L’appel à être un diapason spirituel


Notes pour le dimanche 2 février 2014 —

Paul écrit aux chrétiens de l’église de Colosse pour les encourager à persévérer dans les enseignements de Jésus-Christ au milieu d’une société qui n’accueille pas favorablement l’idée que Jésus-Christ est le Seigneur. Colossiens 3 nous présente uns schéma de comment nous pouvons poursuivre une relation dynamique avec le Seigneur Jésus-Christ au travers de sa Parole.

Colossiens 3 commence avec une identification avec la mort et la résurrection de Jésus (3.1-4), pour ensuite parler de ce que nous devons rejeter à cause de notre identification avec le Seigneur, pour finalement se revêtir de ce qui caractérise Jésus (3.5-11 et 12-14). Suite à cette progression qui s’intensifie le plus que l’on s’identifie à Jésus-Christ par la foi, Paul explique comment la Parole vivante nous motive à démontrer l’amour du Seigneur Jésus-Christ à ceux qui nous entourent. C’est dans ce sens que nous pourrions illustrer la séquence dans Colossiens 3 en la comparant à ce qui se produit lorsqu’on fait vibrer un diapason.

Illustration

Lorsque mes parents m’ont inscrit à l’école de musique, une des premières choses que l’on nous a apprises était de développer une oreille pour reconnaître et identifier les notes de musique sur le clavier. Je vous avoue que j’ai eu de la difficulté à accepter cette façon de procéder. Parce qu’en dépit du fait que je m’étais inscrit pour apprendre à jouer le piano, le premier instrument de musique que j’ai dû apprendre à jouer n’était pas un piano, mais un petit diapason.

Notre professeur nous faisait répéter les notes de vive voix (qu’elle se donnait le droit de jouer au piano en passant) pour que nous apprenions à les reconnaître à l’oreille. Nous devions éventuellement reconnaître quelle note elle jouait au piano sans regarder le clavier. C’est plus tard que j’ai compris que notre professeur était en train de nous apprendre à développer une oreille musicale qui savait apprécier le ton de chaque note.

La croissance ou la maturité du Chrétien ne sont pas des choses si différentes que mon expérience à l’école de musique. Tout comme mon professeur de musique voulait que je sois enseigné par la musique elle-même, Christ s’attend à ce que nous soyons enseignés par l’écoute de sa Parole à l’œuvre dans nos cœurs.

16Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. 17Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père. (Colossiens 3.16-17)

De la Parole vers mon cœur

Dans les quelques versets qui précèdent cette section du chapitre 3, l’apôtre Paul nous exhorte à faire trois choses qui permettent à la Parole de Christ d’habiter en nous avec abondance. On parle d’une série d’étapes qui se suivent. L’une amène donc l’autre.

  1. Col 3.1-4 nous exhorte à nous identifier avec Christ. Si nous avons placé notre confiance dans la personne et l’œuvre de Jésus-Christ, nous avons aussi compris que cela impliquait un changement de notre identité. Christ est mort et ensuite, il est ressuscité. La puissance de la résurrection nous montre que Christ est plus fort que la mort, et par conséquent, qu’il a vaincu le péché. Et parce que l’évangile est une invitation à nous confier en Lui et d’accepter qu’il échange notre culpabilité devant Dieu pour une justice qui vient de Christ, nous sommes maintenant identités avec la personne de Christ.
  2. Col 3.5-11 nous exhorte ensuite à nous dépouiller de notre « vieille nature ». En fait, on parle de la partie de notre existence avant de connaître Jésus-Christ qui était inextricablement lié et attaché à la pensée typiquement humaine, celle qui ne tient pas compte de Dieu dans sa perspective du monde. Le verset 8 nous explique les débouchés d’une telle nature purement humaine : la colère, l’animosité, la méchanceté, la calomnie, et les paroles déshonnêtes. L’apôtre Paul associe ces choses comme étant le produit naturel du « vieil homme ».
  3. Col 3.12-14 nous exhorte finalement à nous revêtir des choses qui caractérisent la nouvelle nature qui est la nôtre par notre association (notre identification) à Jésus-Christ. Nous devons donc nous revêtir de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, et de patience. Paul va même plus loin que cela. Si nous avons sujet de nous plaindre de l’autre, nous sommes encouragés à nous supporter les uns les autres et à nous pardonner réciproquement.

De mon cœur vers l’extérieur

Nous pouvons maintenant comprendre l’exhortation de Paul dans son contexte, car l’agent de changement dans nos vies est une relation vivante avec l’auteur de la Parole de Dieu. Pour le dire d’une autre façon, la Bible n’est pas un livre magique. Ce n’est pas un livre de formules ou de principes de vie qui s’appliquent sans contexte. Nous ne pouvons pas dissocier Christ de sa Parole.

  1. La Parole de Christ doit prendre résidence dans notre cœur. Nous parlons d’une adresse permanente et non d’une activité passagère. La lecture quotidienne, la méditation de la Parole, ou la mémorisation de la Parole sont tous des bons moyens pour entretenir une relation amicale avec la Bible. Mais le but de ces activités n’est pas une quête d’informations ou une révision de principes. Quand la Parole de Christ réside dans notre cœur, c’est parce que nous avons rencontré Jésus-Christ au travers de notre lecture. Nous l’avons entendu nous réaffirmer notre identité en Lui. Nous avons écouté sa voix qui nous motive à nous dépouiller de notre vieille nature par amour pour Lui. Nous avons accepté qu’il nous revête de notre nouvelle nature en regardant son exemple et en obéissant attentivement ses instructions.
  2. Par la suite, lorsque la Parole de Christ habite en nous, nous pouvons l’exprimer à nos frères et sœurs (1.16b). Le « nous » auquel Paul fait référence est un « nous » collectif. Paul écrit à l’église de Colosse après tout. Son encouragement est pour toute l’église afin qu’ils recherchent une unité et une communion qui est digne du Seigneur Jésus-Christ. Une évidence particulière qui indique que la Parole de Christ habite en nous est le fait que nous nous exhortions mutuellement et que nous nous instruisons mutuellement. Chacun instruit et exhorte son prochain dans l’église selon son expérience d’avoir rencontré Christ, d’avoir appliqué la Parole de Christ dans sa vie.
  3. Finalement, lorsque la Parole de Christ prend racine dans le cœur des Chrétiens au sein de l’église et qu’elle est partagée entre eux, nous sommes exhortés d’en faire notre motivation pour le service envers tous, même ceux qui sont en dehors de l’église. « Quoi que vous fassiez » est un absolu. Il est question de toutes les situations à tous les moments envers toutes les personnes de notre vie. Dieu nous invite à parler et à agir en son nom envers tout ceux que nous rencontrons au quotidien. C’est dans ce sens que la vie Chrétienne n’est pas restreinte à un culte ou à une activité particulièrement spirituelle.

C’est aussi dans ce sens que nous devons saisir l’importance de nous impliquer dans le monde qui nous entoure en invitant nos frères et sœurs a y participer avec nous. C’est quand les gens voient des Chrétiens qui dans leur quotidien s’exhortent mutuellement dans l’amour, avec patience, et en se pardonnant, que ces mêmes personnes deviennent aussi témoins de l’amour de Jésus-Christ. Nous parlons alors de l’Évangile qui s’incarne dans la vie des Chrétiens à la vue de tous.

Application

  • Sur un plan personnel : ma lecture de la Bible doit devenir une activité où je permets le Seigneur d’examiner mon cœur, de m’instruire, de m’affirmer que je lui appartiens, me montrer les choses que je dois laisser tomber, et de le laisser m’instruire à comment me revêtir de sa nature. La lecture de la Parole doit engager mon cœur. Et si je ne me sens pas particulièrement motivé à lire la Bible, il serait important de l’exprimer à Dieu avant de lire la Bible tout en le laissant parler à mon cœur.
  • En ce qui concerne la proclamation de la Parole au sein de l’église : celui qui enseigne doit faire un effort particulier de faire en sorte que son audience se rapproche le plus possible du texte. Il doit s’assurer d’enlever tous les obstacles possibles, incluant ses propres « dadas » qui font valoir sa personne aux dépens de la personne de Jésus-Christ. J’encourage personnellement la prédication par exposition du texte où le prédicateur comprend que son rôle peut être comparé à celui d’un boyau d’arrosage : être un conduit au travers duquel Dieu abreuve lui même son peuple par l’assistance de son Esprit.
  • En ce qui concerne notre témoignage dans la société : dans nos milieux évangéliques, beaucoup d’emphase est placée sur la place de l’évangélisation personnelle. Mais ce que nous avons tendance à oublier, mettre de côté même, est que Dieu a conçu l’église pour manifester sa relation vivante avec Christ au travers de leurs exhortations mutuelles devant le monde qui regarde. C’est dans ce sens que les Chrétiens devraient s’impliquer dans leurs communautés ensemble et non chacun dans leur coin. La prochaine fois que tu iras faire du bénévolat ou participer à une activité dans ton quartier, songe un peu à l’idée d’inviter au moins un autre frère ou une autre sœur à y participer avec toi. Tu verras que l’évangélisation se fera tout seule par le fait même que des Chrétiens sont en train de mettre en pratique la Parole de Dieu dans leurs vies devant la société qui les observe.

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