Le maître du temps


 

On dit souvent que le plus que la vie avance, le plus que nous avons l’impression que le temps va de plus en plus en vite. Nous avons l’impression d’être plus occupés et par conséquent, nous avons l’impression d’avoir de moins en moins de temps à notre disposition. Mais est-ce vraiment le cas? Avons-nous moins d’heures dans une journée à notre disposition? Est-ce que le temps avance réellement plus vite? Et en fin de compte, arrivons-nous vraiment à accomplir davantage?

Il y a quelques mois de cela, j’ai lu un article (Oliver Burkeman, BBC.com, 12 septembre 2016) qui fit les observations suivantes :

  • Les sondages révèlent que les gens se sentent plus occupés avec le travail aux dépens de passer du temps de qualité avec leurs familles.
  • Pourtant, les études démontrent que le temps occupé au travail n’a pas augmenté ces dernières années. Et selon l’analyse, les parents passent plus de temps avec leurs enfants qu’on le faisait il y a 50 ans.
  • Les données démontrent aussi que dans l’ensemble, les gens qui se disent être les plus occupés ne le sont pas en réalité.

Plus de possibilités ou plus de distractions?

Pour expliquer les données, on cite qu’avec l’augmentation en moyenne de la qualité de vie, le temps devient de plus en plus précieux. En fait, il semble que nous essayons d’insérer plus de choses dans notre agenda quotidien. Nous vivons dans un temps où des possibilités multiples s’offrent à nous dans l’emploi de notre temps. Il y a soixante-dix ans, le travail d’un bon nombre de gens était limité par le lever et le coucher du soleil. De nos jours, il n’y a presque pas de limites sur notre capacité à produire, à travailler ou à se tenir occupé.

Nous transigeons aussi plus dans le marché de l’information. Nous avons la possibilité de recevoir plus de courriels, d’assister à plus de rencontres, à avoir plus de choses à lire, à ajouter plus d’items à gérer dans notre agenda, etc. Avec tout ça, nous avons peut-être l’impression de travailler plus, mais nous sommes tout simplement plus occupés à être renseignés, à satisfaire notre curiosité et dans certains cas, nous divertir.

L’article continue en faisant une constatation qui porte à réflexion : la conséquence ironique est que nous gérons moins bien ce que nous avons à faire lorsque nous nous sentons trop occupés. Les données qui sortent des études psychologiques démontrent que notre performance à accomplir notre «liste de choses à faire» diminue considérablement lorsque nous sommes préoccupés par notre perception d’un manque du temps. Le pire est que cette préoccupation s’infiltre aussi dans nos temps de détentes.

Se sentir important

Pour ajouter au drame, nous vivons dans une culture où «être bien occupé» équivaut à être «quelqu’un d’importance». En d’autres mots, notre estime de soi varie en fonction de notre sentiment d’être occupé à faire plein de choses. L’article conclut en affirmant, «nous mesurons notre valeur non par les résultats, mais par combien de notre temps nous sommes occupés à faire quelque chose. Nous menons un rythme de vie frénétique, du moins en partie, parce que nous y éprouvons une certaine satisfaction personnelle vis-à-vis nous-mêmes.»

Peut-être que vous pouvez vous identifier à cet article. Peut-être que vous vous sentez constamment occupés par plein de choses, mais vous essayez de rattraper vos priorités importantes. Vous avez l’impression de courir à gauche et à droite, à faire ceci ou cela, mais vous estimez qu’en fin de compte vous n’avez pas touché à ce qui était réellement nécessaire et important.

Une question de perspective

Si cet état des choses semble caractériser votre situation, vous n’êtes pas seuls. Bon nombre d’entre nous avons cette tension avec notre culture où nous nous sentons tirés d’un bord et de l’autre avec quelque chose à faire. Nous sommes au début d’une nouvelle année et nous commençons déjà à planifier nos accomplissements futurs.

Compte tenu de tout cela, la Bible nous donne-t-elle une perspective utile? Quelle est la perspective de Dieu sur le temps et nos occupations? Pour commencer à répondre à ces questions, j’aimerais regarder deux textes de la Bible, le premier à partir de l’Ancien Testament et le deuxième à partir du Nouveau Testament (prochain article).

Toutes choses belles en son temps

Si notre poursuite de plein de choses en même nous rend moins efficace, il nous faut être plus sélectifs sur nos priorités. Même si nous pensons pouvoir tout faire en même temps, il est important de déterminer ce qui vaut réellement la peine non seulement d’être accomplit, mais bien fait et réellement utile. Il nous faut donc comprendre le temps pour chaque chose afin de pouvoir accomplir chaque chose en son temps. C’est d’ailleurs l’observation que nous fait l’auteur (Salomon?) du livre d’Ecclésiastes, un des livres de Sagesse que l’on retrouve dans la Bible.

Ecclesiastes 3.1–15 BDS

Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose sous le ciel. Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter, et un temps pour arracher le plant, un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures, un temps pour démolir et un temps pour construire. Il y a aussi un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, un temps pour jeter des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s’en abstenir.

Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour conserver et un temps pour jeter, un temps pour déchirer et un temps pour recoudre, un temps pour garder le silence et un temps pour parler, un temps pour aimer et un temps pour haïr, un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de la peine qu’il se donne? J’ai considéré les différentes occupations auxquelles Dieu impose aux hommes de s’appliquer. Dieu fait toute chose belle en son temps.

Il a implanté au tréfonds de l’être humain le sens de l’éternité. Et pourtant, l’homme est incapable de saisir l’œuvre que Dieu accomplit du commencement à la fin.

Aussi ai-je conclu qu’il n’y a rien d’autre qui soit bon pour lui que jouir du bonheur et se donner du bon temps durant sa vie. Car, si quelqu’un peut manger et boire et jouir du bonheur au milieu de son dur labeur, c’est un don de Dieu.

Je sais que tout ce que Dieu fait demeurera toujours : il n’y a rien à y ajouter, et rien à en retrancher. Et Dieu l’a fait ainsi pour qu’on le révère. Ce qui est aujourd’hui, a déjà été dans le passé, et ce qui sera dans l’avenir a déjà été, et Dieu fait revenir ce qui a disparu.
Ce passage nous donne plusieurs indices sur la manière que Dieu opère dans le temps. Solomon répond à la question, « Est-ce que le travail, les occupations, les labeurs sont tous en vain? »

Est-ce que mes efforts sont en vain?

Si les efforts de l’homme sont futiles pour déterminer leurs propres destinées, alors pourquoi travailler, pourquoi entreprendre des projets et pourquoi se tracasser avec tous les efforts engendrés par de tels labeurs? Dieu est souverain après tout. Alors, pourquoi chercher à comprendre?

Le prédicateur répond dans les prochains versets…

  • Dieu fait toutes choses belles en son temps.
  • Parce que Dieu est souverain, il y a un temps, une saison pour chaque chose sous son règne.
  • La saison pour chaque chose est d’une durée limitée.
  • Dieu a placé dans l’être humain un sens de l’éternité qui l’aide à comprendre que son travail n’est pas pour rien, même s’il ne voit pas les résultats de son vivant.
  • Je suis limité dans ma perspective. Je ne peux pas comprendre l’œuvre de Dieu du début jusqu’à la fin.
  • J’ai tendance à mesurer mes accomplissements en mois, en années, au travers de la durée d’une vie. Mais Dieu mesure les accomplissements sur une échelle éternelle. C’est une des raisons pourquoi je ne peux pas espérer saisir tout ce que Dieu est occupé de faire. Comme Job, j’aimerais que Dieu me rende des comptes. Mais comme Job, j’admets aussi qu’une telle demande est complètement insensée. (Voir Job 42.2-6).

Des limites sur mes capacités

Pourquoi est-ce que Dieu place des limites sur mes capacités à faire et à comprendre son œuvre? Pourquoi est-ce que Dieu ne me montre pas le pourquoi et les raisons de son intervention dans ma vie? La réponse nous est donnée dans Ecc 3:14, « afin qu’on le révère. »

Nous vivons avec l’impression irréaliste que nous disposons d’un temps illimité pour accomplir ce qui nous tient à cœur. Nous aimons penser que nous sommes les vrais maîtres de notre destin, que tous nos efforts finiront par accomplir les buts escomptés. Ce n’est pas pour dire que nous ne devrions pas chercher à réaliser nos désirs, mais nous ne pouvons pas nous fier entièrement à nos capacités à réaliser nos plans.

Le Chrétien sait très bien que son temps ainsi que sa perspective sur ses réalisations sont limités. Sa perspective du monde avec un Dieu bon et souverain en contrôle lui fait voir l’histoire avec un début et une fin qui commence et qui finit avec Dieu. Le Chrétien croit que Dieu agit au travers de ses projets. C’est l’idée principale qu’exprime Salomon dans le livre d’Ecclésiastes. Tout est vanité si on exclut le Dieu créateur de nos calculs. C’est dans ce sens que nous affirmons que la vie n’a pas un sens qui vaut la peine d’être vécu si Dieu est exclu de notre vision du monde.

Des limites sur ma perspective

Je peux me surmener au travail et chercher par tous les moyens à surpasser les autres. Je peux me donner entièrement à une tâche ou à un projet dans le but de réaliser mon rêve. Mais une fois mon objectif atteint, que me reste-t-il? J’ai remporté une victoire. J’ai accompli un projet. J’ai goûté au succès. Et puis après?

Un des plus grands besoins de l’être humain est sa quête de sens. Et ni ses réalisations ni ses capacités ne viendront satisfaire son besoin de connaître toute la signification de ce qu’il vient d’accomplir. Pourquoi? Parce qu’il est limité dans sa capacité de percevoir comment sa petite contribution fait une différence à grande échelle. Nous pouvons certainement apprécier certains résultats à court terme, mais nous ne pouvons pas saisir la portée et la signification complète de ce que nous faisons. C’est à cela que Salomon semble faire référence lorsqu’il écrit…

Il (Dieu) a implanté au tréfonds de l’être humain le sens de l’éternité. Et pourtant, l’homme est incapable de saisir l’œuvre que Dieu accomplit du commencement à la fin. (Ecc 3.11)

Nous avons un sens que la vie est plus que ce que nous pouvons toucher et influencer de notre vivant. D’ailleurs, bon nombre d’entre nous aspirent à contribuer à quelque chose qui est plus grand que nous, qui nous dépasse et qui continuera à influencer le monde bien après notre mort. Ça fait partie de nos aspirations comme créatures. Nous avons un sens de l’éternité qui nous amène à croire que la vie est plus que ce que nous pouvons voir et toucher. Nous cherchons à profiter de la vie tout en cherchant à satisfaire cette quête de sens. Et nous dirons constamment, « je ne comprends rien » jusqu’à ce que nous nous reposons dans la réalisation que Dieu comprend tout et qu’il nous invite à simplement trouver notre sens en Lui et en son oeuvre.

Aussi ai-je conclu qu’il n’y a rien d’autre qui soit bon pour lui que jouir du bonheur et se donner du bon temps durant sa vie. (Ecc 3.12)

Parce que l’homme ne peut pas espérer tout comprendre, il est mieux pour lui de simplement jouir du bonheur et d’apprendre à apprécier la vie. Mais cette perspective de la vie nous laisse insatisfait à moins de trouver son sens en Dieu. Car il est pratiquement impossible de jouir du bonheur si le bonheur n’a pas de sens. Il est pratiquement impossible de profiter du bon temps durant la vie si la vie n’a pas de sens. Sans Dieu, tout devient vanité et la poursuite du vent. (Ecc 2.11)

Matière à réflexion

  • Parce que Dieu a établi un temps propice pour chaque chose sous son règne, il semblerait important pour moi que je discerne le temps de Dieu pour ce que j’entreprends dans ma vie.
  • Le même Dieu qui a fixé la date de naissance de son propre Fils pour venir sauver ceux qui sont perdus est aussi le Dieu qui fixe les temps et les saisons de nos vies. (Voir Galates 4.4).
  • Peut-être qu’une bonne habitude à prendre cette année serait de demander à Dieu de nous éclairer dans le but de discerner le temps pour réaliser chaque chose qui me tient à cœur.
  • Dans 2 Corinthiens 6.2, Paul interprète l’œuvre du salut annoncé par les prophètes comme étant un fait accompli qui nécessite une réponse dans le présent. En d’autres mots, Paul semble indiquer que le moment propice pour répondre à Dieu ou agir est maintenant, c.-à-d. dans le temps présent. Comment est-ce que la perspective de Paul s’accorde avec la prédication de Salomon que Dieu fait toute chose belle en son temps?
  • Est-ce que l’appel à vivre dans le présent exclu le principe d’attendre un moment propice dans le futur pour accomplir ce que Dieu me met à cœur? Est-ce que celui qui se prépare à agir dans le futur démontre un manque de sagesse dans ce cas?

 

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