Les blues de son avènement


(Luc 24.36-53) — Comment gérer notre attente du retour du Seigneur

Nous venons de célébrer la Pâque : la mort et la résurrection du Seigneur Jésus-Christ. Et nous aurions tendance à croire que c’est la fin de l’histoire. Christ est ressuscité. Qu’y a-t-il d’autre à dire, à faire?

En fait, nous ne sommes pas arrivés à la fin d’un film ou d’une histoire où l’on peut lire, «Ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours.» Ça, c’est pour les contes de fées.

L’histoire de la résurrection est l’histoire de la réalité du monde dans lequel nous vivons. Jésus-Christ, le Fils de Dieu est venu payer la rançon pour libérer les gens de l’esclavage du péché. Mais Jésus-Christ a aussi payé la rançon afin de libérer les gens pour participer à la venue de son royaume en attente de son retour. C’est bien ce que nous célébrons au travers du Repas du Seigneur lorsque nous lisons, «…chaque fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, et ceci jusqu’à son retour. (1 Cor 11.26)L’histoire ne finit pas avec la mort et la résurrection de Jésus.

C’est dans cette même suite d’idées que l’apôtre Paul écrit aux Chrétiens de Galates par exemple, «4Le Christ s’est offert lui-même en sacrifice pour expier nos péchés, afin de nous délivrer du monde présent dominé par le mal… (Galates 1.4-5)» et «Le Christ nous a rendus libres pour que nous connaissions la vraie liberté. (Galates 5.1)» Et comme nous avons discuté hier lors de notre matinée de prière, Dieu nous a rendus libres en Christ pour servir et aimer les autres. «13Oui, mes frères, vous avez été appelés à la liberté. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre comme des hommes livrés à eux-mêmes. Au contraire, par amour, mettez-vous au service les uns des autres. (Galates 5.13)»

Si l’histoire ne finit pas avec la mort et la résurrection de Jésus, elle continue au travers de nous jusqu’à ce que le Seigneur Jésus-Christ revienne. Si vous êtes ici ce matin et vous avez l’impression de simplement attendre que Dieu revienne ou d’attendre qu’il agisse dans vos vies, ma prière est que vous retrouvez la joie et l’excitation de rechercher sa présence dans l’attente de sa venue.

Luc 24.13-35 (version SEMEUR)

13Le même jour, deux disciples se rendaient à un village nommé Emmaüs, à une douzaine de kilomètres de Jérusalem. 14Ils s’entretenaient de tous ces événements. 15Pendant qu’ils échangeaient ainsi leurs propos et leurs réflexions, Jésus lui-même s’approcha d’eux et les accompagna. 16Mais leurs yeux étaient incapables de le reconnaître.

17Il leur dit :

– De quoi discutez-vous en marchant ?

Ils s’arrêtèrent, l’air attristé. 18L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit :

– Es-tu le seul parmi ceux qui séjournent à Jérusalem qui ne sache pas ce qui s’y est passé ces jours-ci ?

19– Quoi donc ? leur demanda-t-il.

– Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth. C’était un prophète qui agissait et parlait avec puissance, devant Dieu et devant tout le peuple. 20Nos chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré aux Romains pour le faire condamner à mort et clouer sur une croix. 21Nous avions espéré qu’il était celui qui devait délivrer Israël. Mais hélas! Voilà déjà trois jours que tout cela est arrivé.

22Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont fort étonnés. Elles sont allées au tombeau très tôt ce matin, 23mais elles n’ont pas trouvé son corps et sont venues raconter qu’elles ont vu apparaître des anges qui leur ont assuré qu’il est vivant. 24Là-dessus, quelques-uns de ceux qui étaient avec nous se sont aussi rendus au tombeau ; ils ont bien trouvé les choses telles que les femmes les ont décrites ; mais lui, ils ne l’ont pas vu.

Alors Jésus leur dit :

25– Ah! hommes sans intelligence! Vous êtes bien lents à croire tout ce que les prophètes ont annoncé. 26Le Christ ne devait-il pas souffrir toutes ces choses avant d’entrer dans sa gloire ?

27Alors, commençant par les livres de Moïse et parcourant tous ceux des prophètes, Jésus leur expliqua ce qui se rapportait à lui dans toutes les Ecritures.

28Entre-temps, ils arrivèrent près du village où ils se rendaient. Jésus sembla vouloir continuer sa route. 29Mais ils le retinrent avec une vive insistance en disant :

– Reste donc avec nous ; tu vois : le jour baisse et le soir approche.

Alors il entra dans la maison pour rester avec eux. 30Il se mit à table avec eux, prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le partagea et le leur donna. 31Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent… mais, déjà, il avait disparu. 32Et ils se dirent l’un à l’autre :

– N’avons-nous pas senti comme un feu dans notre cœur pendant qu’il nous parlait en chemin et qu’il nous expliquait les Ecritures ?

33Ils se levèrent sur l’heure et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les Onze réunis avec leurs compagnons.

34Tous les accueillirent par ces paroles :

– Le Seigneur est réellement ressuscité, il s’est montré à Simon.

35Alors les deux disciples racontèrent à leur tour ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il avait partagé le pain.

Comprendre CE QUI M’ARRIVE? Ou comprendre QUI SE PRÉSENTE?

Les disciples de Jésus sur le chemin d’Emmaüs cherchaient à comprendre le «pourquoi» des évènements qui étaient arrivés à Jérusalem. Mais ils n’arriveraient jamais à répondre à la question «de quoi s’agit-il » avant de répondre à la question «de qui s’agit-il».

C’est seulement lorsqu’ils comprirent de «qui» il était question qu’ils comprirent aussi le «pourquoi» de la situation. Si vous remarquez la réaction des deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, Luc nous relate trois choses qui se passent chez eux.

  1. Leurs yeux s’ouvrir…c’est-à-dire qu’ils comprirent pourquoi Jésus devait mourir et ressuscité.
  2. Ils reconnurent que le personnage devant eux était bien le Seigneur Jésus-Christ.
  3. Ils reconnurent ce que Dieu attendait d’eux : ils devaient se rendre à Jérusalem pour partager leur expérience avec les autres disciples de Jésus.

Avant de rencontrer le Seigneur Jésus-Christ sur le chemin d’Emmaüs, les disciples pensaient que leur part de l’histoire arrivait à terme. Mais après avoir rencontré Jésus, ils découvrirent qu’ils avaient une part à jouer dans le dénouement principal de l’histoire de toute l’humanité.

LEÇON : Comme ces disciples, nous cherchons parfois à comprendre le «pourquoi» d’une chose sans toutefois nous préoccuper de ce que Dieu veut nous faire découvrir à son sujet au milieu de nos circonstances. Lorsque nous considérons l’appel de l’évangile, nous réalisons que nos vies font partie de la métahistoire dont Christ est l’acteur principal. C’est une histoire dans laquelle nous participons avec le Seigneur Jésus-Christ.

En d’autres mots, Dieu a un plan pour ta vie qui joue un rôle dans l’histoire de la rédemption de ce monde. Il ne s’agit pas d’une histoire parmi tant d’autres ou d’une autre perspective sur l’histoire. L’histoire de la rédemption est la version intégrale de l’histoire du monde.

S’attacher à une personne et non pas à une idée

La foi chrétienne se distingue par le fait qu’il s’agit d’une façon de vivre, d’une vision du monde qui est relationnelle à la base. Les disciples sur le chemin d’Emmaüs partaient de Jérusalem parce qu’ils avaient perdu de vue leur maître. Pour eux, la relation avec le Seigneur Jésus était finie.

Nous pouvons nous imaginer un peu leur situation. Ils n’étaient que deux en chemin. Tous les disciples de Jésus étaient dispersés suite à la crucifixion. Et ces deux-là ne faisaient pas nécessairement partie du cercle intime de Jésus. Mais ils aimaient Jésus. Ils s’étaient engagés à suivre ses enseignements. Et maintenant que son corps avait disparu, ils retournaient chez eux avec beaucoup de questions.

Luc attire notre attention sur la façon dont Dieu intervient dans la vie des disciples pour se révéler à eux et pour donner une nouvelle direction à leurs vies.

Remarquez qu’avant de rencontrer Jésus sur le chemin, les disciples n’avaient pas une direction à suivre. Ironiquement, ils sont en chemin pour Emmaüs, mais en réalité, ils sont perdus.  «Nous avions espéré qu’il était celui qui devait délivrer Israël. Mais hélas! Voilà déjà trois jours que tout cela est arrivé.» (v.21) Luc nous fait comprendre qu’ils étaient découragés, désillusionnés même. Ils n’avaient pas compris l’étendue du plan de Dieu. Ils n’avaient pas saisi ce que Dieu avait déjà annoncé au travers des Saintes-Écritures.

Luc veut aussi nous faire comprendre que Dieu poursuit ceux qu’il appelle à Lui. Il est un Dieu qui cherche à avoir une relation avec sa création. C’est vraiment la présence réelle de Jésus qui devient le point tournant dans la vie des disciples. Ce n’est pas l’idée de la résurrection ou l’idée de la crucifixion de Jésus ou même l’idée de Jésus comme maître qui a transformé les disciples, mais le fait d’avoir passé du temps avec Jésus ressuscité.

Luc nous fait savoir que les deux disciples avaient tellement aimé leur temps avec cet «inconnu» qu’ils ne voulaient pas se séparer de lui. Ils l’invitèrent donc à passer la soirée avec eux dans l’auberge. Et c’est pendant qu’ils mangeaient ensemble qu’ils reconnurent de qui il s’agissait.

Ils réalisèrent aussi que leur plus grand bien était le fait de passer du temps dans sa présence. «N’avons-nous pas senti comme un feu dans notre cœur pendant qu’il nous parlait en chemin et qu’il nous expliquait les Ecritures ?» (v.32)

Finalement, ces deux disciples qui suivaient un chemin tout en étant perdus trouvèrent une direction à suivre pour leurs vies. Avez-vous remarqué que lorsque les disciples ont compris qu’il s’agissait du Seigneur, ils ne sont pas allés au lit? Ils n’ont même pas poursuivi leur chemin pour retourner aller à Emmaüs. Ils ont changé de direction. Ils sont repartis pour Jérusalem!

On parle de l’endroit où l’on avait mis à mort leur maître, le lieu où les disciples n’étaient pas en sécurité.

Mais ces deux-là n’étaient pas préoccupés par le risque ou les circonstances. Ils avaient vu et passé du temps avec le maître et ils voulaient partager cette belle expérience avec les autres disciples de Jésus.

Cette rencontre avec Jésus sur le chemin d’Emmaüs a non seulement transformé leur perspective sur ce que Dieu était en train de faire dans le monde, mais a aussi transformé leur perspective sur ce que Dieu voulait faire avec eux.

LEÇON : la foi chrétienne n’a pas beaucoup de sens si tu n’as pas passé du temps dans la présence du Seigneur Jésus-Christ. La foi chrétienne est beaucoup plus qu’une idée. Il s’agit d’une relation avec Dieu le Fils par la foi dans la Parole de Dieu.

Mais c’est aussi une relation avec le peuple de Dieu. Car c’est là aussi où Jésus se manifeste.

APPLICATION : Dieu a un but pour ta vie. Dieu va s’ingérer dans ta vie pendant que tu es en chemin afin que tu saisisses l’occasion de le connaître. Mais il ne va pas s’arrêter là. Dieu veut que tu apprennes à le connaître afin que tu comprennes aussi la direction à suivre, et, par où passer.

Quelle place est-ce que j’accorde à connaître le Seigneur Jésus-Christ au travers des circonstances de ma vie? Est-ce que je commence ma journée avec le souci que Jésus se montre, se dévoile dans mes circonstances? Est-ce que c’est Jésus que je recherche lorsque je lis sa Parole?

Une fois que j’ai trouvé le Seigneur Jésus-Christ, est-ce que je pars à sa suite? Est-ce que je tiens compte de ce qu’il dit à mon sujet? Est-ce que je tiens compte de ce qu’il me montre au sujet de son plan d’aimer mon prochain comme moi-même?

ILLUSTRATION : J’ai eu la joie de partager la Parole avec Jean hier. Notre attention s’est arrêtée sur Galates 5.13, «Oui, mes frères, vous avez été appelés à la liberté. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre comme des hommes livrés à eux-mêmes. Au contraire, par amour, mettez-vous au service les uns des autres.»  En considérant ce passage, nous avons commencé à parler de la façon que nous rangeons nos priorités, surtout lorsque nous planifions notre agenda pour la journée. Il m’a partagé combien cette perspective influence nos motifs même si nos tâches à accomplir restent les mêmes. Nous planifions nos affaires souvent en fonction de ce qui est à notre avantage, ce qui avance nos buts personnels. Mais lorsque nous prenons le temps de considérer comment ce que nous faisons peut aussi servir à aimer notre prochain, à l’édifier ou à restaurer notre prochain avec l’amour de Dieu, nos motifs changent et notre motivation est renouvelée. On finit par voir notre journée et notre agenda différemment. Et dans certaines circonstances, on agit différemment. J’ai l’impression que c’est un peu aussi ce qui est arrivé aux disciples sur le chemin d’Emmaüs.

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