Jean, le messager


Marc introduit son évangile par le récit de Jean-Baptiste qui est celui qui annonce la venue du Messie en Israël. La venue de Jean est prophétisée par Malachie, le dernier prophète de l’Ancien Testament. (Malachie 3.1) Pendant 500 ans après Malachie, nous n’avons pas de rapport écrit d’une déclaration prophétique. C’est un peu comme le silence que l’on entend dans l’auditoire juste avant que le rideau se lève pendant un spectacle. L’anticipation est palpable.

Marc choisit donc de faire le lien entre l’attente exprimée dans l’Ancien Testament et sa réalisation dans la venue de Jésus-Christ comme étant le Méssie promis par Dieu pour sauver son peuple. Mais contrairement à Matthieu, Mark n’écrit pas pour une audience juive. Les multiples références à la culture romaine et sa traduction de la monnaie ou d’une mesure en latin nous laisse croire que son récit de la vie de Jésus était destinée à des lecteurs romains. On croit d’ailleurs que Marc aurait rédigé son évangile à Rome.

Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. Selon ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète :

Voici, j’envoie devant toi mon messager,

Qui préparera ton chemin;

C’est la voix de celui qui crie dans le désert:

Préparez le chemin du Seigneur,

Aplanissez ses sentiers. (Ésaïe 40.1 et Malachie 3.1)

Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés. Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.

Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il prêchait : Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, et je ne mérite pas de délier, en me baissant, la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés d’eau ; mais lui vous baptisera d’Esprit Saint. (Marc 1.1-8)

Qui était Jean, le baptiseur?

  • Il est envoyé par Dieu.
  • La venue de Jean est annoncé par les prophètes.
  • Il délivre un message aux gens de la part de Dieu. Il fonctionne comme un ambassadeur.
  • Il sensibilise/avertit les gens au sujet de leur péché et de leur besoin d’un Sauveur.
  • Il s’habille comme le prophète Élie. Et comme Élie, il appelle le peuple de Dieu à se détourner des plaisirs trompeurs du monde pour se tourner vers Dieu.

Ahazia leur dit : Quelle allure avait l’homme qui est monté à votre rencontre et qui vous a dit ces paroles ? Ils lui répondirent : C’était un homme avec un vêtement de poil ; il avait une ceinture de cuir autour des reins. Alors Ahazia dit : C’est Élie, le Tichbite. (2 Rois 1.7-8)

Pourquoi les gens venaient entendre Jean?

Nous ne pouvons pas négliger l’aspect de son appel et du travail de l’Esprit en lui. Le ministère de Jean avait été prophétisé. Il était celui qui devait accomplir le dessein de Dieu de préparer le chemin pour le Messie, l’envoyé de Dieu pour sauver son peuple de leurs péchés. La bénédiction et la puissance de Dieu reposaient sur lui. Mais nous ne pouvons pas non-plus négliger la conviction et le témoignage de Jean. Sa manière de vivre ainsi que sa passion pour le message qu’il devait communiquer attiraient l’attention des gens autour de lui.

Nous pouvons déceler trois caractéristiques importantes qui se dégagent de la prédication de Jean Nous allons les lister en employant 3 termes grecs qui expriment bien l’aspect de la communication à laquelle nous faisons référence : logos, ethos, pathos.

  • Il est un messager qui incarne (ethos) son message.
  • Il est un messager qui est convaincu par la pertinence et la vérité (logos) de son message.
  • Il délivre son message avec passion (pathos).

Jean, un modèle à suivre?

Dieu a confié à tous ceux qui lui appartiennent un ministère de réconciliation au travers duquel nous témoignons de l’évangile. (2 Cor 5.18-20) Il est évident que l’appel de Jean-Baptiste est un appel particulier destiné aux hommes de son temps et dans des circonstances particulières. Mais n’avons-nous pas aussi un appel auquel nous devons répondre dans nos propres vies, nos propres sphères d’influence?

Outre les circonstances diverses d’une personne à l’autre, il reste que nous portons tous le même message qui reflète notre expérience du salut en Jésus-Christ. L’apôtre Pierre s’y réfère en employant l’image de «pierres vivantes» dans 1 Pierre 2.4-5. Compte tenu de l’appel qui nous est adressé par Christ, comment devrions-nous vivre ce message qui nous est légué? Le témoignage de Jean-Baptiste est donc pertinent pour nous à ce niveau.

Application et réflexion personnelle

Lorsque nous considérons la vie de Jean-Baptiste, nous remarquons qu’il manifeste bien les trois aspects de la communication que nous avons employés : logos, ethos et pathos. Il était convaincu du message qu’il devait donner. Et sa conviction l’amena à transmettre ce message avec fidélité et intégrité, même jusqu’à la mort. Il était aussi un exemple d’ethos difficile à surpasser. Nous pourrions dire qu’il était consacré ou dévoué. Et certes, plusieurs de ceux qui venaient l’entendre s’approchèrent de lui par simple admiration/curiosité  pour son dévouement à sa tâche. Et finalement, Marc nous relate la passion de Jean. Il baptisait dans le désert. Plus tard, nous apprenons qu’il ose reprendre le roi Hérode publiquement pour avoir marié la femme de son frère. Les actions de Jean sont l’évidence d’une passion réelle pour la vérité.

Mais même avec tous ces belles caractéristiques, Jean n’est pas le meilleur modèle que nous ayons devant nous. Il en est venu un autre que Jean lui-même dit qu’il n’était même pas digne de délier ses sandales. Aussi impressionnant qu’il soit, Jean n’était qu’une ombre du modèle par excellence que nous retrouvons en Jésus-Christ, le logos incarné. Il a démontré l’ethos en étant la vérité même. Les gens le pressaient pour un miracle et Jésus dirigeait leur attention au miracle du Fils de Dieu en chair et en os (Ex. multiples mentions de “je suis”). La passion de Jésus est aussi inégalée. Lui qui est l’égal de Dieu assume la forme d’un serviteur, prend sur Lui nos péchés, subit une mort atroce à la croix, et tout cela, motivé par sa passion pour la gloire de Dieu et l’amour de sa création. Alors si Jean est une illustration superbe du messager, Jésus en est l’incarnation par excellence.

Mais compte tenu de la vie de Jean-Baptiste, nous devrions nous poser certaines questions qui valent un peu de temps de réflexion.

  • Est-ce que j’honore le logos de Dieu? Suis-je attaché (fidèle) au message de Christ?
  • Comment est-ce que Dieu m’amène à incarner ce message dans ma vie? Est-ce que je fais preuve d’ethos?
  • Suis-je convaincu, passionné par le message de Jésus? Comment ma passion (pathos) pointe les gens vers Jésus au travers de mon vécu?

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