L’importance de demeurer et d’obéir


(Ces notes reliées à une étude pour les adultes les dimanches à partir du livre du Pasteur Kevin DeYoung, La faille dans notre sainteté.)

Nous arrivons vers la fin de notre étude (chapitre 9) sur notre appel à la sainteté et nous jetons un regard sur notre parcours jusqu’à présent. Nous avons vu au début de l’automne que le but de notre rédemption est d’être un peuple qui ressemble à Dieu. En plus d’être un salut personnel où Dieu restaure l’âme en vue d’une relation avec Dieu, le salut contient aussi une dimension communautaire où chaque Chrétien est appelé à faire partie d’une grande famille spirituelle. Cette réalité spirituelle est un écho de la promesse faite à Abraham dans Genèse 15 où Dieu s’est acquis un peuple selon ses desseins pour refléter sa gloire. (Nous n’avons considéré que trop brièvement la question de la relation entre l’Ancien Testament et le Nouveau, la continuité et la discontinuité entre l’ancienne et la nouvelle alliance. Ce sujet est réservé pour une autre étude.)

En nous basant sur le fondement d’être un peuple qui ressemble à Dieu nous sommes aussi arrivés aux conclusions suivantes :

  • La poursuite de la sainteté demande des efforts de notre part (Ex. les impératifs) qui sont déployés par la puissance du Saint-Esprit, conduits par l’Évangile et alimentés par la foi.
  • L’appel à la sainteté implique « devenir comme Christ », mais notre sanctification s’accomplit sur la base de ce que Christ a déjà fait pour nous.
  • Notre réponse à l’appel d’être saint est motivée par « qui nous sommes » en Christ.
  • La clé de notre marche chrétienne face au monde, la chaire et l’Adversaire est notre union avec le Seigneur Jésus-Christ, notre identification par la foi avec Lui dans sa mort et dans sa résurrection.
  • La poursuite de notre appel à « être saint » est un appel à poursuivre une personne et non une chose, c’est à dire, une relation vivante et réelle avec le Seigneur Jésus-Christ.

Ce n’est pas seulement la sainteté que nous voulons. Nous voulons celui qui est Saint, en qui nous sommes jugés et rendus saints. Courir de toutes ses forces après la sainteté c’est aussi courir de toutes ses forces après Dieu. (DeYoung, La faille dans notre sainteté, p. 130)

Union et communion

Lequel doit venir en premier : communion ou union ? À prima bord, la question peut paraître étrange, car elle fait allusion à la nécessité d’avoir une relation authentique avec le Seigneur Jésus-Christ. Dans un certain sens, nous ne pouvons pas avoir d’union avec Dieu sans aussi être en communion avec Dieu et vice-versa. Mais lorsque nous considérons le fait que la base de notre relation avec Dieu dépend entièrement de l’action de Dieu à notre égard (c.-à-d. sa grâce souveraine), nous arrivons à la conclusion que c’est notre union avec Christ qui permet notre communion avec Lui. (Ex. Jean 3.36 ; Rom 8.29-30 ; Eph 2.4-22 ; 1 Jean 5.11-12, etc.)

  • Notre communion avec Christ est basée sur notre union avec Christ. L’évangile nous appelle premièrement à être unis avec Christ en plaçant notre confiance en Lui et en son œuvre. Ensuite, nous pouvons profiter d’une réelle communion avec Lui.
  • Lorsque nous grandissons dans la connaissance et l’appréciation de Christ, nous expérimentons aussi de plus en plus son amour et son affection pour nous. (p.132)

Règles ou relation ?

Existe-t-il réellement une tension entre « garder les règles (commandements) de Dieu » et l’idée de « poursuivre une relation vivante avec Jésus-Christ » ? Cette question exprime le désir de vivre une relation authentique avec Jésus-Christ tout en évitant de sombrer dans un formalisme qui échange le contenu (dynamique) de notre relation avec Dieu pour ne garder que la forme (l’apparence).

Plusieurs, en regardent l’Église par exemple, y trouvent des façons de faire qui semblent atténuer, décourager même, l’expression d’une relation vivante avec Dieu (Ex. règles de comportements pendant le culte du dimanche, les règlements de l’église, les sacrements, etc.). À l’autre extrême, d’autres considèrent l’appel de la grâce de Dieu comme étant l’expression d’une liberté chrétienne qui nous permet de faire avec joie ce qui nous fut défendu de faire auparavant au risque d’une déchéance spirituelle et morale (Ex. tenue vestimentaire, le divertissement, et une panoplie de mœurs sociales qui inclus la consommation d’alcool/le tabac, le rôle de l’homme et de la femme et aller danser par exemple).

Certains vont laisser sous-entendre que pour avoir une relation authentique avec Dieu, il faut rejeter les règles qui viennent étouffer l’expression personnelle de notre relation avec Dieu. Mais pouvons-nous réellement identifier une tension entre les commandements de Jésus et l’idée d’avoir une relation authentique avec Jésus ?

Le lien entre une relation authentique et les commandements

Jean 15.4-12 nous donne une piste de réflexion qui est très utile dans ce sens.

4Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.5Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.6Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.7Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.8Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples.

9Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour.10Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j’ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour.11Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.12C’est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. (LSG)

  • Nous ne pouvons pas faire preuve d’une relation vivante avec Christ (Ex. porter du fruit) sans être aussi unis à Lui. De plus, il faut faire attention de ne pas confondre une expression émotionnelle ou même des manifestations surnaturelles de notre attachement à Dieu avec l’expression d’une communion vivante et authentique avec Dieu. L’une n’implique pas nécessairement l’autre. (Voir par exemple Matt 7.22-23) Mais tout de même, nous ne pouvons pas affirmer avoir une relation avec Dieu si notre vie ne manifeste pas d’évidences qui reflètent la nature de Dieu. (Voir par exemple Gal 5.22-25 et Eph 5.8-11)
  • Ceux qui demeurent en Christ portent beaucoup de fruit. (v.5) Nous pourrions parler de performance et de succès visible chez l’un ou chez l’autre. Mais le concept qui est discuté ici fait plutôt allusion au progrès spirituel que l’on constate chez une personne en qui la vie de Christ se dévoile progressivement. Il ne s’agit pas toujours d’évidences extraordinaires, mais aussi du progrès subtil, parfois lent, qui se fait dans l’âme d’une personne au fur et à mesure qu’il apprend à marcher en réponse à l’Évangile. D’une façon ou de l’autre, nous devrions pouvoir dire avec l’aveugle, « je sais une chose, c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois. » (Jean 9.25)
  • Comment pouvons-nous demeurer en Christ ? Jean 15.7 explique que si les paroles du Seigneur demeurent en nous, nous demandons ce que nous voulons et cela nous est accordé. En fait, il s’agit d’avoir les mêmes priorités que Dieu, des priorités qui sont formées par la Parole de Dieu. Un Chrétien qui prétend poursuivre une relation authentique avec Dieu tout en négligeant l’application fidèle de la Parole de Dieu dans sa vie est un Chrétien de nom seulement. Ce serait semblable à un individu qui prétend être un mécanicien sans savoir comment appliquer le manuel technique. Il peut se servir de ses outils pour fabriquer une sculpture ou une œuvre d’art, mais il passe à côté de sa vocation comme mécanicien (et l’automobile ne fonctionne toujours pas).
  • Comment manifester l’amour de Dieu ? Jean 15.10 nous explique que l’amour de Dieu se manifeste par l’amour de ses commandements. Pourquoi ? La réponse simple est que les commandements de Dieu sont l’expression de sa nature. Dieu est fidèle à sa Parole parce qu’il s’agit de la révélation de Dieu Lui-même, de sa nature. C’est précisément au travers de notre obéissance aux commandements de Dieu que nous apprenons à aimer Dieu, à imiter son exemple et à témoigner de Lui à ceux qui le cherchent.
  • « Demeurer dans l’amour de Dieu » se manifeste par l’amour que nous avons les uns pour les autres. Celui qui prétend avoir une relation authentique sans toutefois observer les commandements de Dieu aura beaucoup de difficulté à aimer les gens. Cette façon de penser trahit un autre désir qui est souvent difficile à discerner : celui d’être centrée sur soi-même à l’insu des besoins d’autrui. Nous sommes trop souvent la proie d’une philosophie de vie qui interprète la révélation de Dieu comme étant un valet personnel qui a pour seul but notre succès et notre épanouissement personnel. Nous cherchons plus, nous voulons plus et nous désirons mieux sans toutefois adhérer aux commandements de Dieu. Ce que nous voulons, c’est plus simplement pour satisfaire notre agenda personnel au fond.

Mon expérience pastorale me confirme qu’il est possible de prétendre avoir une communion vivante et excitante avec Dieu sans toutefois démontrer un amour authentique envers mes frères et sœurs dans la foi. Nous préférons une expérience de la vie Chrétienne qui cherche à satisfaire nos propres passions et qui adresse nos propres défis, sans trop considérer comment Dieu cherche à se glorifier par notre amour (souvent sacrificiel) pour les autres. L’amour n’est pas juste une émotion, elle est aussi l’évidence de rechercher le plus grand bien chez les autres. Ce genre d’amour reflète l’amour du Seigneur qui a donné sa vie de son plein gré pour nous afin que nous puissions échapper à la condamnation divine et vivre pleinement en Lui.

Dieu demeure en nous et parmi nous, en nous renouvelant par sa vie, par son Saint-Esprit, et en manifestant sa présence en nous et parmi nous (voir Jean 14.16, 23) ; nous demeurons en lui en obéissant à ses commandements. (D.A. Carson, La faille dans notre sainteté, p. 132)

Formalisme et contrôle abusif

Il est aussi important, je crois, de souligner qu’il est possible de prendre les commandements de Christ et d’en faire un formalisme qui étouffe la vie de l’Esprit chez le Chrétien. L’histoire de l’église est remplie d’exemples pitoyables et tragiques où une relation authentique avec Dieu fut échangée pour un formalisme qui voulait s’assurer avant tout que l’église manifeste un front uni et homogène. Je suppose que la motivation de base est le désir de contrôler ou de manipuler les gens afin qu’ils se comportent d’une façon qui bénéficie premièrement la direction de l’église (c.-à-d. le clergé, l’état qui contrôle le clergé, etc.). Cette approche aux commandements de Dieu ne trouve pas de justification dans la Bible.

Le but de la loi et des commandements n’est pas de créer une communauté utopique sur terre. Ceux qui prennent la loi pour essayer d’atteindre ce but finissent éventuellement par créer des victimes qui sont abusées de toutes les façons (parce qu’ils ne se conforment pas au moule). En fait, la loi a pour but de nous amener à prendre conscience à quel point le péché est grave et de notre besoin d’un sauveur. Elle n’existe pas pour justifier qui que ce soit. Et elle ne peut justifier personne. (Ex. Rom 7.7-13 ; Gal 3.19-29) Mais la loi est bonne car elle nous confirme que Christ est le seul qui peut justifier ceux qui dépendent de Lui (sa justice) par la foi.

Notre poursuite des commandements de Dieu est motivée par un but similaire. Les commandements de Dieu ne servent pas à faire de nous des meilleurs chrétiens à cause de notre capacité à obéir et à se conformer aux directives de Dieu. La raison d’être des commandements est de nous amener à approfondir notre communion avec Dieu et à travailler notre communion avec les autres frères et sœurs dans la grande famille de Dieu. C’est par la puissance de Dieu et par l’assistance de son Esprit que nous accomplissons de telles choses.

Lorsqu’une église garde comme priorité centrale le désir d’être en communion avec Dieu, chaque membre est édifié. Chaque membre est encouragé à approfondir sa relation avec Dieu et son prochain. De cette manière, chaque membre de l’église trouve son épanouissement au travers de sa relation avec Dieu qui est aussi enrichie au travers de sa communion avec les autres saints. Lorsque tout le monde dans un groupe a pour but de se rapprocher de Dieu, ils ne peuvent pas faire autrement que de se rapprocher les uns des autres.

Comment enrichir notre communion avec Dieu ?

Si nous ne pouvons pas ajouter quoi que ce soit à notre union avec Christ, nous pouvons néanmoins enrichir et approfondir notre communion avec Dieu. Dans son livre, La faille dans notre Sainteté, le pasteur Kevin DeYoung nous offre quatre façons d’enrichir notre communion avec Dieu. Il n’est pas question d’une formule extraordinaire. Mais il s’agit néanmoins des moyens que Dieu nous a donnés pour apprendre à dépendre de Lui davantage pour enrichir notre communion avec Lui.

Matière à réflexion

  • Est-ce que ta perspective de la vie chrétienne inclus le concept de travailler ta communion avec Christ au travers de ton obéissance à ses commandements ?
  • Existe-t-il un péché dans ta vie qui vient brouiller ta communion avec Christ ? Que peux-tu faire pour essayer de rétablir ou d’enrichir ta communion avec Christ en confessant ce péché devant Dieu ?

Quand je considère ma vie à la lumière des commandements de Dieu, est-ce que je place une certaine priorité sur la qualité de mes interactions avec les autres frères et sœurs dans le but de leur démontrer l’amour de Christ ?

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