Sept réflexions pour célébrer Pâques (pt 2)


En parcourant le récit des évènements qui ont abouti à la résurrection de Jésus, il est frappant de voir comment les interactions de Jésus avec ses disciples nous enseignent sur Pâques. Nous y trouvons, je crois, plusieurs pistes de réflexion utiles qui nous aident dans notre préparation pour célébrer Pâques. Ce qui suit est la continuation d’un article écrit hier sur les premiers versets de Luc 22.

Qui est le plus grand ?

24Il s’éleva aussi parmi les apôtres une contestation : lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand ? 25Jésus leur dit : Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. 26Qu’il n’en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert.

Jésus parle du Royaume à venir et du prix qu’il devra payer. Et les disciples ne pensent qu’à leur rang dans le nouvel ordre. Bizarre non ? Jésus les reprend en leur rappelant qu’ils ne font pas partie d’un royaume comme celui qui les domine (Rome). Le pouvoir du Royaume de Dieu s’exprime par le service. Et comme de quoi, Jésus appuis le concept en citant son exemple, une vérité qui leur sera illustrée quelques heures plus tard sur une croix sanglante à Golgotha.

Il est bien sûr question de souffrir, de supporter et d’avoir un intérêt particulier pour son prochain. Celui qui annonce le Royaume de Dieu en faisant des promesses de prospérité, de pouvoir et de prestige comprend mal l’évangile. Seuls ceux qui persévèrent avec Jésus en servant l’autre en son nom peuvent hériter de la gloire, du prestige et de l’honneur dans le Royaume des cieux. Dans ce sens, la vie chrétienne n’est pas une quête de souffrance ou un abandon de sa passion pour la vie. C’est mal comprendre ce que Jésus enseigne à ses disciples dans Luc 22.26. La vie chrétienne est plutôt une aventure où l’on cherche à imiter l’exemple du Seigneur Jésus-Christ en servant joyeusement les autres en son nom.

Quatrième piste

Lorsque je considère l’appel du Seigneur Jésus-Christ à servir mon prochain en son nom, je ne peux pas aussi ignorer la nécessité de mourir à moi-même. Je ne peux pas réellement servir mon prochain si je ne suis pas aussi prêt à sacrifier une partie de mon ambition personnelle (ex. d’être vu, reconnu ou entendu). Mon ego prend un petit coup et ce n’est pas si mal en fin de compte, surtout lorsque je considère l’exemple de mon Seigneur qui a offert sa propre vie sur une croix à ma place. Mon ambition est-elle réellement de servir les autres au nom de mon Seigneur ? Ai-je résolu la question de mourir à moi-même ? Qu’est-ce que cela pourrait représenter pour moi aujourd’hui ?

Pierre renie ce qui fait sa force

31Le Seigneur dit : Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. 32Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. 33Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort.

On ne peut pas s’empêcher de laisser échapper un petit souffle d’étonnement devant l’affirmation de l’apôtre Pierre. Nous connaissons la suite de l’histoire. Pourtant, Pierre avait bien compris l’idée de servir les autres et de servir Jésus en particulier. Il l’affirme de manière sans équivoque. « Je suis prêt à te suivre et à te servir jusqu’à aller en prison, même mourir avec toi s’il le faut ! » Ce n’est pas la passion ou l’engagement de Pierre qui manquent. Non. Ce qui lui manque est une dépendance sur le Seigneur Jésus-Christ, une vraie humilité.

Jésus indique déjà que Pierre sortira affermi de cette épreuve qu’il s’apprête à franchir. (v.32) Mais ce ne sera pas sans des pleurs amers et une repentance profonde de la part de Pierre.

Cinquième piste

Lorsque nous nous préparons à célébrer Pâques, il est crucial de considérer la signification personnelle de l’œuvre de Jésus à la croix. Car je ne viens pas au pied de la croix pour affirmer la fidélité de mon allégeance. Je viens au pied de la croix pour me mettre d’accord avec Dieu que je ne suis pas digne de l’offre extravagante de Jésus-Christ sur cette croix. Une réponse de ma part qui est digne de la grâce de Dieu commence par une prise de conscience que je ne peux pas attirer le regard favorable de Dieu uniquement par ma bravoure, mon dévouement, ma passion.

Puis-je réellement espérer faire mieux que Jésus qui est mort et ressuscité pour moi ? La seule chose qui « impressionne » Dieu est le sacrifice de son Fils pour payer la dette de mon péché. Je ne peux pas ajouter quoi que ce soit à ce sacrifice. Mais je peux y répondre d’une telle façon que je m’appuie sur ce qu’il a fait pour entamer le reste de ma journée par la foi en son nom.

Les Écritures seront accomplies

37Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s’accomplisse en moi : Il a été mis au nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le point d’arriver.

Ce qui fait la puissance de Pâques est que le récit de la crucifixion, de l’ensevelissement et de la résurrection sont le résultat de la fiabilité de la Parole de Dieu. Ésaïe 48.8 nous rappelle que « l’herbe sèche, la fleur tombe ; Mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement. » L’apôtre Pierre cite ce passage dans 1Pierre 1.24-25 et va même faire le lien avec l’évangile, « cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile. » Tout ce que Jésus devait accomplir était pour accomplir la Parole de Dieu. Il n’a rien fait de son propre chef. C’est la raison pour laquelle il s’écria avec son dernier souffle, « Tout est accompli » (Jean 19.30).

La venue de Jésus à Jérusalem qui suscita l’acclamation du peuple criant « Hosanna ! » ainsi que les cris du peuple, « Crucifiez-le » ne sont pas des aberrations au plan de Dieu. Ils sont l’accomplissement de la Parole de Dieu. La mort et la résurrection de Jésus furent l’accomplissement de la Parole Dieu. L’envoi du Saint-Esprit aux disciples dans la chambre haute pendant qu’ils priaient était aussi selon la Parole de Dieu.

Sixième piste

La mort du Sauveur à la croix était horrible et sanglante. Il ne s’agit pas d’une manifestation masochiste de la part de Dieu. Jésus devait refléter l’image d’un agneau que l’on amène devant l’autel pour couvrir par son sang les péchés de ceux qui appartiennent au peuple de Dieu. Par sa mort, Jésus est littéralement devenu un sacrifice propitiatoire qui enlève les péchés du monde. As-tu trouvé refuge dans ce sacrifice ? Gardes-tu la confiance que ce sacrifice est suffisant pour couvrir tes péchés devant la justice de Dieu ?

Un temps de prière pénible

45Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse, 46et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.

Il n’est pas difficile de s’imaginer la scène. Les disciples venaient de vivre une journée remplie d’émotions. Ils viennent d’apprendre que leur Seigneur sera amené captif. Ils sont prêts à se défendre. Jésus les laisse là pour prier ensemble pendant que le lui-même se tient à distance et entre en guerre spirituelle contre sa chaire, l’adversaire et le sentiment d’isolation qui grandit devant la tâche qui l’attend.

Mais quand est-il des disciples ? L’ironie du sort est incroyable ! Ces hommes qui étaient prêts à se battre pour Jésus et à le défendre ne sont pas capables de passer une heure dans la prière. Cette scène nous illustre là où se situe la bataille dans la vie d’un disciple de Jésus. La prière est l’arme par excellence de ceux qui cherchent à suivre les traces de Jésus. Ephésiens 6.18 nous exhorte de la manière suivante, « 18Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. » (Lire le passage dans son contexte, Éphésiens 6.10-18)

Septième piste

C’est bien souvent au niveau de la prière que la plupart des Chrétiens restent insatisfaits. Toutes sortes de raisons s’imposent. Si ce n’est pas la quantité du temps, c’est la qualité du temps de la prière qui est mise en cause. Si ce n’est pas la qualité du temps de prière, c’est la puissance ou l’efficacité de la prière qui est pointée du doigt. Ceci dit, le Seigneur nous enseigne que la prière est vitale à la marche chrétienne.

Avant de nous donner une note à notre vie de prière, pourrions-nous simplement exprimer notre insatisfaction vis-à-vis notre vie de prière à Dieu lui-même ? Au lieu de se faire des reproches, encourageons-nous à placer notre fardeau au pied de notre Seigneur et Sauveur qui aime passer du temps avec nous au travers de la prière. Et si c’est le contenu qui nous manque, nous pouvons toujours trouver inspiration dans les maintes prières écrites dans la Parole de Dieu.

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