éléments fondamentaux:

Opposition de l’extérieur et de l’intérieur

Dans le contexte immédiat, Timothée, responsable d’église, fait face à beaucoup de difficultés à l’intérieur même de son église.  Il y a beaucoup d’opposition :  Des docteurs (des enseignants) viennent et enseignent toutes sortes de choses agréables à  entendre mais non conforme à la saine doctrine. Paul rappelle aussi à Timothée que vivre selon Dieu et demeurer fidèle à son enseignement n’est pas facile. Ce sera souvent un mouvement à contre-courant, avec de multiples possibilités d’égarement, de faux enseignants, etc.  Comment ne pas s’égarer et se perdre? Comment persévérer dans l’épreuve? Comment affermir le corps de Christ? Comment faire croitre les croyants au-travers tout cela pour qu’ils portent du fruit pour leur Seigneur? Comment convaincre ceux qui ne connaissent pas Christ? L’église est perpétuellement en danger de l’intérieur et  de l’extérieur. C’est simplement la réalité depuis toujours. Paul nous dit au début du ch 3 …

Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. 2Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, 3insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, 4traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, 5ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là.

L’église est quelque chose de très fragile. Si ce n’était que des hommes, elle serait disparue depuis longtemps.

L’espoir que nous avons vis-à-vis de l’opposition

L’espoir : demeurer dans les choses que l’on nous a apprises, c’est-à-dire l’enseignement éprouvé de l’Écriture. Voici la déclaration étonnante de l’apôtre Paul : La Parole de Dieu est suffisante pour faire de nous des croyants accomplis « adultes », matures, prêts à toute œuvre que Dieu mettra sur notre chemin. Elle est le guide que Dieu a donné à son Église pour la garder de l’erreur et de l’égarement. Elle est l’outil de prédilection pour enseigner les croyants, pour convaincre, corriger et instruire vers la justice, ce qui est bon et droit aux yeux de Dieu. Ce sont des écrits qui sont inspirés par Dieu même : Il en est l’auteur, ce qui les rend encore plus pertinents pour nous. Remarquez un détail important : Il s’agit de « toute Écriture ».

Ce n’est pas seulement quelques sections (le NT, les Psaumes, nos passages préférés), mais la Bible au complet qui est utile pour cela. Les grammairiens nous disent qu’on peut comprendre cette expression soit par « l’Écriture au complet », ou par « chaque partie de l’Écriture ».  Mais que Paul pense à la Bible au complet ou les différentes sections qui la compose, le résultat est le même : C’est l’Écriture en son entièreté qui vient de Dieu et qui est utile à l’Église. Chaque passage a son utilité qui lui est propre sans que l’on puisse s’en passer de lui. On peut présumer que les faux enseignants employait certains textes bibliques à leur fin et peut-être en rejetaient d’autres. Ce n’est donc probablement pas une coïncidence que l’apôtre affirme que Timothée doit demeurer dans l’enseignement de « toute Écriture ». En contraste avec les divers enseignements qui sont introduits et qui égarent les gens, Timothée et son église doivent s’attacher à ce qui est enseigné dans « toute » Écriture. C’est Toute l’Écriture qui est la solution, la bouée de secours, le carburant, l’antivirus, la nourriture nécessaire au peuple de Dieu.

La nécessité de la prédication

Mais Paul ne s’arrête pas là. Il n’est pas suffisant de proclamer des généralités quand à l’importance de la Bible. Pour qu’elle puisse avoir cet effet sur l’église, pour qu’elle puisse produire des croyants qui sont accomplis et utiles au Seigneur, il faut qu’elle soit prêchée. Paul n’aura pas pu appuyer son point de manière plus forte. Dans ce testament spirituel, il conjure Timothée, et par lui, les responsables d’église. Pour que l’Église soit édifiée, pour que l’erreur soit combattue, pour que nous devenions l’église que Dieu nous appelle à être, la Parole doit être prêchée et enseignée.  Ce n’est pas par accident que cette exhortation suit les versets que nous connaissons bien.

Remarquez comment les mêmes fonctions qui décrivent la suffisance de la Parole sont reprises au v. 2 pour décrire le but de la prédication : Reprendre, instruire, exhorter, et ainsi de suite. Dans la mesure où le prédicateur transmettra fidèlement le message biblique, sa proclamation produira les effets que produit l’Écriture. C’est donc un ministère incroyablement important.  C’est à cette œuvre que le serviteur de Dieu doit se donner fidèlement peu importe la popularité de l’enseignement biblique, que ce soit une occasion favorable ou non.

La Bible ne peut demeurer fermée dans l’assemblée, elle doit être enseignée, proclamée, prêchée. Nous devons avoir une pleine confiance en la Parole de Dieu, dans sa suffisance pour nous nourrir et nous préparer pour tout ce que Dieu mettra sur notre chemin.  Dans la situation où Timothée se trouve, avec les persécutions, faux enseignements, conflits et ainsi de suite, le remède que Paul prescrit, c’est la prédication fidèle de la Parole de Dieu.

Mais pourquoi la prédication? Ne peut-on pas étudier la Bible de d’autres manières?

De toute évidence, on peut étudier la Bible dans d’autres contextes : l’école du dimanche, des cours bibliques, réunions de prière, lecture personnelle, etc. Pourquoi insister sur la prêche du dimanche? Après tout, est-ce qu’on ne devrait pas écouter la multitude d’enseignants la semaine sur Internet, sur notre lecteur MP3, etc. (Pauvres pasteurs maintenant qui sont constamment comparés aux plus doués du monde entier…)

1)     Si nous sommes d’accord en théorie sur la place première de la Parole de Dieu dans la vie de l’église, cela doit se manifester de manière concrète. En la proclamant lorsque nous sommes tous ensemble le dimanche, nous affirmons son importance en nous plaçant sous son autorité. C’est l’équivalent de dire à Dieu qu’en tant qu’assemblée, notre priorité est d’entendre ce qu’il a à nous dire. C’est d’abord un acte d’adoration.

2)      Si la Bible qui dicte les priorités dans notre église, on se doit d’en tirer les mêmes conclusions ensemble, sinon nous serons plus difficilement sur la même longueur d’onde. C’est une occasion de travailler l’unité de l’église, qui se nourrit ensemble des paroles du Seigneur afin de grandir ensemble. C’est un peu comme si les membres d’une même famille ne mangeaient jamais ensemble. Pourquoi avons-nous et favorisons-nous les repas en famille? Nous pourrions facilement manger chacun sur notre côté, parfois peut-être même plus rapidement que lorsque nous mangeons tous ensemble… mais bien vite nous ne serions une famille que de nom, chacun faisant sa petite affaire et délaissant l’identité commune. Si on veut grandir comme un corps en santé, de manière coordonnée, c’est important de se nourrir de la même manière.

3)     Au sujet des prédicateurs étoiles…certainement que c’est une bénédiction immense que d’avoir accès à toutes ces ressources librement… mais ces prédicateurs ne connaissent pas notre contexte immédiat. Si la prédication a pour but de faire une application à nos vies, comme nous le verrons, leur application est beaucoup plus limitée. Ne nous connaissant pas ni notre contexte précis, ils ne peuvent donc pas faire des applications qui nous touchent aussi directement.

 

À  quoi ressemble une prédication fidèle à Toute Écriture?

Fondamentalement, la prédication fidèle à la Bible n’est pas très compliquée : En étapes simples, cela implique 1 ) de lire le texte ensemble, 2) d’en expliquer le sens 3) d’appliquer son point principal à nos vies. Lors du retour des Israélites à Jérusalem sous Néhémie, Esdras et  plusieurs autres ont commencé à proclamer la Parole (ce qu’ils avaient à l’époque) au peuple. Après l’avoir convoqué à une assemblée spéciale :

« 7Josué, Bani, Schérébia, Jamin, Akkub, Schabbethaï, Hodija, Maaséja, Kelitha, Azaria, Jozabad, Hanan, Pelaja, et les Lévites, expliquaient la loi au peuple, et chacun restait à sa place. 8Ils lisaient distinctement dans le livre de la loide Dieu, et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu. (Ne 8.7-8)

Après avoir été attristé par ce qu’ils avaient entendus : « 12Et tout le peuple s’en alla pour manger et boire, pour envoyer des portions, et pour se livrer à de grandes réjouissances. Car ils avaient compris les paroles qu’on leur avait expliquées. » (v. 12) »

Finalement, ils se sont rendu compte qu’ils devaient organiser une fête (la fête des cabanes) en honneur de Dieu et ils ont agi en conséquence :

« 17Toute l’assemblée de ceux qui étaient revenus de la captivité fit des tentes, et ils habitèrent sous ces tentes. Depuis le temps de Josué, fils de Nun, jusqu’à ce jour, les enfants d’Israël n’avaient rien fait de pareil. Et il y eut de très grandes réjouissances. 18On lut dans le livre de la loi de Dieu chaque jour, depuis le premier jour jusqu’au dernier. On célébra la fête pendant sept jours, et il y eut une assemblée solennelle le huitième jour, comme cela est ordonné. »

Un grand évènement s’est produit chez le peuple de Dieu…comment? En lisant, expliquant, et appliquant la Parole de Dieu à la situation actuelle du peuple. On parle parfois de cette approche comme prédication par exposition du texte.

Cette manière de faire n’est pas très compliquée. Cela ne requiert pas d’être un érudit ou un orateur hors pair. Le but n’est pas de divertir ou dévoiler son savoir. Le but, simplement, est de prendre le texte biblique, de l’expliquer dans son contexte pour que les gens puisse voir comment il s’accorde avec l’ensemble de la Bible et de l’appliquer pour qu’il nous parle en nous instruisant, nous édifiant, nous brassant, et nous réconfortant.

Pour être fidèle au texte biblique, cela implique aussi qu’on va faire une lecture et un enseignement suivi de la Bible (livre par livre ou section par section), et non choisir des textes qui nous conviennent ici et là comme dans un buffet.

Il s’agit plutôt de s’engager en une étude suivie du texte biblique et de laisser le texte dicter le sujet de la prédication. Il s’agit d’une prédication contrôlée par le texte.

Toute prédication ne doit pas être faite de cette manière, mais il y a plusieurs avantages à procéder ainsi[1] :

1)     Cette approche nous aide à ne pas nous égarer loin de la Parole de Dieu. Bien qu’il soit nécessaire et bénéfique à l’occasion de prêcher sur des thèmes particulier (comme aujourd’hui), il y a un réel danger d’en arriver à un point où le prédicateur dicte le contenu et le message. La tentation est beaucoup plus grande d’imposer sa propre vision sur la Bible que de laisser la Bible dicter les priorités. Exemple : Un prédicateur vient et aime bien parler d’estime de soi. Il fait des études sur le sujet, qui, bien qu’elles soient bonnes, ne traitent pas nécessairement de tout ce qui est dit sur le sujet dans la Bible. Aussi, après 22 sermons sur l’estime de soi, clairement ce sujet est en déséquilibre par rapport aux priorités bibliques et au récit central qui se développe dans la Bible. Un peu comme le guide alimentaire canadien, la prédication par exposition du texte s’assure que nous ne mangeons pas juste du spaghetti et des frites, mais aussi nos fruits et légumes, bref que notre alimentation soit équilibrée. Elle nous aide à tirer notre enseignement de « toute Écriture » comme nous dit Paul, afin de grandir de manière équilibrée.

2)      De plus, la tentation est grande d’utiliser la Bible pour appuyer ses idées plutôt que de laisser la Bible parler pour elle-même. Aussi, dans ses 22 sermons sur l’estime de soi, notre prédicateur sera sûrement tenté d’employer la Bible pour lui faire dire des choses qui sont hors contexte ou qui ne suivent pas le sens naturel du texte. La prédication par exposition du texte, quand elle est bien faite, aide à éviter ce piège et de devenir, comme les docteurs du temps de Timothée, des gens qui  enseignent plutôt ce qui leur convient (à eux ou leur audience).  L’église n’est alors pas (autant) à la merci des intérêts et des goûts du prédicateur ou de tendances changeantes de notre culture. À l’opposé, le prédicateur n’est pas à la merci des goûts de l’assemblée.

3)     Une conséquence de ces deux premiers points est que cette approche oblige le prédicateur à s’arrêter sur des sujets difficiles ou controversés. Paul dit aux anciens d’Éphèse en Ac 19 qu’ils doivent proclamer tout le conseil de Dieu, pas seulement les parties qui les passionne ou celles qu’ils trouvent plus faciles, mais tout dans son entièreté. Lorsqu’on prêche la Bible de manière systématique, on est obligé de s’arrêter sur les textes qui parlent d’homosexualité, de divorce, de prédestination, bref des sujets que le prédicateur aurait tendance à éviter. Mais d’enseigner de manière suivie sur le texte biblique l’oblige à faire face à tous ce que Dieu dit, que ce soit agréable ou pas. Les gens ont soifs de réponses. Ils ont besoin de savoir ce que la Parole de Dieu dit. On ne leur rend pas service en revenant toujours sur les mêmes idées.

4)     Cette approche nous aide tous dans notre lecture de la Bible. Souvent, nous lisons une histoire de l’Ancien Testament ou un chapitre d’Ésaïe ou d’un Évangile, puis prions remerciant Dieu pour sa Parole mais ne sachant pas trop comment faire le lien entre ce que nous avons lu et notre propre vie. Si le prédicateur a l’habitude de prêcher sur des textes suivis (que ce soit quelques versets ou un chapitre au complet), il nous enseigne comment assimiler ce passage à notre vie. Nous pouvons retourner chez nous par la suite et apprendre à faire de même dans notre lecture. À quoi bon lire si on ne peut faire de lien pour nous-mêmes? La Bible n’est pas un livre magique qui fait que, si nous laissons nos yeux suivre ses mots, nous serons transformés comme par magie ou touchés par l’Esprit. Non, son contenu doit être compris et assimilé pour qu’il puisse produire son effet. Comment obéir à la Parole si on ne sait pas clairement ce qu’elle dit pour nous aujourd’hui? En ce sens, la prédication peut servir de modèle pour les croyants dans leur lecture de la Bible.

5)     Cette approche permet au prédicateur de parler avec confiance et autorité. Si le message du prédicateur s’accorde avec le message biblique – en d’autres mots, s’il est fidèle au texte biblique – il peut être proclamé avec confiance. L’autorité du prédicateur n’est pas la sienne, mais celle de la Parole de Dieu. Si ce qu’il dit n’est pas en accord avec les Écritures, n’y prêtez pas attention. Mais si son message y est conforme, il est dans votre intérêt de l’écouter attentivement. Si vous croyez réellement que la Bible est la Parole de Dieu, c’est-à-dire que Dieu parle par elle, et que cette parole vous est annoncée, proclamée, expliquée  par la prédication, quelle responsabilité nous incombe alors! Dieu a parlé, il vaut mieux écouter et agir!

Pour toutes ces raisons, je crois que nous pouvons dire que ce genre de prédication devrait être le type de prédication prédominant dans l’église. Est-ce que notre prédication est fidèle à la Parole de Dieu? Est-ce qu’elle nous permet en tant qu’Église de grandir en obéissance au Seigneur en nous proclamant tout le conseil de Dieu, c’est-à-dire « Toute l’Écriture ». Comme enseignants, c’est notre responsabilité envers l’église. Mais c’est aussi la responsabilité de l’assemblée. C’est elle qui doit s’assurer que ce qui est proclamé devant tous est fidèle aux Écritures et explique clairement ce que Dieu attend d’elle. Priez-vous pour vos prédicateurs, pour qu’ils puissent s’appliquer à étudier la Parole de manière à nous la communiquer et l’appliquer à sa vie comme à celle de l’église? Est-ce que vous le remerciez pour le travail qu’il y met et pour la manière dont vous avez grandi sous sa prédication? Ce sont des choses très importantes!

Conclusion

« Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile…afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre…Prêche la Parole en toute occasion!!! »

Est-ce que tu es vraiment convaincu de ces choses? Est-ce que tu es conscient de leur importance? Il me semble que même en disant oui, nous avons trois problèmes :

1)     Nous ne sommes  pas réellement convaincus de la puissance et de la suffisance de la Parole de Dieu dans nos vies et dans l’église, pour nous équiper pour faire face à tous nos défis. Si nous l’étions, nous serions tellement plus assidus à l’étudier, à l’écouter, à mettre autres choses de côté pour pouvoir mieux la comprendre et l’expliquer à d’autres! Nous ne sommes pas pleinement convaincus que ce que nous avons le plus besoin dans nos vies, c’est son instruction, son encouragement, ses corrections, ses promesses! Que ces choses sont essentielles pour tous les aspects de nos vies…Si nous en étions vraiment convaincus, est-ce que ceci ne serait pas concrètement la plus grande priorité de notre vie? D’écouter et d’obéir à ce livre qui est le message qui nous vient de notre créateur et sauveur?

2)     La vérité est que nous avons trop souvent un cœur rebelle et paresseux, peu enclin à se soumettre à Dieu par sa Parole.

–        D’écouter attentivement une prédication, ce n’est pas toujours facile. Nous ne sommes pas bien préparés (couché tard la veille), on a couru le matin, nos enfants nous distraient, il fait chaud dans la salle, le prédicateur n’est pas le plus doué, etc. Il peut y avoir beaucoup d’obstacles qui mettent à l’épreuve nos bonnes résolutions.

–        De plus, c’est une chose que d’écouter la Parole prêchée, mais où se trouve notre obéissance? Si seulement il suffirait d’entendre, de connaître quelque chose pour que ça entraine une obéissance automatique : Quel soulagement ce serait pour tous les parents du monde entier! Plus besoin de répéter!!! Imaginez un pays où les enfants font immédiatement ce que leurs parents leur disent! Qu’il s’agit de le dire et tout de suite ils le font!

Mais lorsque nous entendons la Parole prêchée, sommes-nous disposés à y obéir? Sommes-nous comme Samuel disant : Parle Éternel car ton serviteur écoute? Sommes-nous prêts à nous laisser remettre en question? À s’ouvrir à cette Parole et la laisser sonder notre cœur? À changer des choses que l’on sait déplaisent à Dieu? Est-ce que nous sommes prêts à nous accrochez à une promesse, même quand elle parait tellement invraisemblable? Quand nos circonstances nous disent le contraire? Nous pouvons nous entêter dans de mauvaises dispositions ou attitudes parce que nous refusons de croire aux promesses de Dieu : « Ma force te suffit » ou « Je serai avec vous toujours » « Il n’y a plus de condamnation »…

Et quand nous quittons l’église, une fois le culte terminé…oublions-nous tout de suite la conviction que Dieu a placé sur notre cœur, ou sommes-nous déterminés à obéir promptement à ce que Dieu nous demande de faire?

Sommes-nous conscients que nous avons encore en nous des restes de péché – –  qui ne veulent pas changer? Que sans l’intervention gracieuse de Dieu par son Esprit, nous sommes impuissants? Que nous sommes entièrement dépendants de lui?

Puissions-nous avoir faim et soif de sa Parole, comme des enfants nouveau-nés!

Puissions-nous être plus déterminés que jamais à avancer avec joie dans l’obéissance!

Puissions-nous, dans notre détermination, être toujours plus dépendant de Celui qui rendra parfaite en nous cette oeuvre qu’il a commencé!


[1] Plusieurs des points énumérés ici-bas sont tirés d’un article de D. A Carson sur le sujet qui peut être trouvé ici :

http://s3.amazonaws.com/tgc-documents/carson/1996_accept_no_substitutes.pdf

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