Quand le monde est grand (1 Jean 2)


…et Dieu devient petit.

Lorsque nous considérons la gloire de Dieu et notre réponse à Lui dans notre quotidien, nous nous rendons compte qu’adorer Dieu implique un choix assez radical qui concerne nos relations avec le monde qui nous entoure. Une perspective biblique de Dieu nous amène non seulement à avoir une perspective particulière sur le Créateur, mais aussi sur le monde qui nous entoure.

Une tension dans nos affections

Jésus est catégorique dans sa description du système de pensée qui caractérise un monde qui n’accorde pas à Dieu la priorité dans sa vision des choses. Il décrit bien d’ailleurs ce qui caractérise l’être humain qui cherche à simplement bâtir sa propre vie et poursuivre son succès sans tenir compte du Dieu qui lui a donné son souffle de vie.

1 Jean 2.15-17 : N’aimez pas le monde ni rien de ce qui fait partie de ce monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour pour le Père n’est pas en lui. 16 En effet, tout ce qui fait partie du monde : les mauvais désirs qui animent l’homme livré à lui-même, la soif de posséder ce qui attire les regards, et l’orgueil qu’inspirent les biens matériels, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. 17 Or le monde passe avec tous ses attraits, mais celui qui accomplit la volonté de Dieu demeure éternellement.

Une réaction légitime, mais qui nie la réalité

Dans le sud des Alpes françaises, prêt de la Suisse, se trouve un monastère qui existe depuis près de mille ans. Le monastère de la Grande Chartreuse est la maison mère de l’ordre des moines Chartreux qui maintient une tradition spirituelle et mystique d’un l’ascétisme qui cherche à se rapprocher de Dieu tout en se séparant des influences charnelles du monde. La devise de l’ordre des Chatreux résume bien leur mode de vie ainsi que leur raison d’être, « stat crux, dum volvitur orbis » qui veut dire en français, « La Croix demeure tandis que le monde tourne. »

Les moines sont réellement isolés du monde. Leur emplacement dans une vallée au milieu des Alpes ayant un seul accès pour entrer et sortir est légendaire. Et leur mode de vie est tellement secret que nous connaissions très peu sur leur mode de fonctionnement avant qu’un cinéaste obtint la permission de tourner un documentaire utilisant sa caméra avec la permission de l’ordre sur une période de plusieurs mois. D’ailleurs, les moines n’ont droit à une visite de leur famille seulement que deux jours dans l’année et partagent le reste de leur temps entre les temps de contemplation personnels, les repas, des travaux manuels qui assurent l’entretien des lieux, ainsi que des excursions occasionnelles deux par deux.

Aussi louable soit-il, ce mode de vie qui cherche à se rapprocher de Dieu et à implorer sa bénédiction semble mettre une emphase déplacée sur le commandement de notre Seigneur de ne pas « aimer le monde ni rien de ce qui fait partie du monde ». Ce mode de vie semble affirmer que ne pas aimer le monde équivaut à ne pas interagir avec le monde. Est-ce bien ce que l’apôtre Jean avait en tête lorsqu’il rapporta ces paroles du Seigneur ? Devrions-nous alors suivre l’exemple des moines ascétiques dans notre combat personnel contre influences d’un monde qui ne donne par la place de premier rang que mérite le Dieu de l’univers ?

Deux façons de vivre

Lorsque nous considérons 1 Jean 2.15-17, nous constatons que l’amour du monde est antithétique à l’amour de Dieu. Je ne peux pas, selon le Seigneur Jésus-Christ, prétendre adopter la façon de faire du monde et tout en essayant d’adopter la façon de faire de Dieu. Les deux approches sont très différentes.

1 Jean 2.15-16 : N’aimez pas le monde ni rien de ce qui fait partie de ce monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour pour le Père n’est pas en lui. 16 En effet, tout ce qui fait partie du monde : les mauvais désirs qui animent l’homme livré à lui-même, la soif de posséder ce qui attire les regards, et l’orgueil qu’inspirent les biens matériels, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.

Dans 1 Jn 2.16, il est premièrement question de la convoitise de la chair (LSG) ou les mauvais désirs qui animent l’homme livré à lui-même (SEM). De manière simplifiée, nous pourrions simplement dire qu’il s’agit de vouloir n’en faire qu’à ma tête pour satisfaire ce que je désire.

Mais pourquoi est-ce si mal ? Ne sommes-nous pas indépendants après tout ? Dieu ne nous a-t-il pas donné un intellect qui nous permet de penser et agir pour nous-mêmes ? Est-ce que Dieu s’attend réellement que nous cherchions constamment à faire ce qui lui plaît et satisfait ses propres désirs alors ? Et si c’est bien le cas, n’est-ce pas un peu égoïste de la part de Dieu après tout ?

Ces questions sont légitimes, mais elles présupposent que Dieu n’est pas réellement Dieu, qu’il n’est pas aussi bon, glorieux, juste et parfait qu’il prétende l’être. Ces questions présupposent aussi que nos désirs sont neutres en partant, que nous savons d’emblée ce qui est juste, bon, souhaitable par nous-mêmes ou du moins, que nous pouvons le découvrir par nos propres moyens, sans que Dieu nous en glisse un mot. Et finalement, cette manière de penser présuppose que Dieu ne nous a pas créés pour refléter sa gloire selon ses desseins. Dieu est simplement un être très grand, très puissant, très savant, mais il n’est pas le créateur d’un univers qui reflète sa gloire et sa pensée.

L’auteur de la lettre aux Éphésiens reflète la même pensée et parle des désirs qui animent l’homme livré à lui-même qui attire la colère de Dieu.

Eph 2.3 : …et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres…

Les désirs de l’homme livré à lui-même précisés

Jean continue sa description des mauvais désirs de l’homme livré à lui-même en précisant deux façons que cela se manifeste dans notre quotidien.

  1. La convoitise des yeux (LSG) ou la soif de posséder ce qui attire les regards (SEM) : qui pourrait se résumer plus simplement en disant qu’il s’agit du désir de posséder pour soi. La convoitise des yeux est motivée par un désir de posséder pour soi-même au fond. Il ne s’agit pas d’une convoitise qui s’arrête à simplement regarder pour voir de quoi il s’agit. La convoitise des yeux, dans des circonstances favorables, amènera un individu à accaparer la chose qu’il convoite pour satisfaire ses propres désirs sans tenir compte des conséquences chez les autres.
  2. L’orgueil de la vie (LSG) ou l’orgueil qu’inspirent les biens matériels (SEM) : fait allusion à la perception que nous avons de nous-mêmes en tenant compte de l’opinion des autres qui nous regardent. Cet orgueil est relié à la convoitise des yeux, mais l’attention est plutôt sur la manière que les autres me voient. Pour simplifier, nous pourrions dire qu’il s’agit d’être vu uniquement pour soi. Cette approche place beaucoup d’emphase sur ce que les autres pensent et leurs réactions à ma présence.

Les désirs de l’homme livré à lui-même, que ce soit au niveau de ce que nous possédons ou au niveau de la perception de nous-mêmes sont effectivement une façon de faire qui caractérise un monde livré à lui-même et qui par conséquent, ne manifeste ni l’amour de Dieu, ni l’amour pour son prochain. Livré à lui-même sans restrictions, un tel monde se détruirait tout seul, chacun cherchant son propre intérêt.

Quel est le remède contre une telle façon de faire ?

Le seul remède que nous présente la Bible se trouve dans la personne de Dieu lui-même. Il n’est pas question d’un système religieux, d’une façon de vivre qui exclut les influences du monde ou d’adopter une série de préceptes ou de principes. À la base même de l’Évangile, Jean nous présente la possibilité d’avoir un cœur renouvelé, un cœur qui manifeste une affection centrée sur Dieu, qui jouit de l’amour de Dieu et qui manifeste cet amour pour son prochain sans l’aide nécessaire de contrôles externes.

Le remède c’est Dieu qui l’offre en s’offrant lui-même pour mourir sur la croix à notre place. C’est une action invraisemblable, mais nécessaire, mais qui nous accorde le pardon de Dieu en lien avec notre culpabilité. Car la culpabilité de notre péché de vouloir n’en faire qu’à notre propre tête pour satisfaire nos désirs charnels nous sépare de notre créateur et nous éloigne de ceux que nous prétendons aimer sincèrement. C’est une question du cœur qui laisse Dieu se charger de notre culpabilité tout en opérant dans nos vies un changement de priorité qui nous amène à placer nos affections sur Dieu et qui vient centrer notre adoration sur Dieu au lieu de sur nous-mêmes.

Saint-Augustin a écrit de façon célèbre, « Tu nous as créé pour toi-même, O Éternel, et nos cœurs sont tourmentés jusqu’à ce qu’ils trouvent leur repos en toi. »

Trois façons de vérifier si nous vivons pour Dieu ou pour nous-mêmes

Dans la même lettre que nous venons d’examiner, Jean présente trois « tests » d’un amour authentique pour Dieu. Cette recherche introspective devient aussi la base pour une assurance du salut en Jésus-Christ. Je les inclus à la fin à titre d’application personnelle.

  • 1 Jn 2.5-6 : une trajectoire de vie qui cherche à obéir aux commandements de Jésus (imiter son exemple)
  • 1 Jn 2.9-11 : un amour pour les autres qui reflète l’amour de Dieu (surtout les frères et sœurs en Christ)
  • 1 Jn 2.24-28 : une fidélité à l’enseignement concernant Jésus (sa nature divine et son œuvre, voir aussi 1 Jn 5.10-12)

 

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