Survol d’Amos : Dieu s’intéresse-t-il à moi?


Notes d’enseignement pour le dimanche 26 mai 2013 

Une des grandes questions de la vie est de savoir si Dieu existe; et s’il existe, s’il pense aussi à moi. Est-ce que Dieu est au courant de ce qui se passe sur terre? Est-ce qu’il est courant de ce qui se passe avec moi? Il est évident que ce genre de question ne nous vient probablement pas à l’esprit très souvent. Mais quand nos petites vies sont confrontées à des réalités qui nous dépassent comme une catastrophe « naturelle » ou le décès d’un proche, il est presque inévitable de se poser ce genre de question.

Le livre d’Amos, aussi considéré comme faisant partie des petits prophètes de l’Ancien Testament, pose cette même question. Amos était un éleveur de bétail, un berger. Il n’était pas un prophète professionnel. Il venait de la région de Juda au sud de Jérusalem. Nous n’en savons pas beaucoup plus sur sa vie professionnelle. Le livre qui porte son nom est à peu près tout ce que nous avons. Et pourtant, l’Éternel s’est servi de lui pour adresser un avertissement à son peuple.

Amos est envoyé aux 10 tribus du nord, le Royaume d’Israël pour être plus exact. Les deux tribus au Sud formaient le Royaume de Juda. Amos était donc plus ou moins un étranger dans le nord. Certes, il parlait la même langue qu’eux, mais sa culture et ses convictions religieuses ne se retrouvaient pas en Israël.

Depuis longtemps maintenant, Israël avait adopté d’autres formes cultuelles que celui du temple de l’Éternel. On rendait hommage à des dieux étrangers. L’éducation importée de Grèce, d’Assyrie, d’Égypte donnait des alternatives à la conception de l’univers et de la poursuite du succès. Le royaume d’Israël au temps d’Amos était très cosmopolite, intellectuellement sophistiqué, et très riche… du moins, on va dire qu’il y avait une proportion significative de la population qui avait des moyens.

Mais le Royaume d’Israël était aussi un pays où les pauvres étaient opprimés et où les faibles étaient accablés par la misère. C’était aussi un pays qui privilégiait le succès personnel à tout prix, même quand on se l’appropriait au détriment des autres. Nous ne sommes pas très loin de ça au Québec par endroits. On pourrait alors se demander, « et puis… c’est quoi le gros problème? » Qu’est-ce qui lui prend à Amos d’en faire un si grand drame? »

C’est vrai que l’on ne peut pas espérer changer le monde pour le rendre parfait. Et nous ne devrions pas être choqués de constater que l’être humain n’est pas parfait en soi. C’est un peu ça être humain, non? Alors, nous ne pouvons pas juger trop sévèrement le Royaume d’Israël après tout. Et puis en plus, l’Éternel n’est-il pas un Dieu ouvert à la diversité? À la poursuite du savoir? Au progrès social? Au principe que celui qui travail fort mérite son salaire? Et tout cela en sachant mieux que n’importe qui que sa création n’est pas parfaite, corrompue à cause du péché?

Le facteur important dans cette histoire n’est pas que Dieu est intransigeant et qu’il ne permet pas à son peuple de faire des erreurs. Il ne faut surtout pas oublié que l’Éternel s’était choisi un peuple pour être la lumière des nations, d’être un exemple de la vérité, de la sincérité du cœur qui sont le reflet de la nature de l’Éternel. Nous devons lire Amos en étant sensibles à l’alliance que l’Éternel avait faite avec son peuple Israël. C’est dans ce contexte que le prophète réclame que le Royaume d’Israël prétendait adorer l’Éternel tout en reniant le sens de cette adoration dans la pratique. Nous devons donc comprendre que le Royaume d’Israël était en train de jouer, en quelque sorte, avec le témoignage de l’Éternel. Ça serait un peu comme si le représentant d’une compagnie dénigre son patron en privé devant les employés d’une autre entreprise et que le jour suivant, il fait une présentation devant ces mêmes employés qui loue son patron et fait l’éloge de sa propre compagnie.

Je veux que Dieu s’intéresse à moi?

Si Dieu existe, j’aimerais bien savoir qu’il pense à moi quand je suis victime d’injustice. J’aimerais bien que Dieu soit présent pour me réconforter quand je passe par une période difficile, des épreuves dans ma vie. Mais comment je me sens quand c’est moi qui suis la cause de la souffrance chez les autres? Quand c’est moi qui opprime le faible ou manque d’amour envers l’opprimé? Est-ce que je veux toujours que Dieu pense à moi?

Il nous faut donc être honnêtes avec nous-mêmes. Nos cœurs sont plutôt égoïstes de nature. Nous préférons un dieu qui est là selon nos préférences. Nous n’accueillons pas avec trop d’enthousiasme un dieu auquel nous devons nous soumettre. Pourtant cette disposition du cœur est ce que la Bible appelle de l’idolâtrie. Je me fabrique un dieu qui fait mon affaire et j’en fais autant mon confident que le juge de mes actions. Cela étant dit, je maintiens le droit de véto.

L’Éternel n’est pas un dieu issu d’une usine de fabrication pour satisfaire mes caprices. Il est une personnalité indépendante. La Bible nous affirme qu’il juge avec droiture parce qu’il est au courant de tout. La Bible nous affirme qu’il est aussi bon de façon intrinsèque. Donc, il juge avec équité. De plus, l’Éternel est fidèle. Il ne revient jamais sur sa Parole ou ne va jamais faire quelque chose qui est contre sa nature. Il est intègre. Voilà le personnage qui envoie Amos avertir le Royaume d’Israël. Le Dieu d’Israël réclame audience avec son peuple qui prétend le servir et l’adorer.

Comment devons-nous comprendre le livre d’Amos?

Comment une chose qui s’adresse à un peuple lointain dans le temps et dans l’espace peut-elle être pertinente pour nous aujourd’hui? Si tu confesses le Seigneur Jésus-Christ comme ton Seigneur personnel, alors tu fais partie du peuple de Dieu aussi. La manière que Dieu se révèle à son peuple te concerne aussi. Certes, nous sommes dans de nouvelles circonstances, mais puisque l’Éternel ne change pas et que nous sommes toujours appelés à l’adorer en vérité et avec sincérité de cœur, il y a des choses qui s’appliquent à nous dans le livre d’Amos, surtout en ce qui concerne notre adoration. La question qu’Amos vient répondre pour nous dans son livre est la suivante : en plus de s’intéresser à moi, est-ce que Dieu tient compte de mon adoration? Quelle est pour l’Éternel une adoration acceptable et qui lui fait honneur?

Structure du livre d’Amos

Chapitres 1-3

Série d’oracles stylisée contre trois peuples voisins, trois peuples apparentés, contre Juda pour sa désobéissance à la loi, et contre Israël pour son injustice sociale.

Chapitres 4-6

Série d’oracles qui dénoncent la corruption sociale, politique et religieuse, ainsi que le refus du peuple d’avoir écouté les avertissements de l’Éternel, et l’annonce d’une destruction militaire.

Chapitres 7-9

Série de 5 visions : catastrophes agricoles, l’annonce de la fin de la dynastie royale et des tribus du Nord, le jugement implacable de l’Éternel contre son peuple.

Annonce du salut pour un avenir lointain (9.11-15) qui est cité dans le Nouveau Testament par Jacques (Actes 15.16-18).

L’Éternel intervient et il parle

  • 1.1-2 L’Éternel fait rugir sa voix… contre qui?
    1.3 à 2.3 contre les nations
    2.4-5 contre Royaume de Juda
    2.6-16 contre Royaume d’Israël
  • 3.1-8 L’Éternel tient compte des causes et des effets de l’injustice
  • 3.9-15 L’Éternel explique ses jugements

Les causes de son jugement

  • 4.1-3 Endurcissement de cœur (avarice, égoïsme, matérialisme)
  • 4.4-5 Religion superficielle
  • 4.6-13 Les oreilles bouchées
  • 5.10-17 Injustices envers l’opprimé,
  • etc.

La nature de son jugement

  • 7.3, 6  L’Éternel « se repend » (renonce)
    en anglais « relent » — L’Éternel manifeste sa patience, dans le but d’inciter son peuple à retourner vers lui.
  • 7.7-9 L’Éternel exerce sa justice avec équité, avec une juste mesure
  • 7.10-17 Le jugement de l’Éternel est certain (mini-autobiographie d’Amos)

Le message d’Amos dans le Nouveau Testament

Est-ce que la perspective d’Amos est isolée au temps d’Israël ou est-ce une idée que l’Éternel estime être important pour tout son peuple à travers les âges? En d’autres mots, en quoi est-ce que la perspective d’Amos est-elle pertinente pour nous aujourd’hui? Quelles correspondances restent-ils entre l’ancienne et la nouvelle alliance de l’Éternel avec son peuple?

L’Épître de Jacques nous donne justement un message parallèle avec des applications très pertinentes. Nous pourrions les résumer comme suit :

La foi sans les œuvres est une foi morte. Aimer Dieu sans démontrer une compassion pour le pauvre et l’opprimé devient de l’hypocrisie. Et finalement, adorer Dieu sans être soumis à ses commandements devient de l’idolâtrie.

Conclusions

Que devrions-nous retenir du livre d’Amos aujourd’hui? Nous avons au moins deux conclusions devant nous. La première est plutôt ciblée vers ceux qui ne professent pas le Seigneur Jésus-Christ comme étant leur point de repère et leur guide pour prendre des décisions.

L’Éternel est peut-être plus intéressé par toi que tu le réalises. L’Éternel est juste et son jugement est certain. Il ne peut pas faire autrement car il est fidèle à lui-même. Et comme Israël dans le temps d’Amos, tes soucis le plus importants dans cette vie est d’échapper au juste jugement de l’Éternel.

La deuxième conclusion qui ressort d’Amos s’adresse plutôt à ceux qui professent Jésus-Christ comme leur Seigneur, le Sauveur de leurs âmes. Quel genre d’adoration plaît à Dieu? Je commence réellement à rendre à Dieu un culte raisonnable lorsque je suis à l’écoute de sa Parole et je place ma confiance en Jésus-Christ qui est ma justice. (Actes 15.16-18)

En finalement, Actes 7.42 cite le prophète Amos et nous invite à considérer si notre cœur est réellement et entièrement mis à nu devant L’Éternel. Il nous a créés pour l’adorer en esprit et en vérité. La plus grande bénédiction que nous pouvons vivre devant l’Éternel en ce qui concerne l’adoration est d’arrivée à un point dans notre adoration où notre cœur est entièrement dévoilé devant lui. J’arrive au point où toutes mes passions, mes désirs, mes victoires ainsi que mes manquements, mes soucis comme mes réjouissances sont apportés devant le trône de sa grâce. J’arrive au point où j’arrête de me compter des mensonges et je m’exprime comme l’Éternel me voit. Comme l’a si bien dit David, « Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur : Fais donc pénétrer la sagesse au dedans de moi! » (Psaume 51.8)

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