Un témoignage personnel – partie 1


Enseignement apporté par Jean Maurais le 19 juillet 2009

Petite promenade historique dans l’antiquité

Un des jugements de Dieu sur Salomon, à cause de son infidélité, fut de diviser le royaume d’Israël en deux parties. Ceci s’est réalisé lors du règne de son Fils Roboam. Ce qui est aussi important de mentionner, c’est que le chef du royaume du Nord (Israël), Jéroboam, avait peur que ses sujets retournent à Jérusalem, la capitale du royaume rival, pour adorer Dieu dans son temple. De tels déplacements entraîneraient sûrement à la longue un retour du peuple vers le royaume de Juda, et le royaume d’Israël serait considérablement affaibli.

C’est donc pour des considérations politiques, par peur, orgueil et facilité, que Jéroboam, le roi du royaume du Nord, a fait construire deux veaux d’or pour que son peuple puisse offrir un culte à Dieu sans faire le voyage à Jérusalem. Bien sur, ceci contrevenait directement aux directives de Dieu. Ces idoles furent rapidement une occasion de chute pour le peuple qui se mit ensuite à adorer des idoles de toutes sortes et tomba dans toutes sortes de péchés.

Les rois se sont succédé et le mal s’est aggravé au point où Dieu doit intervenir pour exercer son jugement. C’est ce qu’il fait envers les descendants d’Achab et de Jézabel, qui avaient entraîné le peuple plus loin que leurs prédécesseurs  dans l’idolâtrie. Dieu exécute son jugement au-travers de Jéhu, un des généraux de l’armée d’Israël dans la ville de Jizréel. Mais Jéhu va beaucoup plus loin que ce que Dieu lui commande et tue même le roi de Juda et des membres de sa famille. De plus, il n’élimine pas les idoles que les rois qui l’avaient précédé avaient fait construire mais agit plutôt par ambition personnelle.  Dieu lui annonce alors qu’après 4 générations, sa dynastie s’éteindra. Jéroboam II est l’arrière petit-fils de Jéhu et le dernier roi du royaume du Nord à connaître un règne plutôt paisible.

En fait, vu de l’extérieur, le règne de ce roi était un des plus glorieux du royaume du Nord. Il reprit les territoires perdus par ses pères et humilia et assujettit ses voisins. Son règne fut accompagné d’une période de grande prospérité, mais ceci ne fut pas l’occasion de se tourner vers le seul vrai Dieu. Au contraire, le peuple continua à s’éloigner de Dieu malgré les nombreux avertissements et attribua plutôt leur succès à leurs idoles. La Bible nous dit peu de son règne, probablement parce qu’il n’y avait rien de remarquable justement du point de vue de Dieu.  Une belle économie, un niveau de vie confortable, la sécurité et stabilité politique et militaire ne veut absolument rien dire. Au contraire, le pays se décomposait de l’intérieur.

C’est sous le règne de ce roi qu’Osée fut appeler à parler de la part du Seigneur Dieu.  De par la liste de rois mentionnés au verset 1, on peut penser que son ministère a duré presque toute sa vie adulte, peut-être jusqu’à une soixantaine d’années. Il fut un des premiers à avertir le royaume d’Israël, mais il dut commencer à le faire alors que tout allait bien…du moins en apparence.  C’est probablement plus tard dans son ministère qu’il a mis par écrit ce qui nous est parvenu aujourd’hui.

Quel défi d’être chargé d’une annonce de malheur à une telle époque! Autant prêcher dans le désert! (Ça nous rappelle aussi l’appel du prophète Ésaïe) Il a du attendre longtemps et supporter le mépris de ceux qui l’entouraient avant de finalement voir Dieu commencer à accomplir ce qu’il avait annoncé au-travers de lui.

Et ce temps, il ne l’a pas passé dans la joie, mais dans une situation familiale difficile. On peut supporter beaucoup de choses personnellement, mais quand ça touche notre époux/épouse et nos enfants, c’est beaucoup plus difficile. De plus, la parole qui allait se réaliser n’était pas joyeuse, mais plutôt un jugement aux conséquences très graves. Osée serait ultimement justifié aux yeux de tous, mais au prix de la destruction totale de son pays et du malheur de ses habitants. Ce n’est pas le genre d’événements qu’on attend avec impatience, même quand on est tourmenté par le comportement de ceux qui nous entourent.

Un témoignage personnel

La première parole que Dieu adresse à Osée lui commande de marier une femme prostituée. Jonathan en a parlé un peu lors de son introduction et nous allons en reparler encore, donc je ne veux pas trop m’attarder sur ce point aujourd’hui. Par contre, il serait utile de réfléchir aux raisons qui motivent cette drôle (pour ne pas dire scandaleuse) de demande.

Osée, comme Dieu, s’était engagé par alliance envers une épouse sans réputation qui allait lui être infidèle. On peut se demander à qui sert l’illustration? Je vous soumets l’idée qu’elle sert premièrement à Osée qui est celui qui la vit de plus près. Il va ressentir lui-même ce qui hante le cœur de Dieu et tout cela va marquer son ministère.

Osée ne pourra pas s’en tirer en proclamant un message du haut de son pupitre (ou peu importe l’endroit où les prophètes proclamaient leur message à cette époque-là) pour ensuite rentrer chez lui, prendre une petite bière et se la couler douce. Non, il va être lui-même un exemple vivant de ce qui se passe entre Dieu et son peuple, tous les jours de sa vie. Il vivra avec cette femme et son comportement (et tous les répercussions que cela aura dans son entourage, les commentaires des voisins et de la parenté), et il aura des enfants d’elle qui serviront eux aussi de message au peuple. Tout cela fera partie de son quotidien. C’est de la conciliation travail-famille extrême! En prêchant par sa vie, le ministère d’Osée aura un impact beaucoup plus marquant, et il pourra, si c’était possible, se mettre à la place de Dieu et voir les choses comme Lui les voit.

Bien sur, l’image parle aussi directement au peuple de son époque qui a besoin d’être confronté à son état spirituel et moral. S’il y a quelque chose de choquant dans la manière de faire du prophète, ce l’est encore plus dans le cas du peuple vis-à-vis de son Dieu. Cette image de la prostitution sera reprise par beaucoup de prophètes par la suite parce qu’elle illustre exactement ce qui se passe quand le peuple se détourne de Dieu.

Troisièmement, cette image nous parle encore aujourd’hui, à nous qui sommes  le peuple de Dieu pour nous mettre en garde et aussi apprendre à mieux connaître notre Dieu. C’est ce que j’espère qu’on peut en retirer tous et chacun aujourd’hui…de se faire rappeler les conséquences de l’infidélité, et surtout, d’apprendre à mieux connaître notre Dieu qui est le même aujourd’hui et éternellement.

Explication de la signification des trois naissances

L’histoire ne s’arrête pas là, avec le mariage…la famille s’agrandit parce que Dieu accorde des enfants à Osée et Gomer. Dans le cas des enfants, c’est leurs noms qui ont une signification spéciale et servent à révéler quelque chose  de la part de Dieu.

Son premier fils est nommé Jizréel, d’après la ville ou Jéhu a désobéi à Dieu. En même temps, la ville et la vallée qui l’entoure fut témoin de nombreuse bataille à cause de sa position stratégique. Le roi Achab y avait sa maison d’été et une garnison. Si un ennemi viendrait attaquer du nord, il passerait certainement par Jizreel, ce qui fut le cas quand les Assyriens envahirent le pays quelques décennies plus tard. Ce n’est donc pas étonnant que Dieu annonce une défaite militaire à cet endroit. Que l’endroit soit symbolique ou non, il n’en reste pas moins que le royaume du Nord subit la défaite, une défaite finale et totale, en 722 av. J.C.

Puis vient la naissance d’un deuxième enfant, une fille cette fois. Son nom est Lo-Ruchama, ce qui veut dire littéralement : Pas de compassion ou de pardon. Le peuple de Dieu avait subit plusieurs malheurs, défaites et conquêtes par le passé, mais grâce à la compassion du Seigneur et à cause de leur repentance, Dieu les avait pardonnés et délivrés.  Toute l’histoire du peuple juif en était une d’infidélité-jugement-délivrance-repos (On n’a qu’à regarder le livre des Juges pour de multiples exemples). Mais voilà que non seulement il y a une grande défaite qui s’annonce, mais que par la suite, il n’y aura plus de pardon! Ce jugement sera plus grave qu’aucun auparavant.

Qu’il en soit conscient ou pas, le peuple est entièrement dépendant de la bonne volonté de Dieu. Il est si petit  en comparaison avec les nations puissantes qui l’environnent. Son seul espoir de subsistance est l’amour du Dieu vivant – Dieu qu’il méprise maintenant depuis plusieurs générations. N’étais-ce pas là le rappel que les prêtres avaient le mandat de faire par cette bénédiction qu’ils prononçaient chaque matin?

« Que l’Éternel te bénisse, et qu’il te garde!  Que l’Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu’il t’accorde sa grâce! Que l’Éternel tourne sa face vers toi, et qu’il te donne la paix!  » Nombres 6.24-26

L’Éternel allait détourner son regard, et quand il le fera, mieux faut ne pas être à la place de ceux qui sont abandonnés par lui.  À l’inverse, le royaume du Sud demeure encore fidèle à Dieu dans l’ensemble. Juda fut épargné, et comme le texte nous le dit, aucunement par quelque mérite que ce soit, mais par l’intervention miraculeuse de Dieu. Après avoir vaincu le royaume du Nord, le roi Assyrien se dirigera vers le royaume du Sud, Juda, qui n’a aucune chance devant la puissance militaire assyrienne. Pourtant le roi Assyrien rentrera chez lui quelques temps après, parce qu’il aura perdu 185,000 soldats en une seule nuit!

Le dernier enfant nait de Gomer : il s’agit de Lo-Ammi. C’est l’étape finale de la descente vers le jugement complet. Ce nom veut dire pas mon peuple. Comment imaginer quelque chose de pire pour une petite nation, dont la seule distinction utile est d’être mise à part pour Dieu? Que de se faire dire qu’elle n’est plus son peuple, qu’elle n’est finalement qu’un parmi des nombreux peuples sur cette planète!

Dieu s’était lié à ce peuple qu’il avait délivré lors de l’exode d’Égypte. Il s’était révélé à lui comme JE SUIS, celui qui est toujours là, d’éternité en éternité, le Dieu d’Abraham, Isaac, et Jacob, son Dieu. C’était la promesse liée à l’alliance conclue avec le peuple d’Israël. Pourtant, Dieu dit par Osée, que lui, JE SUIS, n’est plus rien pour eux. Il y a un jeu de mot tragique ici. Par leur désobéissance répétée, leur infidélité, et leur mépris, ils ont rompu cette alliance et tout est terminé…ou presque.

Le seul lien d’espoir possible, malgré la défaite militaire, malgré le jugement et la fin de la miséricorde de Dieu, c’était au moins de savoir être son peuple choisi. Qu’au moins il reste un lien, un espoir. Peut-être aussi cette malédiction est donnée en réponse aux gens qui disaient sûrement : « Oui, c’est bien beau tout ça, mais nous on est le peuple de Dieu! Dieu va finir par nous délivrer» Dieu répond catégoriquement : C’est terminé! Malgré tous les privilèges que vous pensez avoir. Quelle malheureuse ironie que de se servir de notre statut, nos privilèges, pour justifier une conduite qui déplait à Dieu! C’est là que le péché nous mène et le jugement de Dieu suit inévitablement.

Que pensez-vous qu’était la réaction des gens qui furent témoin de cette annonce d’Osée? Malheureusement, ils l’ont ignoré, sinon peut-être un reste qui est resté attaché à Dieu.

Réflexions sur le jugement de Dieu et application à notre époque

Vous avez lu les versets  qui suivent donc ce que Dieu va accomplir plus tard. Mais je vous ferai remarquer que le gouffre de temps qui s’écoule entre les versets 9 et 10 (1.9 et 2.1) C’est l’horreur de la guerre, la déportation, et l’exil. Pas besoin de vous faire un dessein pour vous expliquer comment ça se passait quand des armées cruelles tel les Assyriens envahissaient un pays. Il suffit de dire que les gens subissaient les pires horreurs imaginables, tout ce qu’il y a de plus brutal et sanglant. On parle de mort, de familles détruites ou séparées, de famines, de destruction, viol, esclavage, et ainsi de suite.

Cette histoire nous illustre tout ce qu’il y a de dégoutant dans le péché :

–          La désobéissance à Dieu débute souvent par des compromis de facilité, sont motivés par la peur ou l’orgueil. C’était le cas avec Jéroboam, et ce l’est encore aujourd’hui. On veut plaire aux autres, on veut se faire plaisir, on veut faire ce qui nous tente, on a peur de ce qui semble plus puissant que nous, etc. C’est difficile pour tous, mais particulièrement pour les jeunes. On veut « fitter » à quelque part et ce n’est pas facile de se tenir debout, seul, et de ne pas faire comme les autres. Soyez fidèles à Dieu, et va se manifester puissamment en votre faveur! Comme il l’a fait pour le royaume de Juda.

–          Le péché peut laisser supposer que tout va bien mais il détruit tout de l’intérieur. Il ne faut jamais se fier aux apparences…regardez notre société. Tout semblait aller bien au temps d’Osée. « Mangeons et buvons car demain nous mourrons! ». C’est facile pour nous croyants de se laisser entraîner dans le « succès » apparent autour de nous. Après tout, « ça marche »! C’est la règle de décision aujourd’hui : « est-ce que ça marche pour toi? » ou la règle émotive : « Comment tu te sens par rapport à ça? » Fies-toi à tes sentiments.

Laissez-moi vous dire : le péché, ça marche! Et ça fait plaisir! Mais comme un cancer, ça va vous ronger de l’intérieur jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Tout à coup, ça ne marchera plus! Et il n’y aura plus rien à ressentir sinon la honte, le regret et le dégout ! Il n’y a rien de valable au bout de cela, mais c’est comme une drogue… Mais notre plus grand bonheur, il est en Dieu et en marchant fidèlement avec Lui. Ne soyons pas influencés par ces mentalités centrées sur moi-même, mais plutôt à développer une manière de vive qui honore Dieu et qui apporte une joie qui dure.

–          On voit aussi que le péché a une dimension personnelle et sociale. Même ce qui est fait en secret affecte les gens tout autour. On peu maintenir une façade pour un temps, et prétendre qu’un tout petit peu, ça ne fait pas de mal à personne. C’est un autre mensonge qu’on entend. Mais ultimement, tout le monde paie. Que se soit notre conjoint, nos familles, nos collègues, notre église, notre pays. Il n’y a rien de privé lorsqu’on pèche.

–          Le péché nous éloigne de celui qui nous aime. Le plus ignoble dans tout cela, c’est qu’il s’y trouve toujours des gens pour blâmer Dieu pour les malheurs que nous attirons nous-mêmes sur nous! Pourtant, Dieu est le mari fidèle dans l’histoire, et c’est son peuple qui se prostitue de tout côté. Bien qu’il serait totalement justifié d’agir drastiquement, il use de patience. Ça dépasse la compréhension humaine. Mais pourquoi est-ce qu’on s’acharne à se faire autant de mal? Regarder ce qui va arriver à ce peuple. Vous ne trouver pas cela triste? Ils ont beau l’avoir mérité, mais ce sont des personnes réelles comme vous et moi qui vont subir ces horreurs. C’est la même chose aujourd’hui, et ce sera la même chose au jugement dernier.

–          Le péché entraîne inévitablement le jugement de Dieu. Que ce soit demain, dans 10 ans, au jugement dernier, tous et chacun auront à rendre compte. Dieu avait choisi Israël pour témoigner de Lui comme nation, et c’est dans ce contexte qu’elle a souffert. Les contemporains d’Osée ont probablement rit de lui, tourné ses prophéties en dérision, mais un jour, ils ont ri jaune.

Pourquoi l’idée d’un jugement est impopulaire : on veut un Dieu père noël. On veut que les autres rendent comptes de leurs mauvaises actions. (par exemple Vincent Lacroix ou à une autre échelle, Hitler) Demandez à n’importe qui. Mais quand ça concerne moi, l’idée d’avoir à rendre compte de nos propres actions n’est pas très populaire et ne l’a probablement jamais été. Que l’attitude de Dieu envers moi soit en fonction de mon obéissance ou ma désobéissance nous parait étrange, pour ne pas dire « vieux jeu ». Pour soi, Dieu est le « bon Dieu ».

Mais le problème avec cette image de Dieu est que la croix devient superflue. Si Dieu ne fait aucun cas de notre désobéissance, la mort de son Fils n’est plus nécessaire. Un Dieu qui ne juge pas est un Dieu indifférent ou impuissant. Dieu est le juge le plus juste qu’on puisse imaginer. Est-ce que quelqu’un recevra autre chose que ce qu’il a pleinement mérité? Non![1]

Même pour nous chrétiens, cet aspect de Dieu peut nous rendre inconfortable. On préfère penser au Dieu amour qui envoi son Fils mourir à la croix. Mais l’amour véritable doit inclure le châtiment. Demandez aux parents parmi nous qui doivent apprendre l’obéissance à leurs enfants (c’est-à-dire tous!). Le Dieu qui aime véritablement ne peut laisser le mal impuni. C’est pour cela qu’il intervient périodiquement pour l’endiguer. C’est pour cela qu’il a envoyé son Fils, pour régler ce problème de manière définitive. Il a déversé le jugement qui nous revient sur son Fils, pour que ceux qui se confient en Lui pour leur salut ne soient plus passible de jugement mais qu’ils aient la vie!

Est-ce que Dieu va juger au point de ne rien laisser subsister?


[1]Ces deux paragraphes sont tirés de « Connaître Dieu » de J. I. Packer

Une réflexion sur “Un témoignage personnel – partie 1

  1. C’est un très bon article qui donne une bonne vue d’ensemble de la toîle de fond pour le livre d’Osée. C’est une bonne ressource pour y revenir plus tard dans la série sur le livre d’Osée. J’aurais bien voulu entendre la prédication.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s