Sept réflexions pour célébrer Pâques (pt 1)


La Pâque est réellement la fête la plus importante au calendrier chrétien. Pourtant, dans notre âge séculaire, il semble qu’un nombre grandissant de gens ne sont plus trop certains comment souligner Pâques. C’est une fête si théologiquement riche que pour beaucoup d’entre nous, elle ne veut plus dire grand-chose. Et si vous êtes Chrétien, il se peut que vous vous laissiez influencer par cet état des choses pour reléguer Pâques à une célébration de 2e rang sur votre calendrier.

En parcourant le récit des évènements qui ont abouti à la résurrection de Jésus, j’ai été frappé dernièrement par plusieurs aspects des interactions de Jésus avec ses disciples. Nous y trouvons, je crois, plusieurs pistes de réflexion utiles qui nous aident dans notre célébration de Pâques. Je vais me limiter au récit de Luc 22 qui est particulièrement généreux avec les détails.

Le complot de Judas

4 Et Judas alla s’entendre avec les principaux sacrificateurs et les chefs des gardes, sur la manière de le leur livrer. 5 Ils furent dans la joie, et ils convinrent de lui donner de l’argent. 6 Après s’être engagé, il cherchait une occasion favorable pour leur livrer Jésus à l’insu de la foule.

Il est facile de larguer des insultes à Judas. Il est le disciple de Jésus qui a livré son maître aux chefs religieux. Mais je trouve qu’il est un personnage plus complexe qu’il paraît à première vue. Judas avait bel et bien l’intention de livrer Jésus aux principaux sacrificateurs, mais je ne suis pas convaincu que Judas planifiait pour autant la mort de Jésus. Il était un zélote, un révolutionnaire. Judas était « pro-changement », surtout concernant l’occupation romaine. Est-ce qu’il essayait de forcer la main de Jésus ? Les sacrificateurs l’auraient-ils trompé ? Le remord profond de Judas suite à sa trahison de Jésus nous pousse à questionner ses intentions. (Matthieu 27.3-4)

Le parcours de Judas illustre bien notre condition lorsque nous cherchons à manipuler une situation (des gens) pour atteindre nos buts sans chercher à être soumis à la volonté de Dieu. En dissimulant nos vraies intentions, même pour un résultat qui semble honorable, nous finissons par accomplir le mal. Comme le dit si bien le vieux dicton, « le chemin de la perdition est pavé de bonnes intentions. »

Première piste

Ésaïe 53.6 affirme que nous étions tous errants comme des brebis suivant notre propre voie. En considérant le prix que Christ a payé sur la croix pour notre péché, il est sage d’examiner nos réactions à l’appel de Dieu dans nos vies. Ai-je négligé l’appel de Dieu dernièrement ? Ai-je choisi de répondre à l’appel de Dieu en négligeant de faire ce que je sais aurait été nécessaire, mais trop inconvénient ?

Je suis parfois surpris de constater à quel point je suis habile à me justifier dans mon refus d’être soumis à la direction de Dieu. Je rouspète. Et si j’acquiesce à la direction du Seigneur, c’est seulement pour faire ce qui fait mon affaire. (ex. Jonas et sa réaction à l’appel du Seigneur d’aller à Ninive proclamer le salut de l’Éternel)

La préparation du repas pour les disciples

8et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant : Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions.

Je constate que nous privilégions souvent la spontanéité dans nos cercles évangéliques. Nous visons l’authenticité, parler du cœur, dire les vraies choses. Mais il ne faut pas confondre spontanéité avec authenticité. L’un n’amène pas forcément l’autre. Même si l’Esprit de Dieu habite chaque enfant de Dieu, pas toutes les pensées qui lui passent entre les oreilles méritent l’approbation. Il est remarquable dans ce récit que Luc prenne la peine de nous décrire les préparatifs, la planification de Jésus pour le repas de la Pâque.

Jésus aurait pu très bien faire les choses lui-même. Il aurait pu faire en sorte que ce dernier repas si riche en symboles qui concernent l’alliance de Dieu avec son peuple et l’accomplissement de ses promesses en Christ soit plus « fantastique ». Mais on trouve de la détermination, de la planification dans les paroles de Jésus. Un plan se dévoile tranquillement au fur et à mesure que les choses avancent. Les disciples s’en rendent compte. Ce repas va être spécial et ils se préparent en conséquence.

Nous parlions récemment en église de notre besoin de simplement prier pour apprendre à prier. Il est vrai que ce n’est pas l’instruction qui manque. Nous avons simplement besoin de nous mettre à genoux et passer du temps dans la prière. Une remarque qui m’est venue à l’esprit dans ce sens est que nous négligeons souvent de planifier pour prendre le temps de prier. C’est comme si nous sommes plus attirés par l’aspect surnaturel ou spontanée de notre expérience spirituelle. Pourtant, une expérience authentique de Dieu se trouve autant dans la spontanéité que dans la planification (la discipline) de notre relation avec Dieu. Une chose est certaine, si je ne dispose pas mon cœur à rencontrer Dieu, il est peu probable (à moins d’une intervention de sa grâce) que nous rencontrions Dieu dans ce moment.

Deuxième piste

Nous nous approchons du point culminant dans ce qui est traditionnellement appelé « la semaine sainte ». Certes, je peux affirmer que je n’ai pas besoin d’une fête pour souligner la résurrection de Jésus. Mais la préparation de Jésus pour ce dernier repas avec ses disciples m’interpelle parce que je constate que même le Fils de Dieu a accordé du temps à la préparation pour glorifier son Père céleste.

Alors lorsque je considère l’emploi de mon temps dans cette saison de Pâques, suis-je satisfait de ma planification pour passer du temps devant le Seigneur ? Ai-je placé tout le poids de mes engagements sur mes intentions sans accorder d’importance à ma préparation ? Au fond, ai-je mis de côté le temps nécessaire pour sonder mon cœur, pour examiner mes engagements à la lumière des priorités que je sais que Dieu a placées devant moi dans sa présence ?

Une expérience communautaire

17Et, ayant pris une coupe et rendu grâces, il dit : Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous ;

Pâques n’a pas été conçu pour être distribué en portions individuelles. L’accomplissement de l’alliance de Dieu en Jésus-Christ est une alliance qui s’adresse à un peuple, le peuple des rachetés par la grâce de Dieu. Je ne peux pas célébrer Pâques tout seul dans mon coin. Avant d’aller à la croix, Jésus a affirmé qu’il avait gardé tous ceux que son Père lui avait confiés. (Il faut apprécier la séquence dans Jean 6.39 ; 17.12 et 18.9.)

Le texte de 1 Pierre 2.9-10 vaut aussi la peine d’être cité ici.

9 Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, 10vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde.

En tant que pasteur, je suis toujours réjoui de voir des gens, des familles venir se joindre à nous le dimanche pour célébrer Pâques. Mais j’éprouve une certaine tristesse lorsque je constate que ce n’est pas une pratique régulière le reste de l’année. Est-ce parce que j’aime voir beaucoup de gens fréquenter notre église pour que je puisse me vanter que l’église grandit ou paraît bien ? C’est peut-être vrai par moments. Mais je suis beaucoup plus concerné par l’identité du peuple de Dieu. Je ne peux pas prétendre appartenir au peuple de Dieu sans m’identifier avec ceux que Dieu appelle par sa grâce à se rassembler en son nom. C’est un non-sens !

La vie chrétienne n’a pas été conçue pour être expérimentée à l’écart de l’église. (Voir Jean 10.1-18 ; Eph 4.1-4) Je n’ai aucune gêne à affirmer que l’église du Seigneur a des manquements et ne sait pas toujours refléter la nature de notre Seigneur. J’en fais certainement partie et je suis conscient de mon incapacité. Mais au lieu d’éviter les Chrétiens, cette réalisation me pousse à me joindre à eux. C’est justement cette réalisation de mon insuffisance qui me pousse à rechercher la camaraderie de mes frères et sœurs dans le Seigneur. J’ai besoin d’être affermi, corrigé, réconforté et édifié par l’expression de leurs dons accordés gracieusement par l’Esprit de Dieu. C’est un orgueil spirituel qui me pousse à garder mes distances autant émotionnelles que physiques du peuple de Dieu. Car il est même possible de se cloîtrer des autres Chrétiens en venant au culte. Et ça, c’est un drame terrible . Il n’y a pas de spectateurs dans le peuple de Dieu, seulement des participants !

Troisième piste

En se remémorant la passion du Christ, il est important de considérer la place que j’occupe dans le peuple de Dieu. Me suis-je isolé de cette grande famille de pêcheurs graciés ? Est-ce que je me retiens de participer avec ceux pour lesquels Jésus-Christ a donné sa propre vie à la croix ? (Voir Osée 2.19-20 et Eph 5.25-27) Comment puis-je m’investir dans la vie de ceux que Dieu m’appelle à édifier avec lui pour sa gloire ?

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