Corinthe : une église en quête d’identité (Introduction)

Enseignement apporté par Jonathan Wedel (13 septembre 2009)

Nous commençons notre série dans le premier épître de Paul au Corinthiens avec un peu d’histoire et d’archéologie. Car, une étude approfondie de la Bible exige que nous comprenions le contexte dans lequel Paul écrit sa lettre à l’église de Corinthe, une ville et une culture pas comme la nôtre, mais avec des coeurs et des âmes semblables aux nôtres.

Quelques considérations historiques

La ville de Corinthe était une grande métropole commerçante et maritime. Elle était le siège gouvernemental, la capitale de la province d’Achaïe (une péninsule entourée d’eau sur trois côtés au sud de la Grèce). Pour nous aujourd’hui, nous pourrions comparer Corinthe à notre ville de Québec en y ajoutant un flair de Las Végas américain. À cause de sa position privilégiée comme port maritime au croisement de plusieurs grandes routes commerçantes, Corinthe offrait un peu de tout ce qu’on pouvait se permettre financièrement. « Si tu le voulais, on pouvait te le vendre. »

Temple d'Apollo

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Corinthe était aussi l’emplacement des jeux Ioniéens en honneur du dieu Poséidon, seulement deuxième en importance après ceux d’Olympie à tous les deux ans. Et finalement, Corinthe était aussi l’emplacement du temple dédié à la déesse Aphrodite (déesse de la fertilité). Le temple employait à son service plus de 1,000 prostituées sacrées d’Aphrodite au sommet de l’acropole qui surplombait la ville. Corinthe avait une telle réputation que dans la langue du peuple, on désignait « vivre d’une manière déréglée sans contrainte morales » en employant le verbe, « corinthianiser. »

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L’Apôtre Paul (Actes 18:1-17)

L’apôtre Paul arrive à Corinthe après son départ d’Athènes lors de son deuxième voyage missionnaire en 51-52. C’est à Corinthe qu’il rencontre Priscille et Acquilas, des réfugiés de Rome, qui faisait partie des Chrétiens que l’empereur Claudius avait expulsé de la capitale romaine 3 ou 4 ans auparavant. Comme Paul, ils fabriquaient des toiles de tente. Paul trouve l’hospitalité chez un dénomé Titius Justus, un ancien chef de la synagogue probablement converti par la prédication de Paul.

L’apôtre restera à Corinthe pendant 18 mois poussé par une révélation de Dieu qui lui affirmera, « …n’aie pas peur, parle et ne te tais pas, il y a dans cette ville un peuple nombreux qui m’appartient. » (Actes 18:9-10) Paul sera amené en procès par les juifs devant le proconsul Gallius (le gouverneur de la province à Corinthe) et sera affranhi faute de preuves légales. Les juifs s’en prendront à Sosthènes, le chef de la synagogue, que Paul mentionnera plus tard (on suppose qu’il est la même personne mentionnée dans Actes 18 du fait que Paul le mentionne) comme étant un frère dans la foi. Paul quittera éventuellement Corinthe avec Acquilas et Pricsille pour s’en aller vers Éphèse avec ces mots, « …je reviendrai, s’il plaît à Dieu. » (Actes 18:21)

Les défis de l’église de Corinthe

Si on essai de résumer le caractère de l’église, il va de soi que celui-ci ressemble à l’environnement culturel dans lequel il se trouve. En effet, le salut en Jésus Christ est à la fois une déclaration que nous sommes justifiés devant Dieu, mais aussi un pèlerinage  ici-bas où l’on lutte avec notre propre chair (c.-à-d. le combat de la foi). On peut facilement porter un jugement hâtif sur les croyants de Corinthe si on perd de vue l’influence morale et culturelle dans laquelle l’église de Corinthe vivait sa nouvelle foi. Ceci dit, l’église semblait avoir le même slogan idéaliste que la ville, « Tout est permis. » En effet, si l’âme et l’esprit de l’individu était sauvés par la grâce de Dieu, alors on pouvait faire ce que l’on voulait avec son corps.Ce qui se faisait dans le corps n’affectait pas la condition de l’âme et de l’esprit  …une idée envers laquelle Paul fera un plaquage théologique dans sa lettre.

L’église faisait aussi exception dans sa manière de traités les gens d’arrière plan différents. Les riches ne s’entre-mêlaient pas avec les moins fortunés. On peut déceler la présence de petites « cliques, » groupes exclusifs réunis autour de mêmes passions et d’occupations. Nous verrons aussi que Paul fait allusion dans sa lettre à certains extrèmes théologiques. Un exemple se trouve dans les ch. 6 et 7 où l’on trouve à la fois des Chrétiens qui affirment ne ressentir aucune ambiguïté morale envers la prostitution, et de l’autre côté des Chrétiens qui affirmaient devoir s’abstenir de relations sexuelles tout court. Et finalement, pour en nommer juste quelques-uns, l’église de Corinthe était en train de succombée à la discorde, à savoir que certains se disaient être de l’apôtre Pierre, d’autres d’Apollos, et d’autres de Paul.

Note : Il est intéressant, voir même triste, d’observer qu’à plusieurs niveaux, et souvent sous différentes formes, nos églises d’aujourd’hui luttent encore avec les mêmes défis. L’église de Jésus Christ devrait être mise à part du monde, un sanctuaire où le péché perd son pouvoir devant la grâce. L’église devrait aussi être un lieu où ma condition sociale, la couleur de ma peau, ma situation économique n’influence aucunement le degré d’affection et d’amour que je partage avec les autres membres de l’assemblée en Jésus Christ. L’église n’est pas une institution. Elle est principalement une communauté de croyants qui trouvent une identité et une valeur commune dans la personne ressuscitée et glorifiée de Jésus Christ.

La lettre de Paul (1 Corinthiens)

Le « premier » épître au Corinthiens fut rédigé à partir d’Éphèse lors du troisième voyage missionnaire de Paul en 54-55. Ceci représente 3-4 ans après la fondation de l’église par l’apôtre. L’épître est aussi la deuxième correspondance écrite par Paul à l’église de Corinthe. L’apôtre fait référence à une autre lettre envoyée plus tôt dans 1 Corinthiens 5:9 dont nous avons perdu la trace. Certains pensent qu’elle aurait été incorporée à un autre des écrits de Paul. Mais faute de preuves solides, ceci est encore trop spéculatif.

Qui est Dieu pour moi ? (Osée 11-13)

Enseignement apporté par Jonathan Wedel (30 septembre 2009). Cette prédication est l’avant dernière dans la série d’Osée. Désolé du retard.

Nous avançons vers la conclusion du livre d’Osée. Nous avons considéré quel était le but de Dieu en se révélant à Israël et Judas au travers du prophète Osée. La vie personnelle d’Osée fut à elle-même une prédication au travers de l’infidélité de son épouse qui rechercha sécurité et confort chez des « amants » étrangers et qui n’attribua pas à Osée sa joie, ni sa sécurité. Le peuple d’Israël poursuivit le même chemin au travers de sa rébellion contre Dieu en attribuant aux dieux étrangers toutes les bénédictions que leurs avait accordé Dieu YAHWEH. Et nous nous sommes penchés sur ce que Dieu reprocha à son peuple en essayant de mieux comprendre le péché, et en particulier l’idolâtrie. La semaine prochaine, Jean Maurais terminera la série avec le ch. 14, un chapitre qui met en évidence la compassion, et la nature restauratrice de l’amour de Dieu envers son peuple… un amour qui prend ses racines dans la nature de Dieu.

Nous allons maintenant faire un survol assez rapide des chapitres 11 à 13. Et pour cela, nous devons prendre du recul pour considérer un moment une vue d’ensemble de ce que Dieu est en train de communiquer à Israël. Quelques chapitres auparavant (Ch. 6), nous retrouvons ce verset clé qui nous révèle ce que Dieu recherche dans son peuple, et en quelque sorte, la base sur laquelle le peuple de Dieu EST le peuple de Dieu.

Car j’aime la piété et non les sacrifices, Et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. (Osée 6:6)

La priorité de Dieu pour son peuple (Israël, et par adoption, nous qui sommes l’Église) est de se rassembler un peuple à Lui-même qui désire le connaître. (voir Deutéronome 7:6; Tite 2:14)

La connaissance de Dieu est donc une chose importante aux yeux de Dieu. Il n’est pas un Dieu qui est assis oisivement sur un nuage en train de contempler l’univers laissant ses créatures à une dérive fortuite au milieu d’un océan sans repères. Non! Dieu est intimement impliqué, voir même concerné, par la posture et la relation entre Lui est ses créatures. Dieu est l’être relationnel par excellence. Sa propre nature en est une manifestation inouïe et parfaite… Dieu saint et parfait, trois personnes en une!

De plus, il est difficile de scruter les écrits de l’Ancien Testament sans remarquer la place accordée à la connaissance de Dieu. Voici quelques extraits :

Comme point central de la chute d’Adam et Eve
…et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. (Genèse 2:9)

Comme but de la sagesse
Oui, si tu appelles la sagesse, Et si tu élèves ta voix vers l’intelligence,  Si tu la cherches comme l’argent, Si tu la poursuis comme un trésor, 5 Alors tu comprendras la crainte de l’Éternel, Et tu trouveras la connaissance de Dieu. (Proverbes 2:3-5)

Comme marque du Chrétien
Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance ! (2 Corinthiens 2:14)

Comme un des buts communs de l’église
…jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, (Eph 4:13)

Comme moyen de croître en maturité
C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, 10 pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres et croissant par la connaissance de Dieu, (Colossiens 1:9-10)

La connaissance dont la Bible nous parle dans ses extraits n’est pas simplement une connaissance intellectuelle de Dieu, mais une connaissance qui approfondit notre relation avec Dieu. Nous parlons d’une connaissance qui découle d’un effort d’avoir passé du temps ensemble à se connaître, et non simplement une connaissance superficielle basée sur des faits rapportés.

Ce genre de connaissance affecte nos émotions, nos pensées, et notre volonté. Elle ne reste pas cloîtrée dans nos idées.

Comment est-ce possible de « connaître » Dieu ?

Connaître Dieu de façon relationnelle est possible par le fait même que Dieu cherche à se faire connaître. Il est après-tout un être relationnel. La Bible nous affirme qu’il prend plaisir à ce genre de connaissance avec ses créatures. Dans son livre « L’Expérience de Dieu, » Henry Blackaby nous affirme que la connaissance de Dieu est possible pour les raisons suivante :

  • Dieu est à l’oeuvre autour de toi
  • Dieu poursuit une relation d’amour avec toi qui est personnelle
  • Dieu t’invites à participer dans oeuvre avec Lui

Leçon #1 – Osée 11

Quand Israël était jeune, je l’aimais, Et j’appelai mon fils hors d’Égypte. 2 Mais ils se sont éloignés de ceux qui les appelaient; Ils ont sacrifié aux Baals, Et offert de l’encens aux idoles. 3 C’est moi qui guidai les pas d’Éphraïm, Le soutenant par ses bras; Et ils n’ont pas vu que je les guérissais. (Osée 11:1-3)

Osée nous apprend que Dieu est celui qui guérit… Il est le Dieu qui nous affirme, « …je restaure ta santé, ton état d’homme et de femme selon les desseins avec lesquels je t’ai créé. »

Conclusion : La connaissance de Dieu produit une vraie “joie de vivre.”

Leçon #2 – Osée 12

Dans le sein maternel Jacob saisit son frère par le talon, Et dans sa vigueur, il lutta avec Dieu. 4 Il lutta avec l’ange, et il fut vainqueur, Il pleura, et lui adressa des supplications. Jacob l’avait trouvé à Béthel, Et c’est là que Dieu nous a parlé. 5 L’Éternel est le Dieu des armées; Son nom est l’Éternel. 6 Et toi, reviens à ton Dieu, Garde la piété et la justice, Et espère toujours en ton Dieu. (Osée 12:3-6)

Osée affirme au peuple d’Israël que YAHWEH est le Dieu des armées. Il est le Dieu qui est capable de protéger son peuple.

Conclusion : La connaissance de Dieu produit une vraie sécurité.

Leçon #3 – Osée 13

Maintenant ils continuent à pécher, Ils se font avec leur argent des images en fonte, Des idoles de leur invention; Toutes sont l’oeuvre des artisans. On dit à leur sujet: Que ceux qui sacrifient baisent les veaux ! 3 C’est pourquoi ils seront comme la nuée du matin, Comme la rosée qui bientôt se dissipe, Comme la balle emportée par le vent hors de l’aire, Comme la fumée qui sort d’une fenêtre. 4 Et moi, je suis l’Éternel, ton Dieu, dès le pays d’Égypte. Tu ne connais d’autre Dieu que moi, Et il n’y a de sauveur que moi. 5 Je t’ai connu dans le désert, Dans une terre aride. 6 Ils se sont rassasiés dans leurs pâturages; Ils se sont rassasiés, et leur coeur s’est enflé; C’est pourquoi ils m’ont oublié. (Osée 13:2-6)

Osée rappelle le peuple de Dieu que l’Éternel est le Dieu de leur secours. Il est leur Dieu qui est capable de secourir son peuple dans le besoin.

Conclusion : La connaissance de Dieu produit un espoir véritable.

Qu’est ce que cela implique de connaître Dieu ?

Connaître Dieu implique plusieurs choses de ma part. Je ne peux pas venir à Dieu sans que cela m’affecte d’une manière ou d’une autre. Dieu me prend comme je suis. C’est l’évidence de sa grâce envers moi. Mais, il ne me laissera pas comme je suis. Il veut que je lui ressemble. Il est important de comprendre cette réalité car on ne vient pas à Dieu sur nos propres termes, nos propres conditions. Cela implique que si je veux réellement connaître Dieu, je dois m’attendre à certaines choses. En voici quelques-unes :

  • peut amener ma foi à faire une crise. Je vois faire un choix difficile entre faire confiance à ma propre raison, ou me confier dans la sagesse de Dieu.
  • peut me pousser à faire des changements majeurs. Mon but est de participer dans son oeuvre.
  • devient une expérience réelle au travers de mon obéissance. Je constate que Dieu accomplit son oeuvre au travers de moi.

Application : Connaître Dieu se manifeste au travers de mon témoignage de son oeuvre dans ma vie. Prions que Dieu nous ouvre les « yeux du coeur » pour saisir son oeuvre autour de nous. Il est toujours à l’oeuvre dans le monde. Et son oeuvre se manifeste à ceux qui désirent le connaître. N’endurcissons pas nos coeurs comme le peuple d’Israël qui préférait se confier dans ses propres moyens en attribuant à leurs idoles et à leurs propres penchants la sécurité, la provision, et la paix qu’ils recherchaient tant. Dieu est l’Éternel qui sait pourvoir dans tous les domaines de ma vie. « M’approcher de Lui est mon plus grand bien. » (Psaume 73:28)

La grâce : trois raisons pour la grâce

Enseignement donné par Jean Pierre Vandevoorde (16 août 2009)

PARTIE 3 de 3

La « vraie » grâce, celle qui nous intéresse selon la Bible, comporte un risque. Elle est gratuite par le fait même qu’elle n’exige rien en retour pour compenser cette faveur divine. Mais, elle risque de produire un changement dans mon coeur qui fait en sorte que je vis autrement qu’avant. Voilà le paradoxe de la grâce chez le Chrétien. Voici donc trois raisons pour la grâce divine :

  1. …pour les bonnes oeuvres
    Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter. Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu; car par notre union avec le Christ, Jésus, Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions. (Ephésiens 2:8-10)

  2. …pour l’avantage que nous en retirons.
    Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle. (Jean 3:16)

    Le salut par grâce est un avantage double ! Nous échappons à la perdition éternelle qui est le résultat de notre condition de pécheur et de l’application de la justice parfaite de Dieu à notre égard. Et deuxièmement, nous recevons la vie éternelle avec tous les avantages que cela peut nous apporter.

  3. …pour manifester la bonté de Dieu.
    Il l’a fait afin de démontrer pour tous les âges à venir, l’extraordinaire richesse de sa grâce qu’il a manifestée en Jésus-Christ par sa bonté envers nous. (Ephésiens 2:7)

    On peut dire que la grâce de Dieu à notre égard, attire l’attention sur ce que Dieu est et sur ce qu’il fait. En faisant cela, la grâce de Dieu détourne l’attention sur nous-mêmes, et la place entièrement sur Lui. Dieu se glorifie au travers de sa grâce.

La grâce : questions et réponses

Enseignement donné par Jean Pierre Vandevoorde (16 août 2009)

PARTIE 2 de 3

Pourquoi le salut est-il gratuit ?

Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu, et ils sont déclarés justes[a] par sa grâce; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance[b] apportée par Jésus-Christ. (Romains 3:23-24)

Le salut n’est pas gratuit pour tous, quelqu’un a du payer un gros prix ! Le prix en a été complètement payé à la croix. Les derniers mots de Jésus à la croix nous sont rapportés dans le grec du Nouveau Testament : tétélestai = tout est accompli = tout est payé !

En fait, étant donné que le prix de la croix était hors de notre portée, c’est Dieu qui l’a payé.

Pourquoi le salut est par grâce ?

Ils ont foi dans leur fortune et ils tirent vanité de leurs immenses richesses. Aucun homme, cependant, ne peut racheter un autre. Aucun ne saurait payer à Dieu sa propre rançon. Car le rachat de leur vie est bien trop coûteux. Il leur faut, à tout jamais, en abandonner l’idée. (Psaume 49:7-9)

C’est par grâce que de nous-mêmes c’est impossible d’acquérir le salut. Le rachat de notre âme n’aura jamais lieu ! C’est pourquoi Dieu a tout fait pour nous l’offrir. Et en tenant compte de nos péchés, Dieu est juste, parce que Christ a payé pour nos péchés. C’est ainsi que Dieu est juste, tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus-Christ.

La grâce est accessible à tous, pourquoi alors tous ne seront-ils pas sauvés ?

La grâce est là pour tous. Tous sont éligibles car tous ont péchés. Mais il y a un accès à cette grâce, un chemin exclusive et obligé. Ce chemin s’appelle la foi dans ce que Dieu a révélé.

Approchons-nous donc du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance. Là, Dieu nous accordera sa bonté et nous donnera sa grâce pour que nous soyons secourus au bon moment. (Hébreux 4:16)

Puisque nous avons été déclarés justes en raison de notre foi, nous sommes[a] en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ. Par lui, nous avons eu accès, au moyen de la foi[b], à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis; et notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. (Romains 5:1-2)

Par la foi, Noé a construit un bateau pour *sauver sa famille: il avait pris au sérieux la révélation qu’il avait reçue au sujet d’événements qu’on ne voyait pas encore. En agissant ainsi, il a condamné le monde. Et Dieu lui a accordé d’être déclaré juste en raison de sa foi. (Hébreux 11:7)

Peut-être un exemple par excellence est Marie, la mère de Jésus pendant qu’il vécu sur cette terre. Dans l’évangile de Luc on lit qu’une grâce lui avait été faite pour enfanter le fils promis, le Méssie. « …Je te salue, toi à qui une grâce a été faite, le Seigneur est avec toi. » (Luc 1:28) Sur quoi Marie répondit, « …qu’il me soit fait selon ta parole. »

Le mot « foi » ne se trouve pas dans ce texte, mais nous voyons la foi de Marie à l’oeuvre. Mon corps, c’est le tient, fais-en ce que tu veux! »

La foi est donc le moyen de s’approprier la grâce de Dieu pour le salut de notre âme. Le salut n’est pas le salaire d’une oeuvre que j’ai faite. Elle n’est pas l’aboutissement de mes bonnes oeuvres. Mais comme nous allons le voir dans notre prochain article, mes « bonnes » oeuvres sont le résultat d’un salut par la grâce de Dieu. Car mes oeuvres ne peuvent être « bonnes » aux yeux de Dieu que si elles découlent d’un coeur transformé par la grâce de Dieu. (voir Matthieu 25:34-46)

Y’a-t-il un docteur dans la salle? (2ième partie)

(Pour la première partie de cet article, voir ici)

3. Nous avons aussi des maux qui doivent être guéris

Nous aussi aujourd’hui, nous sommes comme ces Israélites, esclaves d’un maître impitoyable et sans pitié qui nous détourne constamment de Dieu.

 

Pourtant, la plupart des gens ne se croient pas malades. Ou s’ils se comprennent malade, ils ne cherchent pas le bon docteur, le seul capable de vraiment les guérir. Vous vous demandez peut-être : En quoi est-ce que ça me concerne ? Je me porte tout à fait bien. 

 

–          En réalité, le monde autour de nous, et nous-mêmes souvent, avons beaucoup de « maladies » qui nous accablent. Quoi penser du découragement, la dépression, la peur, la colère, et l’amertume. Qui ne lutte pas avec ces choses à un moment ou un autre ? Quoi dire aussi des autres choses qui nous rendent esclaves, tel l’égoïsme , la recherche d’approbation des autres, le matérialisme, la pornographie, les jeux vidéos, notre apparence, notre status social, le mensonge, l’orgueil ? Combien de livres existent sur ces sujet…combien d’argent est dépensé en traitement de toutes sortes pour tenter de se soulager juste un peu. Combien de temps perdu, d’argent gaspillé, et de relations brisées sont les conséquences d’un cœur malade et captif ?

 

–          Laissez-moi vous poser une autre question : Avez-vous déjà essayé d’être moins égoïste, moins orgueilleux, plus altruiste, plus authentiques ? Mais qu’est-ce qu’on s’aperçoit ? Qu’on est esclaves de ce que les gens pensent de nous, de notre sentiment de liberté, de la sécurité que nous apportent nos possessions, des plaisirs qu’on ressent de s’adonner à une activité quelconque. On est rongé par l’orgueil, l’ambition, l’autosatisfaction. Êtes-vous aussi en santé que vous pensez l’être ? On fait toutes sortes de choses pour bien paraître, mais quelles sont nos motivations profondes ?

 

Finalement, qu’est-ce qui contrôle réellement votre vie ? On peut penser que ce n’est pas si grave, qu’on a tout cela sous contrôle, mais c’est une illusion. En fait, on est contrôlés par et captifs de ces motivations qui sont nos idoles.  Et tant qu’on ne va pas régler le problème du cœur, on ne trouvera jamais une solution durable.

 

Mais comme le peuple d’Israël, nous sommes nous aussi impuissants pour changer notre propre cœur. On ne peut se guérir soi-même de ce mal intérieur. On a plutôt tendance à tomber naturellement dans deux catégories :

–          On peut tomber dans le formalisme, pour ne pas dire le légalisme. C’est ce qui est arrivé avec une partie du peuple d’Israël, les pharisiens et les docteurs de la loi du temps de Jésus. On doit faire ce qui est bien à tout prix, donc on se fait des lois et on exclue même ceux qui ne les respectent pas. Après tout, ils pourraient nous contaminer et nous infecter! On met toutes sortes de barrières autour de notre cœur, mais celui-ci n’est pas vraiment changé. En plus, on parait bien, mais les apparences sont trompeuses. On voit ça malheureusement souvent  dans le monde chrétien.

–          On peut aussi  tomber dans le découragement et le laisser-aller. À quoi bon essayer de me réformer? Plus j’essaie, plus c’est pareil. À quoi est-ce que ça sert? Finalement, Dieu aime tout le monde et nous accepte comme on est. L’important, c’est que je fais de mon mieux. Je peux faire ce qu’on veut tant que ça ne fasse pas de tort à personne. Ceci mène aussi  loin de Dieu. On retrouve ça aussi dans le monde chrétien. Souvent ils se critiquent l’un et l’autre!

Mais comment cette guérison ce fait-elle? Si Jésus-Christ est la solution de Dieu, comment fait-il son travail de docteur?

L’apôtre Pierre, nous parle de la mort de Jésus, en disant ceci :

« lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement;  lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. 25 Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. » (1 Pierre 2.23-25)

 

Osee14eRemarquez encore ici le thème de la guérison. Cette guérison est accomplie en sa mort à la croix. Elle est disponible à toute personne qui se confie en lui. C’est par la foi en ce Sauveur en croix qu’on meure au péché et devenons libre de vivre pour la justice. Au passé, nous étions errants, infidèles, inconstants, comme il est dit dans Osée, mais maintenant, à cause de l’œuvre de Christ à la croix, nous avons trouvé le berger, le gardien de mon âme.

 

4. La solution qui s’offre à nous est la même que pour Israël

C’est lui qui lorsqu’il était parmi nous a pris nos maladies (réelle et figuratives). Il a démontré qu’il avait toute puissance. Aucune maladie, aucun esprit mauvais, ni même la mort ne pouvaient lui résister. Il a vécu une vie d’obéissance à Dieu tel qu’aucun de nous n’avons vécu. En toute chose il est demeuré saint, même dans la tentation, parce qu’il a été tenté tout comme nous.

 

Il a pris sur lui nos péchés comme le dit 1 Pierre 2.24. Il a été accablé d’un fardeau beaucoup plus grand qu’aucun de nous ne portera jamais. Il savait quel supplice l’attendait mais il y est allé de plein gré. Il était là dans le jardin de Gethsémané, tourmenté et faisant une sorte de demande ultime pour savoir s’il n’y avait pas un autre moyen que la croix. L’intensité de ce tiraillement était beaucoup plus fort que ce que la majorité de nous ne vivrons jamais, tellement qu’il en a sué du sang. Mais en tout temps, il est demeuré obéissant, en soumission complète à la volonté du Père qui l’avait envoyé.

 

L’auteur de la lettre aux Hébreux nous rappelle : « C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété,  a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes,  et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, » (Heb 5.7-9)

 

Lui seul n’a pas été inconstant et infidèle. Au contraire, même quand tous ceux qui étaient avec lui l’ont abandonné, il s’est livré lui-même à la merci des chefs des Juifs qui voulaient sa mort. Il s’est livré au juste jugement de Dieu, au prix de sa vie. Il a été mis à nu et humilié, pour que nous soyons victorieux. Et sur la croix, il aurait pu faire venir les anges à sa rescousse, il aurait pu si facilement s’esquiver. Mais il s’est remis entre les mains de son Père. Lui, innocent, est mort pour nous coupables. Il est resté sur cette croix, pour que notre guérison soit complétée et que le péché (l’inconstance, l’infidélité – insérez tous ceux avec lesquels vous luttez – l’orgueil, ma soif de plaire, mon addiction) soit vaincu et rendu à l’impuissance. Sa résurrection nous certifie qu’il est victorieux, que cette victoire nous est acquise.

 

« Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois.  Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés. » Actes 5.31

 

Ce qu’ont compris les apôtres, c’est que Jésus-Christ est celui qui donne non seulement le pardon des péchés, mais aussi la repentance et un cœur renouvelé. Une repentance authentique, réelle et durable (un changement de vie radical et complet) ne peut que venir de celui qui a été élevé comme Roi et Sauveur, et qui a vaincu le péché et est devenu le médecin de nos âmes. C’est lui le Roi victorieux et il nous invite à partager sa victoire !

 

Réflexion finale

C’est un point important qui mérite d’être répété : À la croix, Jésus n’a pas seulement reçu mon châtiment. Il a aussi vaincu le péché et le mal qui agit en moi.  Tout ceux qui croient en lui, qui s’identifient à lui sont aussi morts au péché comme lui est mort au péché. Donc, Je ne reçois pas simplement le pardon des péchés, mais aussi la délivrance de la puissance du péché qui agit dans mon coeur.

 

Il a opéré une délivrance bien réelle pour que moi, au plus profond de mon être, je sois guéri. C’est une expérience extraordinaire que de réaliser que le péché n’a plus de puissance sur moi…que je suis libre de faire le bien et servir Dieu d’un cœur sincère. De pouvoir venir à lui dans une repentance authentique, accepter son pardon, et vivre en reconnaissance pour ce qu’il a fait pour moi!

 

On pense souvent que si notre salut est par la foi, notre sanctification elle, c’est notre travail. Nos péchés sont pardonnés en croyant au sacrifice de Jésus, mais de lutter contre le péché dans ma vie, c’est une question de dur labeur, de mort à soi-même, de discipline, et ainsi de suite.

 

C’est vrai que toutes ces choses sont bonnes et nécessaires. Mais ultimement, je n’aurai pas la victoire dans ma vie si je ne crois pas dans la victoire de Jésus sur mon péché à la croix. Si je ne saisis pas ma nouvelle identité en Jésus-Christ – que je suis une nouvelle création  et que le péché et le mal n’ont aucun pouvoir sur moi,– je vais continuer à agir comme autrefois. C’est ce que la Bible appelle revêtir l’homme nouveau…

 

Les luttes sont normales, ça fait partie de tout combat, mais si j’ai de la difficulté à vaincre ce qui m’accable, ce n’est peut-être pas parce que je n’essaie pas assez fort. C’est peut-être surtout par manque de foi. Je ne crois pas réellement que je peux être sauvé concrètement et complètement du péché qui me retient captif.

 

Si vous n’avez jamais saisis Jésus-Christ comme votre Sauveur en ce sens, il est le seul qui peut vous guérir et vous rendre réellement libres. Comment ? C’est lui seul qui guérit notre cœur et peut produire en nous une repentance authentique qui libère de ces « maladies » qui nous accablent. Cessez de vous tourner vers toutes ces choses qui vous rendent esclave, mais regardez à Jésus. Allez voir le docteur pendant qu’il est temps.

 

Si vous êtes croyants, que vous avez mis toute votre confiance en Jésus-Christ et son sacrifice à la croix pour votre salut, mais que vous ressentez toujours le besoin d’un cœur transformé ; vous vous sentez encore esclaves de toutes sortes de choses : ne désespérez pas. Commencez par revenir à la base.

« Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus Christ, marchez en lui,” (Col 2.6)

 

Réfléchissez sur ce qu’il a fait pour vous à la croix. Voyez dans sa mort la victoire sur vos péchés spécifiques et sur les choses qui vous rendent esclave. Voyez dans son sang qui a coulé, la guérison de tout mal qui vous accable. Lorsque vous êtes tentés, réalisez que vous n’avez plus à céder ces choses : vous êtes libres! Vous n’avez plus à être contrôlé par votre carrière, l’opinion de ceux qui vous entourent, vos convoitises, votre égoïsme. Réjouissez-vous du fait qu’il fait de vous une nouvelle créature et vivez dans cette nouvelle identité par la foi.

 

Oui, ces choses demandent du travail, de la discipline, et du renoncement, mais c’est par la foi en Jésus que sa victoire à la croix devient toujours plus réelle dans ma vie. Je peux surmonter la peur et l’angoisse parce qu’il a surmonté la peur et l’angoisse. Je peux guérir de mon désir de plaire parce qu’il a été constant jusqu’à la mort, obéissant seulement à son Père. Je peux vaincre une addiction parce qu’il me déclare libre en lui.

 

Conclusion

Quand je tombe, je me repends, je remercie Dieu pour son pardon en Jésus, et je lui demande une nouvelle dose de foi pour marcher de nouveau dans cette nouvelle vie qui est la mienne.

 

La solution pour le peuple d’Israël demeure la même que pour nous. Dieu a donné son Fils, le grand docteur  pour nous guérir et nous restaurer. Maintenant, allons-nous nous tourner et nous confier en lui?

 

Guéris-moi, Éternel, et je serai guéri ; Sauve-moi, et je serai sauvé; Car tu es ma gloire. Jérémie 17.14

Y’a-t-il un docteur dans la salle?

Introduction

Osee14aÇa fait maintenant plusieurs semaines qu’on regarde ensemble le livre d’Osée.  On a parlé du mariage et de la famille d’Osée comme illustration de l’amour de Dieu pour son peuple et en même temps de la colère qu’il ressent de les voir infidèles; un peu comme la colère qu’Osée doit ressentir à voir son épouse lui être infidèle. Et même là, le mariage d’Osée ne suffit pas pour décrire l’infidélité d’Israël. Israël s’est détourné de Dieu tellement souvent qu’on ne peut plus les compter. Mais pourquoi Dieu, malgré son jugement, n’abandonne-t-il pas? Pourquoi est-il aussi tenace?

 

Comment ce peuple infidèle pourra-t-il finalement obtenir la délivrance et le pardon? Comment sa relation d’alliance avec Dieu sera-t-elle rétablie? Comment bénéficier à nouveau de la glorieuse présence de Dieu et de sa bénédiction après toutes ses infidélités? Y-aura-t-il un reste qui reviendra à Dieu après que le jugement soit passé ?

 

Ce chapitre 14 d’Osée s’applique aussi à nous parce que nous ne sommes pas très différents des Israélites. Regardez-bien comment l’exhortation que Dieu apporte s’applique aussi à nous en 2009. Je vise donc couvrir avec vous les points suivants :

 

  1. Israël invité à revenir à Dieu repentant
  2. Israël doit être guéri pour revenir à Dieu de manière durable
  3. Nous avons aussi des maux qui doivent être guéris
  4. La solution qui s’offre à nous est la même que pour Israël

 

1. Israël invité à revenir à Dieu repentant

Regardons premièrement ensemble la repentance dont il est question ici :

 

L’invitation lancée par Dieu au-travers son prophète implique en premier lieu de reconnaître et admettre sa propre responsabilité et le mal qu’on a fait (verset 1). « Car tu es tombé par ton iniquité ». On se rend compte assez facilement que depuis Adam et Ève à la chute jusqu’à la psychologie modernes, l’humain est devenu expert à mettre le blâme sur les autres. Ça fait partie de notre nature. Mais une vraie repentance ne peut se faire à moins de se mettre d’accord avec Dieu. Pas seulement sur le mal qu’on a commis, mais sur la justice de son jugement. C’est de  d’abord prendre conscience du problème, et du fait que quelque chose doit être fait pour le régler. David exprime cette attitude lorsqu’il dit au Psaume 51 : « J’ai péché contre toi seul, Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. » En reconnaissant qu’on tombés à cause de nos propres fautes, qu’on est responsables de notre malheur, que notre jugement est pleinement mérité, on se met d’accord avec Dieu et c’est le début d’un rétablissement.

 

Mais ceci n’est pas tout. On ne vient pas à Dieu n’importe comment. Au verset 2, Dieu les invite à venir à lui en ses propres termes, comme on se présente devant un roi. Au lieu d’apporter un présent, ils doivent se présenter à lui avec des paroles de repentance. La seule manière de pouvoir de nouveau venir à lui, c’est avec ces paroles humbles. Regardons-les une après l’autre :

 

a) Ils doivent implorer son pardon sur leur désobéissance. Pas un péché isolé, mais sur toute iniquité, c’est-à-dire tout ce qui cause leur culpabilité. Quand on vient devant Dieu, il n’est pas question de repentance sélective, mais d’un dévoilement complet. Il n’est pas question de cacher quoi que ce soit, mais de se mettre à cœur ouvert devant Dieu et de l’implorer de tout pardonner.

 

b) La deuxième parole implique de réaliser qu’on ne peut rien apporter sinon que notre gratitude et notre hommage. Rien de ce qu’on peut faire ne peut effacer nos torts ou nous rendre plus favorable à ses yeux. Ils ne peuvent qu’implorer Dieu de les recevoir favorablement, de jeter un regard de grâce sur eux. En même temps, il y a un engagement ici à venir à Dieu avec « les taureaux de nos lèvres ». C’est ici le sens littéral de cette expression. Au lieu d’un sacrifice, ou peut-être, en parallèle avec le sacrifice de culpabilité offert à cette époque, celui qui le rendra présentera à Dieu la louange de sa bouche. En effet, il y a on réaffirme ici que tout ce qu’on peut offrir et rendre à Dieu, c’est des paroles de reconnaissance et d’hommage. Dieu prend plaisir à faire miséricorde, et on ne peut rien offrir en retour sinon notre gratitude.

 

Ceci est très important parce qu’on est toujours enclin à vouloir marchander avec Dieu. Pourtant, la personne qui vient devant Dieu repentante n’a rien à offrir sinon sa culpabilité. Rien de ce qu’elle peut faire avant, pendant, ou après ne peut la rendre plus agréable aux yeux de Dieu. Elle ne peut que faire de sa vie quelque chose de vécu en gratitude envers la grâce de Dieu. On retrouve cet élément de dépendance totale sur la grâce de Dieu dans la repentance ici.

 

c) Ensuite on voit au verset 3 que la vraie repentance implique aussi de renoncer et abandonner tout rival, tout ce qui prend la place de Dieu. Dans le cas d’Israël, il s’agissait :

  1. « L’Assyrien ne nous sauvera pas » : De leurs alliés puissants
  2. « nous ne monterons pas sur des chevaux ». De leur propre force militaire, de leurs propres moyens.
  3. « Nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : Notre Dieu! » : Des idoles qu’ils se fabriquaient. De toute chose qui prend la place de Dieu.

Ceci est important parce qu’au-delà des actions spécifiques, des péchés au pluriel, il y a l’attitude du cœur, le péché au singulier. L’infidélité à Dieu à pour racine l’idolâtrie. Pour se tourner authentiquement vers Dieu, il faut se détourner de tout ce qui prend Sa place dans nos vies. On a parlé beaucoup de ce thème de l’idolâtrie dernièrement, donc on ne va pas s’attarder là-dessus maintenant.

 

d) La dernière petite phrase résOsee14bume vraiment bien la disposition d’un cœur repentant. Il s’agit de venir à lui comme un orphelin. Les orphelins sont les personnes les plus démunies, faibles, et impuissantes de la société. C’était encore plus vrai à cette époque qu’aujourd’hui. Ils n’ont personne pour les défendre sinon Dieu. Ils n’ont aucun moyen ou aucun avenir. C’est justement cette disposition humble et sans prétentions de celui qui se reconnaît impuissant, faible, et démuni que Dieu demande.  Il n’a plus de recours, plus d’espoir, sinon que ce qui peut venir de Dieu.

 

Voilà la repentance authentique qui est appropriée devant un souverain comme Dieu. Celle qui se met d’accord avec lui, qui ne cache rien, mais qui met tout à découvert, qui implore sa grâce en réalisant qu’on ne peut rien pour mériter son pardon, et qui se tourne entièrement vers lui dans un état de dépendance totale.

 

Mais comment une telle repentance est-elle possible après autant d’échecs? Est-ce qu’il faut juste essayer plus fort? L’histoire du peuple de Dieu et le message du livre d’Osée nous rappelle que Dieu doit intervenir.

 

2. Israël doit être guéri pour revenir à Dieu de manière durable

Et heureusement, la suite du chapitre nous  parle d’une promesse merveilleuse

Dieu promet :

–          Une guérison, un rétablissement. Litt : je les guérirai (v.4)

–          Un amour libre, qui ne trouve plus d’obstacles chez eux

–          Un pardon complet, lorsque sa colère sera détournée d’eux

–          Une nouvelle vie et des fruits qui viennent de Dieu. (v.8)

 

Toutes ces choses sont reliées entre elles, mais j’aimerais m’attarder ce matin au premier élément de cette promesse, celui de la guérison. Osée nous parle d’une guérison de ce qui est traduit comme l’infidélité, l’inconstance, l’abandon, et l’apostasie.

 

C’est une maladie chronique et grave qui date de longtemps. Dans les chapitres précédents, Dieu disait : « Mon peuple est enclin à s’éloigner de moi; On les rappelle vers le Très-Haut, Mais aucun d’eux ne l’exalte. » (Osée 11.7)

 

Le peuple avait même essayé une repentance superficielle comme on a vu au chapitre 6 :

« Venez, retournons à l’Éternel! Car il a déchiré, mais il nous guérira; Il a frappé, mais il bandera nos plaies.  Il nous rendra la vie dans deux jours; Le troisième jour il nous relèvera, Et nous vivrons devant lui. » (Osée 6.1-2) Dieu avait rejeté cette approche puisque leur cœur n’y était pas vraiment. C’est donc dire que leur bilan, leur historique en la matière n’est pas très reluisant.

 

Osee14cC’est pour cela que cet espoir suscité par le prophète Osée nous porte à tourner les yeux vers celui qui peut guérir. Il anticipe l’intervention de quelqu’un qui pourra venir régler cette maladie une fois pour toutes. Ces promesses que l’on lit ici anticipent la venue du Messie. C’est Jésus Christ et lui seul qui peut apportera la guérison d’un cœur tortueux, infidèle, et inconstant. C’est lui qui est la manifestation de l’amour libre de Dieu, qui détourne complètement la colère et le jugement et qui fait porter du fruit.

 

Car le problème ultime, c’est le cœur qui doit être guéri, comme Jésus le dira au gens de son temps. Je pense que vous savez que quand la Bible parle de cœur, il ne s’agit pas de notre organe qui pompe le sang, ni de l’amour romantique comme on voit partout à la St-Valentin.  Dans la Bible le cœur est le centre de la personne, ce qu’elle est réellement dans son intimité la plus profonde.  Qui on est réellement et de manière authentique est souvent caché des autres. Le cœur, c’est cela. C’est le point central de nos désirs et notre volonté et nos émotions, ce qui définit ultimement une personne au-delà des apparences.

 

C’est ce cœur qui est malade et qui se détourne constamment de Dieu. Ses désirs, ses motivations, ce qu’il aime, et ce qu’il veut faire est contrôlé par le péché. C’est une force extraordinaire et c’est pour cela que Dieu, pour régler ce problème, promet de changer un cœur de pierre (un cœur endurci) pour un cœur de chair (un cœur sensible et vivant pour lui).

 

Et c’est lui, Jésus, qui  vient apporter la guérison. Au tout début de son ministère, il s’est levé dans la synagogue de son village natal pour lire cet extrait du prophète Ésaïe en l’applicant à lui-même :

« L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance; » (Ésaïe 61.1)

 

Il est venu non seulement pour guérir ceux qui avaient une maladie physique (tel les aveugles, sourds, paralytiques, etc.), mais surtout pour guérir les malades : ceux qui étaient conscients de leur condition maladie spirituelle. Les maladies physiques étaient souvent une image superficielle d’un problème plus profond beaucoup plus grave (Par exemple, la guérison du paralytique). Jésus guérissait souvent les deux ensemble. Il dira aussi plus tard : « … Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs» (Mt 9.12) La maladie, c’est le péché; pas seulement les péchés, mais la force du péché qui agit dans nos cœurs. Les péchés n’arrivent pas par accident. Ce sont la plupart du temps des actes délibérés, souvent prémédités, et motivés par une force intérieure. C’est cela le péché qui infecte le cœur de tout homme et femme, dès le plus jeune âge.

(à suivre)