Ce qui ne va pas – (1 Corinthiens 1:10-17)

Après avoir défini le « qui nous sommes en Christ » pour les Corinthiens, et après avoir ramené à l’esprit « ce que Dieu avait fait pour les Corinthiens au travers de Jésus Christ, » Paul ajuste sa « mire » sur le problème en question. En effet, l’église de Corinthe était au milieu de controverses et de chicanes qui impliquaient directement les frères et soeurs de l’assemblée. L’apôtre Paul ne perd pas de temps à définir ce qui ne va pas, mais il ne faut pas pour autant en conclure que la lettre est simplement pour redresser et corriger ce qui ne va pas. Paul nous montre une approche pastorale à la controverse qui cherche autant à corriger qu’à instruire. Sa motivation est semblable à un parent qui cherche à reprendre son enfant tout en l’instruisant dans le but de restaurer la relation.

Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment.  Car, mes frères, j’ai appris à votre sujet, par les gens de Chloé, qu’il y a des disputes au milieu de vous. Je veux dire que chacun de vous parle ainsi: Moi, je suis de Paul! et moi, d’Apollos! et moi, de Céphas! et moi, de Christ!

Christ est-il divisé? Paul a-t-il été crucifié pour vous, ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés? Je rends grâces à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispus et Gaïus, afin que personne ne dise que vous avez été baptisés en mon nom. J’ai encore baptisé la famille de Stéphanas; du reste, je ne sache pas que j’aie baptisé quelque autre personne.

Ce n’est pas pour baptiser que Christ m’a envoyé, c’est pour annoncer l’Évangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine. (1 Corinthiens 1:10-17)

Quelques observations

v.10 …c’est au nom du Seigneur Jésus Christ… Paul n’est pas en train de prendre la place d’un évêque magistrale. Il reconnaît qu’il fait partie du même corps que les croyants de Corinthe. Il s’adresse à eux non pas comme étant supérieur, mais en leur rappelant qu’il exerce son ministère sous le regard de Dieu de la même manière qu’il vit sa vie sous le regard de la seigneurie de Jésus Christ.

Rechercher l’unité au sein de l’église n’est pas juste éviter les conflits, c’est rechercher une même façon de pensée. Il peut y avoir une ressemblance à l’unité dans une église tout simplement parce qu’on n’essaie de ne pas faire trop de vagues. Mais dans ce cas-ci, Paul va beaucoup plus loin en insistant sur le fait que l’unité en Jésus Christ demande qu’on recherche activement une même pensée.

Ressemblance familiale (une illustration) : Connaissez-vous l’histoire de la princess Christina de Suède qui accéda au trône à l’âge de 6 ans seulement? Son père, le roi Gustav II Adolph, fut tué pendant la guerre de trente-ans. Quand les conseillers du roi se rencontrèrent pour décider qui allait prendre la place du roi sur le trône, la tante de Christina leur pria de bien vouloir considérer la petite Christina. Certains des conseillers était septiques. Christina entra, et s’assit. Un des conseillers du roi la regarda attentivement, puis après quelques instants, s’exclama, “Nous avons bel et bien une reine devant nous.” Devant les visages surpris des autres conseillers il affirma avec conviction, “Elle est réellement le portrait de son père!” En effet, le droit et le privilège de faire partie de l’assemblée des élus est confirmé par notre ressemblance familiale à Jésus Christ. Ceci est une raison beaucoup plus convaincante qu’un simple « membership » dans une clique quelconque.

v.12 la présence de petites cliques dans l’assemblée nous rappelle que les Chrétiens ne sont pas parfaits. Nous luttons avec nos propres penchants naturels. Ceci était le cas à Corinthe. Il ne faut pas oublier aussi que l’église n’était en existence que depuis 4 à 5 ans. Et la grande majorité des croyants venaient d’un arrière plan païen. On suppose dans ce cas-là que les anciens de l’assemblée ne devaient pas avoir beaucoup d’années d’expérience de vie Chrétienne eux non plus.

v.13-16 Juste pour souligner que Paul avait baptisé au nom du Seigneur Jésus Christ pour mettre l’accent que c’est lui (Jésus) la tête de l’Église.

v.17 « ce n’est pas pour baptiser, …mais pour proclamer la Bonne Nouvelle… » Dans une ville où les rites sacrés étaient choses courantes, il va de soi que le baptême chrétien avait une certain attraction pour ceux désirant se rendre purs par les eaux du baptême. Paul remet l’emphase justement sur le fait que c’est la prédication de l’évangile qui reste au centre de la vie de l’église, et non le baptême. Et que le vrai sacrement est le sacrifice de Jésus Christ sur la croix duquel le baptême tire sa raison d’être.

L’annonce de la Bonne Nouvelle se fait sans recourir aux arguments de la sagesse humaine, afin de ne pas vider de son sens la mort et la résurrection de Jésus à la croix. Les Corinthiens avaient une grande affection pour les discours de sagesse. D’ailleurs, on payait des orateurs pour se divertir par les discours. Et la spiritualité « à la mode » de ces temps-là était les discours de la sagesse. Les grands philosophes grecques prisaient une approche didactique qui cherchait la vérité au travers d’une série de questions et réponses. Ceci reflétait la croyance que la vérité est « découvrable » dans le monde naturel, il suffit de poser la bonne question. Paul commence ici à décrire le contraste entre la sagesse naturelle et la sagesse de Dieu en insistant sur le fait que la sagesse humaine et la révélation naturelle ne peut pas aller au fond des choses. Il lancera l’argument plus tard dans l’épître, que pour comprendre la vraie sagesse, il faut que Dieu nous la révèle par son Esprit.

Dernier point sur la sagesse humaine dans ce passage : « …afin de ne pas vider de son sens la mort du Christ sur la croix. » (version Bible Semeur) La sagesse humaine sous-entend deux choses : 1) la capacité de mériter la rédemption; 2) que la rédemption est réservée aux éduqués, aux sages, etc… Le salut par grâce va à l’encontre d’une sagesse humaine par ce que Dieu ne partage sa gloire avec personne. C’est lui qui est derrière l’oeuvre du salut. Et c’est grâce à sa « grâce » que même la personne la plus immorale, la plus ignorante, et la plus déchue peut trouver la rédemption dans la résurrection de Jésus Christ de la croix puisque c’est Dieu qui appelle.

Application utile

Paul rappelle à l’église de Corinthe que la prédication de la Bonne Nouvelle rassemble l’église. La Bonne Nouvelle rassemble les rachetés par la grâce de Dieu. Elle met en valeur aussi l’oeuvre de Jésus Christ à la croix. Et c’est précisément vers cela que les Corinthiens sont appelés à rechercher une même pensée. C’est dans cette perspective que le baptême n’est pas un badge d’honneur, mais une identification à Jésus Christ.

Trop souvent, nous plaçons une importance sur le baptême qui n’honore pas notre union avec Jésus Christ. Nous le considérons comme un rite de passage qui met son sceau d’approbation sur notre cheminement spirituel. Ceci est loin de la vérité de l’évangile! Le baptême est premièrement une identification avec Jésus Christ, et de façon mystique, une identification au corps de Christ représenté par l’assemblée des croyants dans l’église. Faire du baptême un sujet de discorde dans l’église va donc complètement à l’encontre de l’idée primaire du baptême d’être une expression visible de notre union à Jésus.

Finalement, Paul nous rappelle que la prédication de la Bonne Nouvelle ne peut pas passer à côté d’une discussion sur la grâce de Dieu à l’oeuvre au travers du salut. Ce n’est pas le produit d’une réflexion purement humaine. La grâce de Dieu est une fondation pour la Bonne Nouvelle car elle place l’oeuvre de la rédemption entre les mains d’un Dieu souverain. C’est lui l’auteur du salut. C’est lui qui va chercher le plus indésirable d’entre le hommes pour l’amener à la repentance et l’union avec Lui. Le salut est donc par grâce parce que Dieu est Dieu.


Ce que Dieu a fait pour vous (1 Corinthiens 1:4-9)

Après avoir identifié qui les Chrétiens de Corinthe sont aux yeux de Dieu, Paul tourne son attention vers ce que Dieu a fait pour eux. Cela me rappel ce qu’un ancien pasteur avait enseigné. Il disait souvent : « l’impératif suit toujours l’indicatif. » En d’autres mots, le commandement de « faire » suit la réalisation de « qui nous sommes. » Paul commence sa lettre en expliquant l’identité des Corinthiens en Christ. Il enchaîne par la suite avec ce que Dieu a déjà fait pour eux.

Je rends à mon Dieu de continuelles actions de grâces à votre sujet, pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée en Jésus Christ. Car en lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance, le témoignage de Christ ayant été solidement établi parmi vous, de sorte qu’il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus Christ. Il vous affermira aussi jusqu’à la fin, pour que vous soyez irréprochables au jour de notre Seigneur Jésus Christ. Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus Christ notre Seigneur. (1 Corinthiens 1:5-9)

Observations utiles

L’union avec Jésus Christ est une grâce de Dieu. Le fait que je ne puisse pas me rendre pur de moi-même est ajouté au fait que si je suis unis à Jésus Christ, c’est purement par grâce. Certains vont trouver ici une raison d’être choqué. En effet, la décision de venir à Jésus Christ pour la purification est un choix personnel. Mais lorsqu’on considère la chose plus longuement, on se rend compte qu’à moins que Dieu prenne l’initiative avec nous, nous n’aurions jamais « choisis » de nous unir à Jésus. De toute manière, comment pourrions-nous le faire si nous étions « morts » dans nos péchés. (voir Ephésiens 2:4-9)

v.5-6 Paul affirme que l’Église de Corinthe avait bénéficié de plusieurs dons de l’Esprit, en particulier, ceux de la parole (Gr. logos) et de la connaissance (Gr. gnosis). Paul ajoute « le témoignage de Christ ayant été solidement établi parmi vous. » La version Semeur donne, selon moi dans ce cas, une meilleure traduction quand elle explique, « en particulier celui de la parole et celui de la connaissance, dans la mesure même où la vérité dont le Christ est le témoin a été fermement établie chez vous. » En effet, là où le témoignage de Jésus Christ est fermement établie, là aussi les dons de l’Esprit prennent racine. En fait, Paul affirme que non seulement notre union à Jésus Christ est nécessaire pour être pur devant Dieu, mais l’utilisation des dons de Dieu ne sont que possibles que là où le témoignage de Jésus Christ est enraciné.

Le témoignage de Jésus Christ parmi les Corinthiens est ce qui affermira leur foi dans l’attente du retour de Jésus.

Par application, notre église a tous les dons nécessaires pour accomplir la volonté de Dieu si tous les membres de l’église sont enracinés dans le témoignage de Jésus Christ.

Dieu lui-même, pas juste ses dons et sa grâce comme bénédictions divorcés de celui qui les donne. Mais bien plus, Dieu lui-même, par son Esprit, est présent dans son église pour mener à bon terme ses desseins. C’est comme quelqu’un qui achète un ordinateur. Si lui manque le fil d’alimentation, tout le potentiel que renferme cet ordinateur n’est pas utile à moins qu’il soit branché à une prise de courant. L’Esprit est donc « l’électricité » qui vivifie l’église.

Application

La même grâce que Dieu vous a fait au salut et aussi la grâce qu’il vous fait pour servir l’église avec vos dons. On ne peut pas vivre la vie chrétienne à l’écart du ministère du Saint Esprit. On ne peut pas vivre la grâce à l’écart de la Bonne Nouvelle de l’évangile à l’oeuvre dans nos vies aujourd’hui. En d’autres mots, le ministère du Saint Esprit dans nos vies aujourd’hui est le même ministère de mettre en relief l’évangile de Jésus Christ du début à la fin. Et si cela nous paraît étrange ou simpliste, il nous faut peut-être redécouvrir la richesse de l’évangile. Car la puissance de l’évangile est la présence même d’Emmanuel, Dieu parmi nous. (voir 1 Jean 5:12)

Je vais vous rappeler qui vous êtes (1 Cor 1:1-3)

L’apôtre Paul commence sa lettre à l’église de Corinthe en décrivant leur position en Christ et le résultat de ce que Christ a accomplit pour eux.

Paul, appelé à être apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et le frère Sosthène, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre: que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ!  (Corinthiens 1:1-3)

Quelques observations utiles

Paul fut appelé par Dieu. Son apostolat n’était pas le fruit de son propre désire. Son appel est basé dans la ferme assurance de l’appel de Dieu dans sa vie. (voir Romains 9:16)

Le frère Sosthènes… quel exemple remarquable de l’évangéliste en Paul. Il est fort possible qu’il s’agit du même Sosthènes dans Actes 18 qui était à la tête de la foule qui voulait faire du mal à Paul. Il était le chef de la synagogue. Et voilà que Paul le mentionne dans sa lettre au tout début avec le qualificatif « frère. »

Notez comment Paul appelle l’église à Corinthe… l’église de DIEU. Ceci vient établir la fondation sur laquelle Paul va bâtir son argument pour l’unité au sein de l’assemblée.

Purifiés par quoi? par votre union à Jésus Christ. Grand point théologique ici… la justification du Chrétien ne peut pas se faire, et ne se fait pas, en dehors de la personne de Jésus Christ. Ceci veut dire que je ne suis pas de moi-même pur, mais uni à Jésus Christ, je le suis parce que LUI est pure. Je suis donc entièrement dépendant de mon union avec Jésus Christ pour être acceptable à Dieu.

Notez bien l’usage du temps dans le v. 2 : ont été purifiés (passé), qui sont appelés à appartenir à Dieu (futur), ainsi que tous ceux qui font appel à notre Seigneur (présent).

Tous ceux : pas de différences culturelles, sociales, économiques, etc.

Dieu NOTRE père : nous faisons parti de la même famille

SEIGNEUR Jésus Christ : juste une observation. Jésus est présenté comme Seigneur. Certains dans nos églises postulent que nous pouvons recevoir Jésus comme Sauveur, mais non pas nécessairement comme Seigneur. Le NT nous donne une autre perspective. La description Jésus Sauveur est mentionnée 11 fois dans le NT, et de ces 11 fois, nous trouvons 4 fois le terme Seigneur qui lui est ajouté. La description Jésus Seigneur quand à elle, est mentionnée au moins 162 fois dans le NT. Le contraste vaut la peine d’être mentionné.

Application 1 Corinthiens 1:1-3

Je vais vous rappeler qui vous êtes! Vous faisez partie d’une seule et nouvelle famille. Et parce que vous faites partie de cette seule et même famille, vous êtes invités à vous comporter comme des membres de cette nouvelle famille, et non comme des membres de votre ancienne famille.

Une perspective biblique et protestante en éducation

La Table de concertation protestante en éducation (TCPE) vient de mettre en ligne son blogue officiel la semaine dernière (tcpe.wordpress.com). La TCPE regroupe les églises dites « protestantes » qui sont concernées par le domaine de l’éducation au Québec. Si vous êtes parent, ou que l’éducation de nos enfants à l’école vous tient à coeur, je vous encourage à visiter leur site. Vous y trouverez plusieurs articles intéressants et pertinents, ainsi que des liens internet utiles.

Corinthe : une église en quête d’identité (Introduction)

Enseignement apporté par Jonathan Wedel (13 septembre 2009)

Nous commençons notre série dans le premier épître de Paul au Corinthiens avec un peu d’histoire et d’archéologie. Car, une étude approfondie de la Bible exige que nous comprenions le contexte dans lequel Paul écrit sa lettre à l’église de Corinthe, une ville et une culture pas comme la nôtre, mais avec des coeurs et des âmes semblables aux nôtres.

Quelques considérations historiques

La ville de Corinthe était une grande métropole commerçante et maritime. Elle était le siège gouvernemental, la capitale de la province d’Achaïe (une péninsule entourée d’eau sur trois côtés au sud de la Grèce). Pour nous aujourd’hui, nous pourrions comparer Corinthe à notre ville de Québec en y ajoutant un flair de Las Végas américain. À cause de sa position privilégiée comme port maritime au croisement de plusieurs grandes routes commerçantes, Corinthe offrait un peu de tout ce qu’on pouvait se permettre financièrement. « Si tu le voulais, on pouvait te le vendre. »

Temple d'Apollo

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Corinthe était aussi l’emplacement des jeux Ioniéens en honneur du dieu Poséidon, seulement deuxième en importance après ceux d’Olympie à tous les deux ans. Et finalement, Corinthe était aussi l’emplacement du temple dédié à la déesse Aphrodite (déesse de la fertilité). Le temple employait à son service plus de 1,000 prostituées sacrées d’Aphrodite au sommet de l’acropole qui surplombait la ville. Corinthe avait une telle réputation que dans la langue du peuple, on désignait « vivre d’une manière déréglée sans contrainte morales » en employant le verbe, « corinthianiser. »

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L’Apôtre Paul (Actes 18:1-17)

L’apôtre Paul arrive à Corinthe après son départ d’Athènes lors de son deuxième voyage missionnaire en 51-52. C’est à Corinthe qu’il rencontre Priscille et Acquilas, des réfugiés de Rome, qui faisait partie des Chrétiens que l’empereur Claudius avait expulsé de la capitale romaine 3 ou 4 ans auparavant. Comme Paul, ils fabriquaient des toiles de tente. Paul trouve l’hospitalité chez un dénomé Titius Justus, un ancien chef de la synagogue probablement converti par la prédication de Paul.

L’apôtre restera à Corinthe pendant 18 mois poussé par une révélation de Dieu qui lui affirmera, « …n’aie pas peur, parle et ne te tais pas, il y a dans cette ville un peuple nombreux qui m’appartient. » (Actes 18:9-10) Paul sera amené en procès par les juifs devant le proconsul Gallius (le gouverneur de la province à Corinthe) et sera affranhi faute de preuves légales. Les juifs s’en prendront à Sosthènes, le chef de la synagogue, que Paul mentionnera plus tard (on suppose qu’il est la même personne mentionnée dans Actes 18 du fait que Paul le mentionne) comme étant un frère dans la foi. Paul quittera éventuellement Corinthe avec Acquilas et Pricsille pour s’en aller vers Éphèse avec ces mots, « …je reviendrai, s’il plaît à Dieu. » (Actes 18:21)

Les défis de l’église de Corinthe

Si on essai de résumer le caractère de l’église, il va de soi que celui-ci ressemble à l’environnement culturel dans lequel il se trouve. En effet, le salut en Jésus Christ est à la fois une déclaration que nous sommes justifiés devant Dieu, mais aussi un pèlerinage  ici-bas où l’on lutte avec notre propre chair (c.-à-d. le combat de la foi). On peut facilement porter un jugement hâtif sur les croyants de Corinthe si on perd de vue l’influence morale et culturelle dans laquelle l’église de Corinthe vivait sa nouvelle foi. Ceci dit, l’église semblait avoir le même slogan idéaliste que la ville, « Tout est permis. » En effet, si l’âme et l’esprit de l’individu était sauvés par la grâce de Dieu, alors on pouvait faire ce que l’on voulait avec son corps.Ce qui se faisait dans le corps n’affectait pas la condition de l’âme et de l’esprit  …une idée envers laquelle Paul fera un plaquage théologique dans sa lettre.

L’église faisait aussi exception dans sa manière de traités les gens d’arrière plan différents. Les riches ne s’entre-mêlaient pas avec les moins fortunés. On peut déceler la présence de petites « cliques, » groupes exclusifs réunis autour de mêmes passions et d’occupations. Nous verrons aussi que Paul fait allusion dans sa lettre à certains extrèmes théologiques. Un exemple se trouve dans les ch. 6 et 7 où l’on trouve à la fois des Chrétiens qui affirment ne ressentir aucune ambiguïté morale envers la prostitution, et de l’autre côté des Chrétiens qui affirmaient devoir s’abstenir de relations sexuelles tout court. Et finalement, pour en nommer juste quelques-uns, l’église de Corinthe était en train de succombée à la discorde, à savoir que certains se disaient être de l’apôtre Pierre, d’autres d’Apollos, et d’autres de Paul.

Note : Il est intéressant, voir même triste, d’observer qu’à plusieurs niveaux, et souvent sous différentes formes, nos églises d’aujourd’hui luttent encore avec les mêmes défis. L’église de Jésus Christ devrait être mise à part du monde, un sanctuaire où le péché perd son pouvoir devant la grâce. L’église devrait aussi être un lieu où ma condition sociale, la couleur de ma peau, ma situation économique n’influence aucunement le degré d’affection et d’amour que je partage avec les autres membres de l’assemblée en Jésus Christ. L’église n’est pas une institution. Elle est principalement une communauté de croyants qui trouvent une identité et une valeur commune dans la personne ressuscitée et glorifiée de Jésus Christ.

La lettre de Paul (1 Corinthiens)

Le « premier » épître au Corinthiens fut rédigé à partir d’Éphèse lors du troisième voyage missionnaire de Paul en 54-55. Ceci représente 3-4 ans après la fondation de l’église par l’apôtre. L’épître est aussi la deuxième correspondance écrite par Paul à l’église de Corinthe. L’apôtre fait référence à une autre lettre envoyée plus tôt dans 1 Corinthiens 5:9 dont nous avons perdu la trace. Certains pensent qu’elle aurait été incorporée à un autre des écrits de Paul. Mais faute de preuves solides, ceci est encore trop spéculatif.

Qui est Dieu pour moi ? (Osée 11-13)

Enseignement apporté par Jonathan Wedel (30 septembre 2009). Cette prédication est l’avant dernière dans la série d’Osée. Désolé du retard.

Nous avançons vers la conclusion du livre d’Osée. Nous avons considéré quel était le but de Dieu en se révélant à Israël et Judas au travers du prophète Osée. La vie personnelle d’Osée fut à elle-même une prédication au travers de l’infidélité de son épouse qui rechercha sécurité et confort chez des « amants » étrangers et qui n’attribua pas à Osée sa joie, ni sa sécurité. Le peuple d’Israël poursuivit le même chemin au travers de sa rébellion contre Dieu en attribuant aux dieux étrangers toutes les bénédictions que leurs avait accordé Dieu YAHWEH. Et nous nous sommes penchés sur ce que Dieu reprocha à son peuple en essayant de mieux comprendre le péché, et en particulier l’idolâtrie. La semaine prochaine, Jean Maurais terminera la série avec le ch. 14, un chapitre qui met en évidence la compassion, et la nature restauratrice de l’amour de Dieu envers son peuple… un amour qui prend ses racines dans la nature de Dieu.

Nous allons maintenant faire un survol assez rapide des chapitres 11 à 13. Et pour cela, nous devons prendre du recul pour considérer un moment une vue d’ensemble de ce que Dieu est en train de communiquer à Israël. Quelques chapitres auparavant (Ch. 6), nous retrouvons ce verset clé qui nous révèle ce que Dieu recherche dans son peuple, et en quelque sorte, la base sur laquelle le peuple de Dieu EST le peuple de Dieu.

Car j’aime la piété et non les sacrifices, Et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. (Osée 6:6)

La priorité de Dieu pour son peuple (Israël, et par adoption, nous qui sommes l’Église) est de se rassembler un peuple à Lui-même qui désire le connaître. (voir Deutéronome 7:6; Tite 2:14)

La connaissance de Dieu est donc une chose importante aux yeux de Dieu. Il n’est pas un Dieu qui est assis oisivement sur un nuage en train de contempler l’univers laissant ses créatures à une dérive fortuite au milieu d’un océan sans repères. Non! Dieu est intimement impliqué, voir même concerné, par la posture et la relation entre Lui est ses créatures. Dieu est l’être relationnel par excellence. Sa propre nature en est une manifestation inouïe et parfaite… Dieu saint et parfait, trois personnes en une!

De plus, il est difficile de scruter les écrits de l’Ancien Testament sans remarquer la place accordée à la connaissance de Dieu. Voici quelques extraits :

Comme point central de la chute d’Adam et Eve
…et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. (Genèse 2:9)

Comme but de la sagesse
Oui, si tu appelles la sagesse, Et si tu élèves ta voix vers l’intelligence,  Si tu la cherches comme l’argent, Si tu la poursuis comme un trésor, 5 Alors tu comprendras la crainte de l’Éternel, Et tu trouveras la connaissance de Dieu. (Proverbes 2:3-5)

Comme marque du Chrétien
Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance ! (2 Corinthiens 2:14)

Comme un des buts communs de l’église
…jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, (Eph 4:13)

Comme moyen de croître en maturité
C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, 10 pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres et croissant par la connaissance de Dieu, (Colossiens 1:9-10)

La connaissance dont la Bible nous parle dans ses extraits n’est pas simplement une connaissance intellectuelle de Dieu, mais une connaissance qui approfondit notre relation avec Dieu. Nous parlons d’une connaissance qui découle d’un effort d’avoir passé du temps ensemble à se connaître, et non simplement une connaissance superficielle basée sur des faits rapportés.

Ce genre de connaissance affecte nos émotions, nos pensées, et notre volonté. Elle ne reste pas cloîtrée dans nos idées.

Comment est-ce possible de « connaître » Dieu ?

Connaître Dieu de façon relationnelle est possible par le fait même que Dieu cherche à se faire connaître. Il est après-tout un être relationnel. La Bible nous affirme qu’il prend plaisir à ce genre de connaissance avec ses créatures. Dans son livre « L’Expérience de Dieu, » Henry Blackaby nous affirme que la connaissance de Dieu est possible pour les raisons suivante :

  • Dieu est à l’oeuvre autour de toi
  • Dieu poursuit une relation d’amour avec toi qui est personnelle
  • Dieu t’invites à participer dans oeuvre avec Lui

Leçon #1 – Osée 11

Quand Israël était jeune, je l’aimais, Et j’appelai mon fils hors d’Égypte. 2 Mais ils se sont éloignés de ceux qui les appelaient; Ils ont sacrifié aux Baals, Et offert de l’encens aux idoles. 3 C’est moi qui guidai les pas d’Éphraïm, Le soutenant par ses bras; Et ils n’ont pas vu que je les guérissais. (Osée 11:1-3)

Osée nous apprend que Dieu est celui qui guérit… Il est le Dieu qui nous affirme, « …je restaure ta santé, ton état d’homme et de femme selon les desseins avec lesquels je t’ai créé. »

Conclusion : La connaissance de Dieu produit une vraie “joie de vivre.”

Leçon #2 – Osée 12

Dans le sein maternel Jacob saisit son frère par le talon, Et dans sa vigueur, il lutta avec Dieu. 4 Il lutta avec l’ange, et il fut vainqueur, Il pleura, et lui adressa des supplications. Jacob l’avait trouvé à Béthel, Et c’est là que Dieu nous a parlé. 5 L’Éternel est le Dieu des armées; Son nom est l’Éternel. 6 Et toi, reviens à ton Dieu, Garde la piété et la justice, Et espère toujours en ton Dieu. (Osée 12:3-6)

Osée affirme au peuple d’Israël que YAHWEH est le Dieu des armées. Il est le Dieu qui est capable de protéger son peuple.

Conclusion : La connaissance de Dieu produit une vraie sécurité.

Leçon #3 – Osée 13

Maintenant ils continuent à pécher, Ils se font avec leur argent des images en fonte, Des idoles de leur invention; Toutes sont l’oeuvre des artisans. On dit à leur sujet: Que ceux qui sacrifient baisent les veaux ! 3 C’est pourquoi ils seront comme la nuée du matin, Comme la rosée qui bientôt se dissipe, Comme la balle emportée par le vent hors de l’aire, Comme la fumée qui sort d’une fenêtre. 4 Et moi, je suis l’Éternel, ton Dieu, dès le pays d’Égypte. Tu ne connais d’autre Dieu que moi, Et il n’y a de sauveur que moi. 5 Je t’ai connu dans le désert, Dans une terre aride. 6 Ils se sont rassasiés dans leurs pâturages; Ils se sont rassasiés, et leur coeur s’est enflé; C’est pourquoi ils m’ont oublié. (Osée 13:2-6)

Osée rappelle le peuple de Dieu que l’Éternel est le Dieu de leur secours. Il est leur Dieu qui est capable de secourir son peuple dans le besoin.

Conclusion : La connaissance de Dieu produit un espoir véritable.

Qu’est ce que cela implique de connaître Dieu ?

Connaître Dieu implique plusieurs choses de ma part. Je ne peux pas venir à Dieu sans que cela m’affecte d’une manière ou d’une autre. Dieu me prend comme je suis. C’est l’évidence de sa grâce envers moi. Mais, il ne me laissera pas comme je suis. Il veut que je lui ressemble. Il est important de comprendre cette réalité car on ne vient pas à Dieu sur nos propres termes, nos propres conditions. Cela implique que si je veux réellement connaître Dieu, je dois m’attendre à certaines choses. En voici quelques-unes :

  • peut amener ma foi à faire une crise. Je vois faire un choix difficile entre faire confiance à ma propre raison, ou me confier dans la sagesse de Dieu.
  • peut me pousser à faire des changements majeurs. Mon but est de participer dans son oeuvre.
  • devient une expérience réelle au travers de mon obéissance. Je constate que Dieu accomplit son oeuvre au travers de moi.

Application : Connaître Dieu se manifeste au travers de mon témoignage de son oeuvre dans ma vie. Prions que Dieu nous ouvre les « yeux du coeur » pour saisir son oeuvre autour de nous. Il est toujours à l’oeuvre dans le monde. Et son oeuvre se manifeste à ceux qui désirent le connaître. N’endurcissons pas nos coeurs comme le peuple d’Israël qui préférait se confier dans ses propres moyens en attribuant à leurs idoles et à leurs propres penchants la sécurité, la provision, et la paix qu’ils recherchaient tant. Dieu est l’Éternel qui sait pourvoir dans tous les domaines de ma vie. « M’approcher de Lui est mon plus grand bien. » (Psaume 73:28)