Notre défi pour 2010

Lire 2 Pierre 1-3

Nous sommes maintenant devant une nouvelle année, remplie d’un mélange d’espoir et d’incertitude. Nous ne savons pas ce que le Seigneur nous réserve. Mais nous espérons quand même profiter d’une nouvelle année sachant que le Seigneur, Lui, ne change pas. Qu’il est infiniment fidèle et qu’il est bon dans tout ce qu’il est, et tout ce qu’il fait.

C’est en pensant à l’année devant nous que je vous propose d’ouvrir vos Bibles dans 2 Pierre. Et pour une raison que je ne peux expliquer outre le fait que le Seigneur me l’aurait mis à coeur, j’aimerai lire avec vous les trois chapitres de cet épître tout en gardant deux vérités bien en vue dans notre pensée. La première est que notre position devant Dieu est garantie par grâce. Et la deuxième est que Dieu qui nous fait grâce est aussi infiniment bon.

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Nous récoltons selon la semence que nous semons – (Galates 6:7-8)

Notes de prédication – enseignement donnée à Chambly le 27 décembre 2009

Introduction : Nous sommes déjà à la fin de l’année. Il est donc naturel pour nous de considérer l’année que nous sommes sur le point d’achever et de tourner notre attention à celle qui nous attend en 2010. Et nous prenons des résolutions. Certaines collent, d’autres non. Certains abandonneront leurs résolutions, d’autres en garderont au moins une partie. Qu’importe les résultats, quelque chose en nous nous pousse à vouloir prendre des résolutions même si nous savons que nous n’y parviendrons peut-être pas tout à fait. Je vous propose que la raison pourquoi nous avons tendance à mettre en évidence une telle pratique est en grande partie causée par l’existence d’une loi naturelle, divinement établie, qui nous rappelle que nous subissons les conséquences de nos choix.

Proposition : nous récoltons seulement ce qui a déjà été semé. (s’applique à plusieurs niveaux dans nos vies)

Lire Galates 6:1-10

7 Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. 8 Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. (Galates 6:7-8)

Nos vies sont remplies de choix. Nous en faisons tous les jours. Chacun de ces choix a des conséquences et chacune de ses conséquences suit certaines règles. La Bible nous affirme que derrière ces conséquences se tient un Dieu juste et plein d’amour qui ne change pas. Il est immuable. Voilà ce que Galates 6:7 affirme en disant qu’on ne se moque pas de Dieu. Littéralement (μυκτηριζω) veut dire monter le né. Dieu accomplit toujours ses desseins. On ne se moque pas de Lui. C’est pour cela que les conséquences de nos actes ne changent pas non plus, pas plus que lorsqu’un fermier plante du blé, il récoltera du blé.

Nous pouvons constater deux aspects reliés à cette relation entre nos choix et les conséquences de nos choix : un positif et l’autre négatif.

L’aspect positif : nous avons le privilège de participer à l’oeuvre que d’autres ont établie avant nous.

35 Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson? Voici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson. 36 Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. 37 Car en ceci ce qu’on dit est vrai: Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne. 38 Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n’avez pas travaillé; d’autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail. (Jean 4:35-38)

Dans tous les domaines de nos vies, nous avons bénéficié de l’investissement de quelqu’un qui est déjà passé avant nous. Nous avons eu des parents. Nous avons eu des employeurs, des professeurs, des maîtres qui nous ont appris comment faire. Nous avons observé une autre personne, ou nous avons lu ce que quelqu’un a pris le temps d’écrire. Nous sommes les récipiendaires d’un montant formidable de créativité, d’ingéniosité et de travail. Si vous voulez en faire l’expérience pratique, vous n’avez qu’à entrer dans votre automobile et faire un petit tour à Chambly. Observez tout ce qui a été fait pour que vous puissiez conduire votre automobile dans la ville. Impressionnant n’est-ce pas ? Ah, et n’oubliez pas tout ce qui a été fait pour que vous puissiez conduire le tas de fer et de plastique dans lequel vous êtes assis!

Cette observation n’est qu’une analogie banale comparé à ce que Dieu a déjà accompli au travers de la création et au travers de l’Évangile. Si on en faisait un résumé simplifié, on pourrait affirmer les deux choses suivantes :

Nous sommes les récipients d’une grâce commune : Dieu démontre sa grâce (sa bonne faveur) envers tous les hommes en leur donnant la vie et l’intelligence afin de mettre à profit la création pour vivre. C’est une grâce commune parce que Dieu ne fait pas de favoris. Les méchants profitent de la vie, même s’ ils ne rendent pas compte à Dieu. Toute l’humanité profite de la vie même si pas toute adore Dieu comme il se doit. Et nous aussi, nous profitons des bénédictions de Dieu même lorsque nous sommes rebelles à lui avec ce qu’il nous a déjà révélé.

24 Dieu, qui a créé l’univers et tout ce qui s’y trouve, et qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des temples bâtis de mains d’hommes. 25 Il n’a pas besoin non plus d’être servi par des mains humaines, comme s’il lui manquait quelque chose. Au contraire, c’est lui qui donne à tous les êtres la vie, le souffle et toutes choses. 26 A partir d’un seul homme, il a créé tous les peuples pour qu’ils habitent toute la surface de la terre; il a fixé des périodes déterminées et établi les limites de leurs domaines.
27 Par tout cela, Dieu invitait les hommes à le chercher, et à le trouver, peut-être, comme à tâtons, lui qui n’est pas loin de chacun de nous. 28 En effet, «c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être», comme l’ont aussi affirmé certains de vos poètes, car «nous sommes ses enfants». (Actes 17:24-28 – SEM)

Nous sommes les récipiendaires d’une grâce spéciale en vue de notre salut : en dépit de leurs manques de reconnaissance et d’adoration, Dieu démontre son salut à beaucoup lorsqu’ils étaient encore dans leurs péchés. (Jean 3:16-17)

Nous avons aussi hérité des bénédictions de ce que les autres ont investi dans l’Église dont nous faisons parties, du pays dans lequel nous vivons, la famille que nous avons, les amitiés que nous apprécions, et la liste continue…

Première application : Est-ce que nous réalisons les effets à long terme sur la vie des autres des choix et des décisions que nous prenons — sur nos enfants, nos familles, nos confrères de travail, nos amis ?

3 L’Éternel fut avec Josaphat parce qu’il suivait, dans la première partie de sa vie, l’exemple laissé par son ancêtre David, et qu’il ne s’attacha pas aux Baals. (2 Chroniques 17:3 – SEM)

Être un modèle de foi pour ces personnes est une forme d’investissement dans leurs vies qui pourrait produire du fruit au salut dans le future… même si vous les pensez être bien loin de la grâce de Dieu. Il est fort possible que Dieu ait choisi de démontrer sa grâce à eux au travers de vous.

L’aspect négatif : nous récoltons parfois le mal que d’autres ont investi.

Nous récoltons un certain mal que nous avons hérité de nos parents, des habitudes, du vécu, un code génétique, etc. En fait, nous récoltons les conséquences du péché d’Adam et Ève. Nous récoltons aussi les mauvaises conséquences des décisions de la part de ceux auxquels nous sommes volontairement soumis (ex. le gouvernement, un employeur, le coach, etc.)

5 Mais, par ton endurcissement et par ton coeur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, 6 qui rendra à chacun selon ses oeuvres; (Romains 2:5-6)

Illustration : Juste pour illustrer ce principe sur le plan d’une société, si vous pouvez, vous devriez lire l’opus d’Edward Gibbons (malheureusement seulement en anglais) intitulé The Decline and Fall of the Roman Empire. Écoutez les cinq raisons pour le déclin de l’Empire et considérez en vous-mêmes si on ne constate pas une même tendance dans notre société.

  1. la croissance rapide du divorce et la dévaluation du mariage, le non-respect de la dignité et la sainteté du foyer qui est la base de toute société ;
  2. des taxes de plus en plus élevées et les dépenses des fonds publics pour du pain gratuit et l’amusement de la populace dans les cirques ;
  3. la poursuite absolue du plaisir ; les sports devenus de plus en plus violents ;
  4. la construction d’armements gigantesques ; la déchéance et la décadence générale du peuple qui se démontraient par une dépendance de plus en plus grande sur les esclaves et un refus général des citoyens de participer dans l’armée pour favoriser l’embauche de mercenaires ;
  5. le délabrement de la religion en général ; la foi existait en forme seulement, mais son contenu fut perdu ; manque de puissance spirituelle pour avertir et guider le peuple.

Deuxième application : nous ne pouvons pas changer les effets néfastes de ce que nous avons hérité, mais nous pouvons changer ce que nous pouvons y contribuer.

Vers quoi devrions-nous nous tourner ? Est-ce le temps d’enfouir la tête dans le sable ? Dieu ne nous a-t-il pas appelés à faire resplendir notre lumière ? Voici quelques pistes de réflexion pour votre considération…

  1. Nous devons planter fidèlement ce qui est bon (principe pour planter un bon gazon) et laisser les résultats à Dieu. (1 Cor 3:6-7)
  2. Nous devons nous concentrer sur la grâce de Dieu à l’oeuvre autour de nous et ne pas juste fixer notre attention sur ce qui ne va pas. (Psaume 100:1-5)
  3. Nous devons nous engager à user de la même grâce (faveur non méritée) envers nos prochains de la même manière que Dieu s’est engagé envers nous. Nous devons, chacun de nous, nous engager comme chrétien individuel dans la société selon la responsabilité morale que nous avons comme créatures faites l’image de Dieu. (Matthieu 5:43-48)
  4. Nous devons faire confiance à Dieu qu’il prendra soin de nos besoins. Par ce fait même, nous devons nous efforcer à l’honorer au travers de nos dons et de nos offrandes comme moyen de reconnaître que c’est Lui qui pourvoit. (Matthieu 6:25-34)
  5. Nous devons nous efforcer à être attentifs et vigilants dans la prière et prêter une attention particulière à la sagesse que Dieu nous enseigne au travers des épreuves et des leçons de la vie. (1 Timothée 2:1-3)

7 Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. 8 Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. (Galates 6:7-8)

Le Dieu de l’histoire plein de grâce (Matthieu 1:1-25)

Enseignement apporté à Repentigny le 29 novembre 2009

Nous célébrons aujourd’hui le premier de quatre dimanches avant Noël. Cette célébration nous rappelle entre autres que Noël est proche et que c’est le temps de se préparer. Mais outre les préparatifs pour les célébrations en familles et tout ce que cela comporte, j’aimerais considérer la préparation de notre coeur. Qu’est-ce que Dieu nous a déjà révélé à propos de lui-même que nous pouvons refléter pendant ce temps de fêtes ?

Permettez-moi de vous illustrer la question par une histoire personnelle. Il y a quelques années de cela, je passais par un magasin autour du temps de Noël pour acheter quelques provisions pour la maison. J’étais en train de faire mon chemin dans un des rayons lorsque j’entendis un beau cantique de Noël que nous avions l’habitude de chanter à l’Église dans ma jeunesse. Je ne me souviens plus qui chantait, ni du cantique en question, mais je me souviens de la réflexion que j’ai eue par la suite. Je me suis posé la question, « Est-ce que le monde autour de moi réalise de quoi ce chant parle ? Et moi, comment se fait-il que je n’y eusse même pas pensé en entrant dans le magasin ? »

En fait, ce qui m’avait impressionné était le fait que je n’avais même pas pensé à la vraie raison pour Noël en entrant dans le magasin… même après avoir contemplé les décorations de Noël. Je me suis donc posé la question, « Est-ce que je suis réellement prêt pour célébrer Noël ? »

Proposition : La loi et la grâce trouvent une harmonie invraisemblable, mais tout à fait merveilleuse dans la venue de Jésus Christ lorsque nous considérons sa lignée. Le premier chapitre de Matthieu nous offre une lignée de personnages que nous ne mettrions peut-être pas dans la lignée du Roi des rois. Il y a dans ce chapitre une évidence de la grâce de Dieu à l’oeuvre dans l’histoire des hommes et des femmes.

Quelques observations sur Matthieu 1

2 parties : lignée royale et une lignée divine Matthieu 1:1-17 et Matthieu 1:18-25

– pour être roi, tu dois prouver ta lignée – pour avoir le droit de régner, tu dois être un fils ou une fille légitime

– 3 listes de 14 noms – possible acrostiche mémorable – numérologie de DAVID = 14

Dieu vient à nous dans l’histoire. Il n’est pas un Dieu séparé des événements de nos vies même s’il est séparé de nous dans sa nature divine.

Illustration : comment pourrions-nous comprendre l’oeuvre de Dieu jusqu’à nous. Nous pourrions utiliser l’image d’un câblo-distributeur où l’image est acheminée de la station pour être interprétée par un décodeur au travers du câble; le tout se retrouvant sur une image de télévision. Par analogie, Dieu est le diffuseur, le Saint-Esprit devient l’interprète, et la vie de Christ devient l’émission diffusée pour l’auditeur. Ce qui me frappe dans cette illustration est la nécessité d’un câble pour que le tout se rejoigne. Ce câble représente l’histoire et le temps dans lequel Dieu se révèle. Car, il est un Dieu de l’histoire. Il est vrai, et sa révélation autant que ses actes se révèlent à nous dans le temps et l’histoire.

Il est important de comprendre que Dieu se révèle dans l’histoire et dans le temps. Dieu est éternel, mais il est aussi Emmanuel, Dieu avec nous. C’est ce qui donne à ma foi une raison de vivre aujourd’hui.

La naissance de Jésus n’est pas juste un événement spirituel, mais aussi historique. La crèche donne sa place à la vie de Jésus, et à sa mort et sa résurrection. Ce sont des événements historiques. Notre foi est donc fondée dans l’histoire de ce qui s’est produit. Ce ne sont pas juste de belles histoires, mais des histoires qui ont toute une portée sur nos vies.

Dieu vient à nous plein de grâce. Il vient à nous pas selon ce que nous méritons, mais selon sa bonne volonté et selon ses desseins pour son histoire.

Illustration : pendant une réunion de prière récemment, une de nos soeurs dans le Seigneur remarqua combien les hommes et les femmes de foi dont on parle dans Hébreux 11 et 12 étaient des pécheurs sauvés par grâce.

Abraham; Sara; Jacob; Moïse; Gédéon; Barak; Samson; David; Samuel; etc.

Cette liste de pécheurs sauvés par grâce devrait faire en sorte que nous tournions nos yeux sur la personne de Jésus. Lui, Jésus fait ce qui paraît impossible pour nous.

1 Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, 2 ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. (Hébreux 12:1-2)

Considérez la liste généalogique de Jésus dans Matthieu 1 :

le roi David : l’homme selon le coeur de Dieu, mais aussi le meurtrier d’Urie

le roi Salomon : homme sage, mais aussi a permis l’idolâtrie en Israël au travers de ses alliances avec les rois avoisinants

les rois Achaz et Amon, mais aussi les rois Ézéchias et Josias

le nom de quatre femmes : Tamar (qui eut un enfant illégitime avec Juda); Rahab (la prostituée de Jericho); Ruth (l’étrangère immigrante); Marie (une fiancée adolescente qui enfante un garçon dont on ne connaît pas le père)…

Application

1) L’oeuvre de Dieu dans nos vies vient à nous dans l’histoire. Dieu devient Emmanuel lorsqu’il intervient dans nos vies :

devant des situations qui paraissent impossibles; face à nos géants…

2) Dieu nous fait grâce pas seulement en enlevant nos péchés, mais aussi en nous faisant grâce de vivre en nouveauté de vie devant Lui pour sa gloire.

2 que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur! 3 Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, 4 lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise, (2 Pierre 1:2-4)

3) Dieu nous fait grâce aussi pour être des dispensateurs de sa grâce envers ceux qu’Il appelle à Lui-même. Il nous a donné le ministère de la réconciliation
(lire 2 Corinthiens 5:17-19)

Exclure pour guérir – 1 Corinthiens 5

Notes de prédication pour dimanche 6 décembre 2009

1 Corinthians 5 fait mention tout particulièrement de la discipline biblique au sein de l’assemblée. Nous allons considérer une perspective limitée de la discipline au travers du chapitre  5 (compte-tenu que Paul fait référence à des échanges précédents avec l’Église de Corinthe – plusieurs choses sont donc sous-entendues dans ce chapitre). Nous examinerons 1) le besoin, 2) le commandement, et 3) les limites d’une discipline biblique dans l’assemblée.

Le besoin d’une discipline biblique

lire 1 Corinthiens 5:1-2

Paul n’est pas étonné qu’il y ait le péché dans l’assemblée. Assumer autrement est mal comprendre la grâce que Dieu fait à des pécheurs d’être sauvés par la foi et non par les oeuvres. Le but de la sanctification est d’aller de « progrès » en « progrès » dans le développement de la maturité Chrétienne dans le Seigneur. Mais le péché ne sera vaincu complètement et finalement qu’après le retour et le jugement de notre Seigneur Jésus Christ. (voir Apocalypse 20:14 et 21:4)

Donc, on peut s’attendre à voir le péché dans l’assemblée. Ce qui choque l’apôtre est que l’Église ne fusse rien pour remédier à la situation. Les Corinthiens avaient interprétés les ordonnances de Paul en se séparant des impudiques en dehors de l’Église. Mais Paul les reprend plus tard dans le chapitre (v. 9-10) pour s’être séparés des gens de l’extérieur (c-à-d les non croyants) tout en laissant un frère dans l’Église avoir libre cours à son adultère avec la femme de son père. Ceci explique pourquoi Paul met le doigt sur l’orgueil des Corinthiens.

Le mot « impudicité » ou « débauche » dans certaines versions est le mot grecque porneia. En plus d’avoir une connotation sexuelle, le mot veut aussi traduire un dérèglement du dessein de Dieu pour une bonne chose. Par application, nous sommes tentés par une bonne chose qui ne peut être acquise d’une manière qui est contraire à la loi de Dieu. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de la tentation. On s’entend raisonner, « Mais comment est-ce que cela peut être si mauvais si cela me fait sentir tellement bien ? »

Paul mentionne l’orgueil de l’assemblée comme étant une cause du manque de discipline. Il est important de saisir qu’à la base de la discipline biblique se trouve la motivation de l’amour. Ceci est semblable à la dynamique qu’on retrouve chez un parent qui sent la nécessité de discipliner son enfant en vue de son épanouissement et de sa protection du danger. L’orgueil et l’amour ne peuvent co-exister ensemble.

Le commandement (et la raison pour le commandement)

Lire 1 Corinthiens 5:3-8

Comment le commandement de juger dans 1 Corinthiens 5:3-5 s’accorde-t-il avec le commandement de ne pas juger dans 1 Corinthiens 4:5 ?

« Juger » est la traduction du mot grecque kekrina qui signifie émettre une opinion, trancher sur une question. Pour répondre à la question plus haut, nous ne pouvons juger que les actes de ceux qui commettent un péché, et non les motivations du coeur. Dans 1 Corinthiens 4, Paul affirme que ses oeuvres et son ministère ne peuvent pas être jugés des hommes, mais de Dieu qui sonde son coeur.

Par exemple, Matthieu 7:1-5 et 1 Corinthiens 4:5 font tous deux référence à la motivation intérieure. Pour juger correctement de ceux-ci, quelqu’un devrait pouvoir s’insérer dans la peau de la personne et bien saisir les motivations du coeur de la personne. Puisque cela est humainement impossible, cette forme de « juger » s’appelle de la calomnie ou de la médisance. « Juger » dans ce sens est une offense coupable de péché devant Dieu et la personne offensée car on risque donner libre cours au mensonge.

Dans 1 Corinthiens 5:3-5, le commandement de « juger » fait référence à l’acte de la personne qui se dit « frère » et qui vit dans le péché sans réserves dans l’assemblée. Cette personne doit être disciplinée. Dans le cas de 1 Corinthiens 5, on discerne que le frère fautif avait été reconnu comme vivant dans le péché mais que l’Église n’en faisait aucun cas.

L’apôtre Paul ordonne que le frère vivant dans le péché soit « discipliné », séparé de l’assemblée, ex-communié. La raison ? Afin qu’il soit livrer à Satan pour la destruction de la chaire et que son âme puisse être rescapée pour son salut. (v.5)

Plusieurs observations importantes s’imposent :

a. livré à Satan pour la destruction de la chair… une formule inconnue jusqu’à présent. Nous savons de l’histoire de Job que Satan est un agent destructeur avec un pouvoir limité. Dieu est souverain et utilise les desseins de Satan pour accomplir sa bonne volonté à la toute fin. On peut débattre le terme « Satan » comme faisant l’objet de la volonté divine pour exécuter la sentence. Mais ce qui est plus utile pour nous est le fait que la discipline (l’excommunication) du coupable cherche sa restauration. On peut comprendre que le « frère » est excommunié pour qu’il ressente la souffrance d’être exclue de l’assemblée de ses frères dans le Seigneur et ressente peut-être les conséquences du péchés dans sa vie sans avoir accès à la consolation des frères et des soeurs de l’assemblée. Ceci donne libre cours à son péché, à sa réputation de pécheur non-repentant, et à la discipline naturelle des causes et effets qu’engendrent ses actes dans le monde.

b. l’image du levain… le levain dans les Écritures est souvent comparé au péché à cause du fait qu’il suffit juste d’un peu de levain pour faire lever toute la pâte. (voir Galates 5:9) L’image est celle de la Pâques que Paul utilise pour faire comprendre le but de la vie de l’Église dans le contexte d’une célébration. On ne peut pas permettre qu’un membre porte du « levain » (le péché) sans le désire aussi présent de se débarrasser du levain. Le péché est comme un cancer qui s’introduit dans le corps. Si il n’est pas enlevé, il risque de se propager et d’affecter d’autres membres. La discipline a donc aussi pour but de protéger l’assemblée, autant sa vie corporelle que sa réputation envers les gens de l’extérieur.

Les limites de la discipline dans l’Église

Lire 1 Corinthiens 5:9-13

Paul reproche à l’Église de Corinthe de s’être séparée des impudiques et de s’en avoir vantée tout en laissant aller un frère dans son péché au sein de l’assemblée. La grâce de Dieu est mal appliquée dans le cas des Corinthiens. La grâce de Dieu ne me rend pas libre de faire ce que je veux sans conséquences, mais elle me donne le pouvoir de vivre d’une manière qui glorifie le Seigneur.

a. Ne jugez pas ceux du dehors… car Dieu jugera toute chair au jour du jugement. Pour le Chrétien, il est déjà jugé et trouvé innocent seulement par la sentence mise sur Jésus Christ à sa place. Le Chrétien ne peut donc plus être jugé par Dieu car sa justice à été accomplie ! Pour celui qui ne croit pas en Jésus Christ, son jugement sera exercé au dernier jour devant Dieu qui le jugera de toutes ses oeuvres. L’Église n’a donc aucun mandat de juger ceux « du dehors. » Elle ne peut qu’annoncer la Bonne Nouvelle et appeler tout homme et femme à se repentir de son péché et de se tourner à Jésus-Christ comme seul moyen du salut.

b. Ôtez le méchant du milieu de vous… L’église a le mandat de juger ceux qui professent appartenir à Jésus Christ. Et, elle ne peut le faire qu’en jugeant les actes. Toute accusation d’une offense doit être établie sur la présence de plusieurs témoins. Le but de se jugement doit toujours viser la restauration du fautif dans l’espoir d’un accueil favorable au sein de l’assemblée.

Question pour discussion…

1. Est-ce que l’Église a un mandat pour revendiquer contre ou pour certains sujets auprès de la société ? auprès du gouvernement ? auprès d’un tribunal de justice ?

2. Paul ne semble pas donner de paramètres pour la restauration de la personne excommuniée de l’Église dans 1 Corinthiens 5. Puisque le but de la discipline de l’Église est la restauration du membre qui perpétue son péché, quelles sont les balises de repère pour savoir quand et comment restaurer un membre excommunié ?

La vraie question de 1 Corinthiens 5

En préparant la prédication de dimanche…

L’apôtre Paul prend une direction plus précise et pratique dans ce chapitre comparé aux chapitres précédents. Il va d’ailleurs passer des « fondations théologiques » à la « pratique dans la vie de l’Église. » Dès les premiers versets, nous nous rendons compte qu’il va droit au problème.

1 On entend dire généralement qu’il y a parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne se rencontre pas même chez les païens; c’est au point que l’un de vous a la femme de son père.

2 Et vous êtes enflés d’orgueil! Et vous n’avez pas été plutôt dans l’affliction, afin que celui qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous! (1 Corinthiens 5:1-2)

Quel est le vrai problème ? C’est quoi au juste l’enjeu de ce chapitre ? Est-ce que Paul s’étonne qu’il y ait des évidences du péché dans l’assemblée ? ou est-ce plutôt que l’Église ne fait rien devant l’évidence du péché au sein de l’assemblée ?

On pourrait passer du temps à décrire les ravages de l’impudicité (c-à-d une immoralité qui va à l’encontre d’un bon ordre des choses). Mais Paul semble être moins préoccupé par le fait qu’il y ait de l’immoralité à Corinthe qu’il soit préoccupé par le fait qu’on entend dire généralement qu’il y a parmi l’Église de l’impudicité. Ce que les mots nous laissent entendre est le fait que cette conduite immorale avait libre cours et personne n’osait en dire un mot.

Le verset 2 nous confirme cette pensée. Paul aurait pu dire, « vous êtes immorales ! » Mais non ! « Vous êtes enflés d’orgueil ! » En d’autres mots, « vous êtes rebelles à la direction du Seigneur ! »

La vraie question du chapitre 5 est le manque de discipline biblique au sein de l’assemblée de Corinthe.

Questions à développer pour la prédication

Quel est un modèle de discipline biblique dans les Écritures ?

Comment le modèle de discipline biblique diffère-t-il de la discrimination ou l’intolérance  que nous retrouvons dans certains systèmes de croyances au sein de notre société ?

Qu’auraient dû faire les Chrétiens de Corinthe devant ces circonstances ?

Le modèle d’une direction mature dans l’assemblée

Notes de prédication pour 1 Corinthiens 4

Le context pour le chapitre 4 suit la progression de l’argument de l’apôtre Paul contre le comportement des Corinthiens dans l’Église. Prétendant avoir de la sagesse et de posséder des dons de la parole et de la connaissance, l’Église de Corinthe manifestait des signes troublants d’immaturité spirituelle.

Contexte du chapitre 4

1 Corinthiens 2 : Quelles sont les marques de la maturité spirituelle chez le Chrétien ? …se nourrit de la Parole de Dieu pour lui-même ; a appris à dépendre de Dieu ; grandit d’elle-même …le Chrétien mature sait mettre ses dons à la disposition des autres membres de l’assemblée.

1 Corinthiens 3 : Quelles sont les marques de la maturité spirituelle d’une Église ? …dépend de Dieu de façon remarquable dans l’exercice de ses ministères
; même pensée mais diversité de ministères selon les dons de chaque membre, humilité d’esprit (se soumettent les uns aux autres dans l’amour et la crainte de Dieu)
; bâtissent sur Jésus-Christ avec des oeuvres de qualité (coûte quelque chose)

1 Corinthiens 4 : Quelles sont les marques d’une direction spirituellement mature dans l’Église ?

Notre parcours dans 1 Corinthiens 4

  • 1 Corinthiens 4:1-7 …quel devrait être le rôle des “bergers” vis-à-vis de l’Église, et de l’Église envers les “bergers” ?
  • 1 Corinthiens 4:15-16 …quelle est notre responsabilité envers ceux à qui nous témoignons ?
  • 1 Corinthiens 4:20 …quel est le résultat de la sagesse de Dieu appliquée dans la direction de l’Église ?

1 Corinthiens 4:1-7

Nous utiliserons l’image du berger et du troupeau pour saisir ce à quoi Paul référence lorsqu’il parle de « serviteurs » et « dispensateurs » des mystères de Dieu. Le rôle « berger » dans l’assemblée est de bien gérer le « troupeau » de Dieu pour le bien des « brebis »et la gloire de Dieu. Voici quelques observations concernant la relation entre le serviteur de Dieu et le troupeau de Dieu.

  • les “bergers” sont au service de Christ – savent écouter la direction du Seigneur pour l’Église (le troupeau)
  • les “bergers” dispensent les mystères de Dieu – discernent quel est le terrain favorable pour l’Église (sécurise les brebis)
  • les “bergers” font prospérer l’Église – exercent leur ministère avec une puissance qui influence la vie des membres de l’Église en vue de leur épanouissement dans le Seigneur

Note : Il est intéressant de noter que les mêmes principes qui s’appliquent à la relation entre le leadership de l’Église et l’assemblée se retrouvent aussi dans la relation entre un mari et son épouse.

Considérons maintenant la même relation du point de vue des « brebis » dans l’assemblée.

  • les “brebis” honorent leurs “bergers” – reconnaissent que Dieu met en place souverainement ses “bergers”
- reconnaissent que Dieu affermit et corrige souverainement ses “bergers” (c-à-d brebis)
  • les “brebis” respectent leurs “bergers” – reconnaissent que Dieu donne un appel unique mais complémentaire à chaque “berger”
; ils prient pour leurs “bergers”
  • les « brebis » veulent le bien de leurs « bergers » – voici l’image des brebis et du berger démontre ses limites …car les dirigeants de l’assemblée sont aussi des enfants de Dieu au même titre que les autres Chrétiens de l’assemblée. Leur rôle est au service de Dieu pour le bien de l’assemblée. Les membres de l’assemblée se soumettent donc à la direction du Seigneur au travers des anciens de l’assemblée tout en encouragent leurs « bergers » d’être fidèle au Seigneur. C’est pour cela qu’on doit reprendre un ancien lorsque c’est nécessaire, mais pas n’importe comment. (voir 1 Timothée 5:1)

1 Corinthiens 4:8-16

Il est intéressant de noter que l’apôtre Paul utilise un peu d’ironie pour corriger les Corinthiens. Les illustrations et les exemples qu’il expriment au cours des versets 8 à 14 doivent être comprises dans la perspective d’un père spirituelle qui reproche à ses enfants qu’ils se vantent pour rien. Les Corinthiens avait mal jugé de leur statut comme enfant de Dieu pour se vanter de leurs propres avantages. Paul fait un contraste assez fort entre eux et son ministère pour leur faire comprendre à quel point ils sont dans l’erreur. Les bénédictions de Dieu et les dons de Dieu pour l’assemblée ne sont pas données pour faire prospérer l’individu qui en est le receveur, mais bien plus pour glorifier Dieu. Pour Paul, le chemin de la glorification l’a amené à souffrir pour la cause de l’Évangile. L’image que communique Paul au verset 13 est celle de la présentation finale qu’on réservait dans un cirque romain où l’on faisait périr les esclaves et les prisonniers. Ceux qui étaient condamnés à mort avec aucune espérance de survie étaient réservés pour la fin du spectacle. Paul fait allusion que pour lui, être apôtre, signifiait réellement un renoncement à lui-même pour réellement glorifier Dieu en lui donnant ce qu’il avait de meilleur – sa propre vie.

Le verset 15 a une application toute particulière pour nous « …soyez mes imitateurs. » L’application pour nous pourrait être la suivante : Que fais-tu de ceux à qui tu as témoigné de l’Évangile ?

  • “faire des disciples” requiert une fidélité : investis dans son encouragement
- investis dans la prière
- investis dans sa croissance spirituelle de la personne à qui tu as témoigné
  • “faire des disciples” requiert du leadership : modeler la puissance de l’Évangile à l’oeuvre dans mon comportement
- modeler la puissance de l’Évangile à l’oeuvre dans mes relations

1 Corinthiens 4:17-21

Beaucoup de choses pourraient être dites sur ces derniers versets, mais nous allons nous arrêter simplement sur le verset 17, « …quelle est la manière dont j’enseigne… »

Quelle est l’évidence que la sagesse de Dieu est à l’oeuvre au sein de la direction d’une Église ? La sagesse de Dieu au travers de l’Évangile est à l’oeuvre dans les bergers de l’assemblée lorsque le berger applique l’Évangile
dans tous les domaines de sa vie pour influencer de façon signifiante la vie des brebis sous sa charge. Cette puissance spirituelle à l’oeuvre dans le ministère du berger laisse des traces dans la vie de ceux qu’il sert dans l’assemblée. Il est comme un courant d’eau dans le désert qui au cours d’une pluie torrentiel creuse un fossé dans l’argile pour acheminer l’eau.

Lire aussi 1 Corinthiens 1:18; 2:5 ; 2 Timothée 1:8
; Romains 1:16 en prêtant attention au terme « puissance de Dieu. »

La direction spirituelle de l’assemblée doit donc manifester une certaine puissance. L’oeuvre du Saint-Esprit dans l’assemblée, et en particulier au travers de « bergers fidèles » est d’opérer un changement dans la vie des « brebis » au travers de l’application de l’Évangile. Ceci témoigne particulièrement de Jésus Christ, sa personne et son oeuvre. C’est dans ce sens que la prédication de la Parole devient à la fois vivante et vivifiante. Le prédicateur lui-même mettant ce qu’il prêche en pratique dans sa vie. C’est aussi dans ce sens que ses gestes parlent aussi forts que ses paroles.

Questions pour discussion

1) Comment les « bergers » de l’assemblée peuvent-ils modeler l’Évangile en vue de l’épanouissement des membres de l’Église ?

2) Comment les « brebis » de l’assemblée peuvent-elles honorer la direction du Seigneur Jésus-Christ au travers des leaders de l’Église ?