L’Évangile incarné

Notes de prédication pour dimanche 19 décembre 2010. Les notes de la série de Galates étant encore en développement, nous les mettrons à jour pendant la période des fêtes.

Nous achevons l’année en amorçant une réflexion sur la réalité de l’incarnation de Dieu au travers de la naissance de Jésus à Bethléem. D’ailleurs, il semblerait que Dieu nous a mit à coeur comme église depuis quelques temps de considérer notre appel à influencer la communauté dans laquelle il nous a placés. Si Dieu est en train d’appeler du monde un peuple qui lui ressemble et qui lui appartienne, il doit être en train de faire quelque chose tout prêt de chez nous aussi! Alors pourquoi ne nous le voyons pas agir de façon plus visible dans notre communauté?

Il y a certainement plusieurs facettes à la réponse de cette question. Mais une chose qui se précise de plus en plus dans mon esprit est la réalité suivante : le message de l’Évangile doit être vécu autant qu’il doit être annoncé. En d’autres mots, il est nécessaire que ce que je dis s’accorde avec ce que je vis. Dieu peut agir en dépit de nous-mêmes. Et je soupçonne qu’il le fait assez souvent. Mais il me semble qu’il est aussi vrai que Dieu prend plaisir à se manifester et à accomplir son oeuvre au travers de l’obéissance authentique de son peuple à l’Évangile. Mais comment faire alors?

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Je me souviens…

remembrance day poppyL’expression nous est très familière au Québec. Elle est notre slogan national visible à même le par-chocs de l’auto devant nous. Elle est pour nous un rappel de notre identité, d’où on vient, et pourquoi nous sommes qui nous sommes. Mais aujourd’hui, le 11 novembre en ce jour du souvenir, le « je me souviens » est aussi pour « les autres. » C’est pour ceux qui sont allés aider d’autres comme nous, là-bas, loin de chez nous.

Le jour du souvenir n’est pas juste là pour qu’on n’oublie pas le courage et le dévouement de ces jeunes hommes au début du siècle dernier, mais aussi afin qu’on se souvienne que la distance qui nous sépare d’un conflit n’est pas une raison de rester assis à ne rien faire. Le coût d’une guerre est horrible, mais l’inaction et l’indifférence ne font qu’alourdir les conséquences.

Il reste que lorsqu’on y songe, à la guerre, on ne peut pas s’empêcher de secouer la tête en pensant au gaspillage de vies humaines tragiquement perdues dans les tranchées, dans les airs, et dans la mer. On peut pointer du doigt vers l’Est et lancer, « non mais, qu’est ce qui vous a prit de vouloir conquérir le monde !? »

Et c’est facile de pointer les doigts vers d’autres n’est-ce pas ? Mais quand on y pense… ne sommes-nous pas animer des mêmes passions que ceux qu’on accuse lorsqu’on s’irrite contre un membre de notre famille ? qu’on en veuille à un frère ou à une soeur dans le Seigneur ? qu’on refuse de pardonner ayant oublié à quel point Dieu nous offre le pardon purement par grâce ? Ce n’est pas une guerre mondiale, mais au fond, les motivations ne sont-elles pas les mêmes ?

L’Évangile nous rappelle que le mal qui produit les guerres et aussi le même mal qui fait de nous des êtres naturellement rebelles à Dieu et naturellement querelleurs avec notre prochain. Dans 1 Corinthiens 3, on rencontre des Chrétiens qui ont de la difficulté à mettre en pratique l’évangile car leur perspective de l’église est erronée. L’immaturité des Chrétiens de Corinthe se révèle de la manière suivante : ils n’avaient pas saisies que la « raison d’être » d’une Église est entre-autres la croissance d’une famille spirituelle. Chaque membre à sa place et chaque membre est sauvé par la grâce de Dieu. (Je n’ai donc aucune raison de me vanter ou de me comparer à un autre.)

Lorsqu’on saisit la sagesse de Dieu, on reconnaît à quelle point nous devons user de patience envers nos frères et nos soeurs. Nous constatons que chacun se trouve à un niveau de maturité souvent différent du nôtre. Cela nécessite l’amour, mais c’est un amour plein de grâce. Ceci veut dire que je ne donne pas l’amour à ceux qui le mérite, mais à ceux envers qui Dieu a décidé de déverser son amour parce Lui le voulait.

Le 11 novembre est un jour du souvenir qui est légitime. Mais si on veut réellement honorer la mémoire de ceux qui sont aller sacrifier leurs vies pour leur pays, il nous faut aussi considérer la cause de cette guerre, et de façon fondamentale, la cause du mal qui se trouve dans nos propres coeurs vis-à-vis l’évangile.

 

Question pour application : si un des buts de l’Église est la croissance de sa famille, de quoi à l’air la grâce en action au travers de ses membres ?